La chute vertigineuse du pourcentage d'arrêts dans la LNH force les gardiens de but de toute la Ligue à repenser — voire à abandonner complètement — les critères statistiques utilisés par le passé pour évaluer leurs performances. Une tâche ardue, d'autant plus que ces portiers savent que ceux qui les jugent ne procèdent pas aux mêmes calculs.
Le pourcentage d’arrêts global dans la LNH se chiffrait à ,897 mardi et est en voie de terminer sous la barre de ,900 pour la première fois en 30 ans (,898 en 1995-96). Le déclin a été constant au cours de la dernière décennie, après le sommet de ,915 atteint en 2015-16. Une baisse qui force les gardiens à s’ajuster mentalement à ces statistiques avec lesquelles ils sont souvent évalués.
Cette moyenne d’il y a 10 ans permettrait à un gardien d’être à égalité au deuxième rang dans la LNH cette saison, parmi ceux qui ont joué au moins 20 matchs. Scott Wedgewood de l’Avalanche du Colorado affiche un taux d’efficacité de ,916 en 39 matchs.
« Ça peut être décourageant si tu commences à regarder les chiffres, mais je pense qu’il faut regarder le portrait d’ensemble, a soutenu Darcy Kuemper des Kings de Los Angeles, qui présente un pourcentage d’arrêts de ,899 en 46 rencontres cette saison. Le volume de tirs est à la baisse tandis que la qualité des tirs est largement à la hausse. Ça fait une grosse différence. Mon attention est sur les victoires, et non pas sur le nombre d’arrêts que j’effectue ou sur mon taux d’efficacité. Si tu restes concentré sur (les victoires), tu vas être beaucoup plus heureux et les résultats seront probablement bien meilleurs. »
Quand Kuemper a fait son entrée dans la LNH en 2012-13, la moyenne du pourcentage d’arrêts dans la Ligue était de ,912, un chiffre qui était en hausse constante depuis 2005-06 (,901). Il faut dire que cette campagne 2005-06 était la première au retour du conflit de travail, et que plusieurs changements aux règlements de la Ligue, dont des limites sur la taille des équipements des gardiens et l’accent mis sur les appels pour obstruction, avaient comme objectif d’augmenter le nombre de buts marqués, puisque le pourcentage d’arrêts moyen en 2003-04 avait été de ,911.
Le taux d’efficacité moyen a atteint son sommet avec deux saisons consécutives à ,915 en 2013-14 et 2014-15, avant d’entamer son déclin. Les deux chutes les plus brutales sont survenues au cours des deux dernières saisons, reculant de ,003 chaque fois.
Kuemper avait déjà fourni quelques pistes sur les plus grandes raisons expliquant le récent déclin la saison dernière. Entre autres, le nombre de tirs a diminué d’environ 7,5 par match, passant d’une moyenne de 63,3 en 2021-2022 à 55,9. Il a aussi baissé de quatre tirs par rencontre au cours des deux dernières saisons, en partie en raison d’un suivi plus précis et de mesures plus strictes de la part des statisticiens de la LNH.


















