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Table ronde : joueur francophone par excellence de la dernière décennie

Le panel du LNH.com a tenté de déterminer qui est le meilleur joueur francophone des années 2010

par LNH.com @LNH_FR

Tout au long de la saison, les experts du LNH.com participeront à des tables rondes pour répondre à diverses questions. En interagissant entre eux, nos experts donnent leur opinion sur plusieurs sujets chauds à travers la LNH. Aujourd'hui, on leur a demandé ceci :

Qui est le joueur francophone par excellence de la dernière décennie?

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Voici les réponses des membres du panel de LNH.com :


Guillaume Lepage, journaliste LNH.com

C'est peut-être mon biais évident pour les gardiens de but, mais mon choix s'arrête sur le portier des Golden Knights de Vegas, Marc-André Fleury. Je sais, je sais… Il a gagné la Coupe Stanley tout juste avant le début de la décennie, en 2009, et il n'était pas le gardien partant quand les Penguins ont triomphé à nouveau en 2016 et en 2017.

Reste qu'il a eu un grand rôle à jouer dans la conquête de 2017, quand il a assuré la relève de Matt Murray avec brio pendant 15 matchs quand ce dernier s'est blessé. Et que dire de 2018, quand il a littéralement transporté les Golden Knights, une équipe d'expansion, jusqu'en Finale de la Coupe Stanley grâce à sa tenue magistrale.

Si on lui avait dit en 2010 qu'il évoluerait en plein milieu du désert du Nevada à la fin de la décennie, le Sorelois ne l'aurait probablement pas cru. Le voilà à Vegas, où il contribue à vendre le hockey et à faire des Golden Knights une histoire à succès. Non seulement est-il toujours aussi dominant sur la patinoire à 35 ans, mais il est l'ambassadeur parfait pour le sport non seulement à Vegas, mais à travers la Ligue.

S'il y a de moins en moins de gardiens québécois dans la LNH, il y en a au moins un excellent à Vegas. Espérons qu'il soit en mesure d'inspirer la prochaine génération comme l'ont fait les Patrick Roy, Martin Brodeur et Roberto Luongo.
 

John Ciolfi, pupitreur LNH.com

À mon avis, un joueur digne du titre de « Meilleur de la décennie » doit avoir fait preuve d'une constance considérable pendant ces dix ans, plutôt qu'une poignée de saisons électrisantes. C'est la raison pour laquelle je choisis Patrice Bergeron des Bruins de Boston. 

Bergeron n'a jamais été une force offensive - sa récolte de 79 points la saison dernière représentait une marque personnelle dans la LNH - mais il y a peu de joueurs dans l'histoire de la ligue qui peuvent se vanter d'avoir un style de jeu plus complet que celui du natif de L'Ancienne-Lorette. Il a été nommé finaliste pour l'obtention du trophée Selke, remis au meilleur attaquant défensif de la Ligue, pendant chacune des huit dernières saisons, un record de la LNH, et il a remporté le prix à quatre reprises, égalant Bob Gainey à ce chapitre dans l'histoire de la Ligue. Puis, au cercle des mises en jeu, ses succès sont presque hors pair. Il présente le cinquième meilleur taux de réussite dans la LNH depuis le 1er janvier 2010 (58,5 pour cent), une statistique qui devient encore plus impressionnante quand on tient compte du fait qu'il a pris part à plus de 15 000 mises en jeu pendant cette période, un total plus grand que le nombre combiné d'engagements pris par les quatre joueurs devant lui!

Video: BOS@PIT: Bergeron marque après 11 secondes de jeu

En séries, il a maintenu ce niveau d'excellence, amassant 103 points en 136 matchs et en remportant 58,4 pour cent de ses mises en jeu. Il a également marqué plusieurs buts importants, incluant le but gagnant en prolongation du match no 7 en première ronde contre les Maple Leafs en 2013 et, surtout, son doublé dans le match no 7 de la Finale en 2011 pour mener les Bruins à leur plus récent titre de la Coupe Stanley.

