MONTRÉAL – Zachary Bolduc l’avait dit la veille. Il n’avait pas oublié comment marquer un but, s’encourageant à l’idée qu’il le faisait régulièrement lors des entraînements. Mais pour une première fois depuis longtemps, jeudi, il a déjoué un gardien d’une autre équipe.
En troisième période du match opposant les Canadiens de Montréal aux Blue Jackets de Columbus, Bolduc a saisi un relais précis de Jake Evans, après une belle sortie de zone de Mike Matheson, pour battre Jet Greaves d’un bon tir des poignets. Pour le numéro 76, c’était un jeu libérateur.
Avec ce but, l’ailier de 23 ans a freiné une disette de 31 matchs sans marquer. Il n’avait pas touché la cible depuis le 23 décembre contre les Bruins à Boston.
« Je dormais déjà bien et je dormirai encore bien ce soir, a dit Bolduc avec le sourire dans le visage. C’est fâchant parfois quand tu ne marques pas. Tu veux contribuer aux succès de l’équipe. Mais je trouvais des façons d’aider même si je ne noircissais pas la feuille de pointage. Ça fait du bien d’en marquer un. C’était aussi un but important. Je dirais que c’est un soulagement, mais je suis surtout heureux de sortir de ce match avec une victoire. »
Bolduc n’a pas juste inscrit le but gagnant dans cette victoire de 2-1 du CH au Centre Bell. Il a aussi mis la table pour le but de Jayden Struble en première période.
Bolduc avait marqué à ses trois premiers matchs dans l’uniforme des Canadiens : contre les Maple Leafs à Toronto, contre les Red Wings à Detroit et contre les Blackhawks à Chicago.
À la mi-octobre, Bolduc transformait une simple occasion en or. Les partisans lui prédisaient déjà une saison de 30 buts. Kent Hughes et Jeff Gorton passaient pour des génies pour cette transaction avec les Blues de St. Louis où ils ont échangé le défenseur Logan Mailloux.
Mais il faut toujours un peu de recul dans la vie. C’est le même phénomène au hockey. Bolduc a découvert une autre réalité du marché montréalais au cours des derniers mois avec cette sécheresse de 31 matchs sans obtenir un but. Il a aussi visité la passerelle de presse à deux reprises, se retrouvant dans le rôle ingrat du 13e attaquant.
Une portion de ceux qui lui prédisaient la gloire en début de saison doutait maintenant de sa capacité à trouver sa place avec le CH. Bolduc a gardé la tête froide dans cette tempête.
« Je gère bien ça, je gère bien la critique négative ou positive, a-t-il répondu calmement. J’ai un peu été élevé dans ce marché. J’avais une idée de la manière dont ça se déroulerait. J’ai aussi un bon encadrement avec ma famille et mes amis. Je m’appuie sur eux. J’ai passé à travers. »
En conférence de presse, Martin St-Louis a décrit cette traversée du désert de son jeune attaquant.
« Je ne suis pas dans ses souliers. Mais je trouve qu’avec ce qu’il a montré, il a bien géré ça. Ça ne veut pas dire que c’était facile pour lui. On a essayé de l’aider. On voulait qu’il reste positif, puisqu’il jouait du bon hockey. »
Encore Dobes
À l’image du match de mardi contre les Hurricanes de la Caroline, le CH a limité les dégâts en première période. Les Jackets, une équipe pratiquement imbattable depuis l’arrivée de Rick Bowness, ont dicté le jeu en première période, mais ils n’ont pas réussi à distancer leurs rivaux au tableau indicateur avec une égalité de 1-1.
Jakub Dobes a fait une grande différence. Très calme et en contrôle devant son filet, le Tchèque a repoussé 25 tirs pour signer une deuxième victoire d’affilée et une 24e cette saison.
« Il joue du très bon hockey, a noté St-Louis au sujet de Dobes. Il est une grande partie de nos succès. Le hockey est un jeu d’erreurs. On essaye d’en faire le moins possible. Quand tu en fais, tu espères que ton gardien va les réparer. C’est ce qu’il fait. »
Dans six de ses sept derniers départs, Dobes a maintenu un taux d’efficacité de ,920 ou plus. Il joue avec constance et donne confiance à ses coéquipiers.
Sur le plan défensif, le Tricolore a donné seulement onze buts à ses cinq derniers matchs. Le brio de Dobes n’est pas étranger à cette statistique. Oui, l’équipe a resserré le jeu dans son propre territoire, mais l’homme aux grosses jambières fait aussi les arrêts clés.


















