Luongo Elias

Tout au long de la saison, les membres du LNH.com participeront à des tables rondes pour répondre à diverses questions. En interagissant entre eux, nos experts donnent leur opinion sur plusieurs sujets chauds à travers la LNH.

Aujourd'hui, on leur a posé la question suivante : la pandémie a retardé l'intronisation au Temple de la renommée des membres de la cuvée 2020 et a fait en sorte qu'il n'y aura pas de cuvée 2021. Quel joueur ou joueuse mérite le plus de faire son entrée au Temple en 2022?
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\À noter que pour être admissible au Temple de la renommée, un joueur doit avoir cessé de jouer dans une ligue professionnelle ou ne pas avoir joué de match au niveau international depuis au moins trois ans.*

Hugues Marcil, pupitreur LNH.com

Je lance le bal en proposant l'un des joueurs les plus sous-estimés que j'ai eu la chance de voir jouer : l'ancien attaquant des Devils du New Jersey Patrik Elias.
Durant les 20 saisons où il a été actif dans la LNH, le Tchèque a pris le neuvième rang pour les points (1025) et il est le meneur de l'histoire des Devils dans la plupart des catégories offensives. Pourtant, quand on repense aux joueurs de sa génération, il est rarement celui qui nous vient en tête en premier.
J'ai le souvenir d'un joueur qui savait faire la différence dans les moments importants. Ce n'est pas un hasard s'il a inscrit 80 filets vainqueurs entre 1995-96 et 2015-16, ce qui le place au sixième rang de la LNH à ce chapitre durant cette période. Ce n'est pas un hasard non plus qu'il ait été un rouage important des conquêtes de la Coupe Stanley des Devils en 2000 et 2003. Pour moi, il s'agit d'un critère important pour entrer au Temple.
Elias a participé aux Jeux olympiques à quatre reprises (2002, 2006, 2010 et 2014), et une blessure l'a empêché de savourer pleinement la conquête de la médaille de bronze de la République tchèque en 2006 à Turin - il a joué un match. Il a néanmoins le mérite d'avoir été un pilier de son pays natal sur la plus grande scène internationale, sans compter ses deux médailles de bronze au Championnat du monde de la FIHG (1998, 2011).
Elias n'était pas le joueur le plus flamboyant et il n'a remporté aucun honneur individuel dans la LNH, ce qui pourrait nuire à son intronisation, mais il n'est admissible que depuis 2019. Je considère toutefois que si des attaquants comme Marian Hossa et Jarome Iginla ont leur place au Temple, il devrait en être de même pour Elias.

Philippe Landry, pupitreur LNH.com

Le choix est assez simple selon moi. Parmi les candidats admissibles pour la première fois, on retrouvera un certain Roberto Luongo. Je vois mal comment le quatrième gardien le plus victorieux de l'histoire - derrière trois autres compatriotes québécois, soit dit en passant - n'aura pas aussitôt sa place au Temple.
Les mauvaises langues diront qu'il n'a jamais soulevé la Coupe Stanley, mais je ne vois pas ça comme un critère dans le cas de Luongo - il est d'ailleurs passé bien près avec les Canucks de Vancouver en 2011.
Il a fait partie de l'élite tout au long de sa carrière et il a brillé sur la scène internationale. C'est avec lui comme gardien partant que le Canada a fait vibrer tout le pays en décrochant la médaille d'or aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010. Il a d'ailleurs récolté une deuxième médaille d'or, quatre ans plus tard, dans le rôle d'auxiliaire derrière Carey Price à Sotchi.
Le Montréalais occupe également le deuxième rang de l'histoire chez les gardiens derrière Martin Brodeur pour les matchs joués (1044), les tirs reçus (30 924) et les arrêts (28 409).
Mais en plus de tous ces statistiques et exploits personnels qui font de lui un des grands de l'histoire, Luongo avait (et a encore probablement!) une personnalité tellement attachante. Il a été un des favoris de la foule partout où il est passé. Bref, il n'y a aucun doute dans mon esprit qu'il mérite sa place au Temple de la renommée dès que possible.

Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com

L'une des membres de la cuvée 2020, Kim St-Pierre, pourrait rapidement être rejointe au Temple de la renommée par l'une de ses anciennes coéquipières de l'équipe nationale canadienne en Caroline Ouellette.
Ouellette a présenté des statistiques ahurissantes partout où elle est passée. Elle a récolté 229 points en 97 rencontres dans les rangs universitaires américains, 242 points en 220 parties avec l'équipe nationale féminine, et elle est la meilleure marqueuse de l'histoire de la défunte Ligue canadienne de hockey féminin avec 346 points en 202 matchs.
Ouellette est également l'une des rares athlètes de l'histoire des Jeux olympiques à avoir remporté une médaille d'or au cours de quatre Jeux consécutifs. Elle a ajouté à ces quatre sacres olympiques cinq médailles d'or ainsi que six médailles d'argent au Championnat du monde de la FIHG.
Difficile de présenter un dossier plus étoffé au comité de sélection!
Mention spéciale à Pierre Turgeon, le meilleur pointeur de l'histoire à ne pas encore avoir été admis au Temple. Je ne sais pas si on retient contre lui le fait qu'il n'a jamais remporté la Coupe Stanley ni mis la main sur un honneur individuel - même pas une mention sur une équipe d'étoile - mais amasser 1327 points en 1294 matchs de la LNH devrait garantir au Québécois une place parmi les immortels de ce sport.
Finalement, ça ne se produira peut-être pas à leur première année d'admissibilité, mais j'ai très hâte de voir les jumeaux Henrik et Daniel Sedin faire leur entrée au Temple. J'ai rarement éprouvé autant de plaisir à regarder des joueurs évoluer ensemble que j'en ai eu à admirer les deux Suédois avec les Canucks de Vancouver… de la vraie poésie sur patins!