Les Bruins sont une des deux équipes à participer à trois Finales de la Coupe Stanley pendant cette décennie (avec les Blackhawks), et le brio et la constance de Bergeron pendant cette période représentent un facteur essentiel à leurs succès. Et quand on ajoute ses deux médailles d'or olympiques et son titre de la Coupe du monde de hockey 2016, il devient évident que Bergeron fait partie de l'élite de la ligue pour les années 2010, pas seulement parmi les joueurs francophones.
 

Nicolas Ducharme, journaliste LNH.com

Au cours de la dernière décennie, un seul défenseur francophone s'est réellement élevé au-dessus de la mêlée et peut être considéré comme l'un des meilleurs à sa position depuis 10 ans : Kristopher Letang.

Lorsque les Penguins de Pittsburgh se sont présentés au Repêchage 2005, ils savaient qu'ils allaient sélectionner un joueur qui allait changer le visage de la concession : Sidney Crosby. Ce dont ils ne se doutaient pas, c'est que 59 choix plus tard, ils allaient repêcher le visage de leur équipe en défensive.

C'est vraiment au début de la saison 2010-11 que Letang s'est mis en marche, quand les Penguins ont fait la transition de Sergei Gonchar à lui comme quart-arrière. En 597 matchs, Letang a amassé 101 buts et 453 points. Sa récolte aurait pu être encore plus impressionnante s'il n'avait été victime de la malchance, lui qui a raté près de 25 pour cent des matchs des Penguins en raison de diverses blessures.

Avec 0,76 point accumulé par rencontre dans la décennie, il se classe au deuxième rang des arrières à ce chapitre derrière Erik Karlsson. Défensivement, Letang est toutefois beaucoup plus fiable que Karlsson et Brent Burns, qui vient au troisième rang.

Video: PIT@CBJ: Letang complète la belle passe de Guentzel

C'est sans oublier qu'il a remporté la Coupe Stanley en 2015-2016 en fournissant 15 points à Pittsburgh en 23 matchs. Les Penguins avaient aussi gagné la Coupe l'année suivante, mais Letang avait dû déclarer forfait au milieu de la saison, victime d'une hernie discale. Tout de même, il est le deuxième défenseur avec le plus de points en séries dans la décennie.

Le Québec n'a jamais été une grande pépinière de défenseurs, on préférait développer des attaquants productifs. Fort heureusement, au milieu des années 2000 est arrivé Kristopher Letang.
 

Robert Laflamme, journaliste LNH.com 

Mon choix s'arrête sur Patrice Bergeron pour l'ensemble de l'oeuvre, comme John le documente si bien dans son argumentaire.

Jonathan Toews ne vient pas loin derrière dans mon livre à moi, avec ses trois conquêtes de la Coupe Stanley. Marc-André Fleury complète mon podium. Le gardien mériterait assurément la palme de la personnalité francophone de la décennie chez les joueurs, pour sa contribution indéniable à la popularité du sport à Las Vegas.

Je choisis Bergeron parce qu'il a été régulier comme une montre suisse. Huit nominations pour l'obtention du trophée Frank Selke, une récompense pour l'attaquant à caractère défensif par excellence, et quatre fois lauréat. Rien que ça…

Si ce n'était pas suffisant, il a trouvé le moyen de majorer ses chiffres sur le plan de l'attaque au fil des ans. Brad Marchand, David Pastrnak et lui sèment la terreur chez les défenses adverses depuis quelques saisons.

À l'âge de 34 ans, il ne montre aucun signe de ralentissement. Si les blessures peuvent le lâcher, il flirtera avec la marque des 1000 points d'ici quelques saisons, soit vers la fin de l'entente le liant aux Bruins jusqu'en 2021-22. Ce serait pas mal pour un attaquant passé maître dans l'art de défendre.

Video: PIT@BOS: Bergeron bat Jarry d'un tir parfait

Je me permets, en terminant, de faire une incursion dans le hockey féminin et d'accorder une mention très honorable à une joueuse de chez nous, Marie-Phillip Poulin.

J'ai eu la chance d'assister à ses prouesses aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et de Sotchi en 2014.

Elle a été - et est toujours - une source d'inspiration pour des milliers de jeunes joueuses, pas uniquement au Québec et au Canada, mais partout dans le monde.

Quand on dit qu'elle est la Sidney Crosby du hockey féminin, on dit pas mal tout.

La Beauceronne n'a pas fini de contribuer à l'avancement du hockey féminin. Elle n'est âgée que de 28 ans. Elle pourrait être encore la joueuse de la décennie en 2020. On lui souhaite de pouvoir faire l'étalage de son talent sur une plate-forme élargie.
 

Philippe Landry, pupitreur LNH.com

Je vais en surprendre plusieurs avec mon choix, mais j'opte pour Marc-Edouard Vlasic. Laissez-moi m'expliquer…

Le défenseur québécois n'attire jamais les feux de la rampe et ce n'est pas avec ses statistiques offensives qu'il va sortir du lot, j'en conviens. Mais je crois qu'on oublie trop souvent à quel point Vlasic est un joueur dominant à sa position. C'est entre autres parce qu'il joue à San Jose que l'on n'en parle pas beaucoup. Peu de gens me feront la preuve qu'ils restent éveillés jusqu'aux petites heures les soirs de semaine pour regarder les matchs dans l'Ouest américain! S'il avait évolué pour une formation de l'Association de l'Est, je suis convaincu que son nom circulerait régulièrement dans les conversations.

Comme je le mentionnais, ce n'est certes pas sa moyenne de point par match en carrière de 0,32 qui excitera les amateurs. Toutefois, la constance de ce défenseur fait de lui un des meilleurs de Ligue. Une seule fois au cours de la dernière décennie a-t-il terminé avec un différentiel négatif. De plus, de 2010-11 à 2019-19, le Québécois n'a raté que 48 des 704 matchs des Sharks. Un vrai guerrier.

Malgré le fait qu'il ne rajeunit pas, le défenseur des Sharks s'est vu consentir un contrat de huit ans et 56 millions avant le début de la saison 2018-19. À 32 ans, Vlasic a également atteint le plateau des 1000 matchs un peu plus tôt cette saison. Il a disputé tous ses matchs avec San Jose, un exploit d'autant plus notable qui prouve à quel point il est considéré comme un pilier et un indispensable pour sa formation.

Vous avez tous de très bons choix, messieurs, et je ne dis pas que j'ai la raison absolue, mais il serait presque fou de ne pas considérer Marc-Edouard Vlasic parmi les plus grands joueurs francophones de la dernière décennie.

Video: SJS@TBL: Vlasic déjoue Vasilevskiy sous la barre


Hugues Marcil, pupitreur LNH.com

John, tu as souligné l'excellence du jeu de Patrice Bergeron et ses prestations relevées en séries éliminatoires, et ça m'a tout de suite fait penser au centre des Blackhawks de Chicago Jonathan Toews. Pour moi, Toews et Bergeron sont deux joueurs qui se ressemblent, mais j'arrête mon choix sur le franco-manitobain comme joueur francophone de la décennie.

Quand on pense à la dynastie des Blackhawks, qui ont remporté trois fois la Coupe Stanley entre 2010 et 2015, le nom de Toews nous vient immédiatement en tête. Le capitaine de Chicago ne montre pas les statistiques offensives les plus impressionnantes au cours de la dernière décennie - bien qu'elles soient excellentes (627 points, 15e dans la LNH) - mais il est le cinquième meilleur marqueur de la Ligue en séries éliminatoires au cours de cette période, avec 97 points (33 buts, 64 passes) en 111 rencontres, signe du grand impact qu'il a exercé chez les Blackhawks en séries. D'ailleurs, Toews a son nom sur le trophée Conn-Smythe (2010) pour le prouver.

Il ne faut pas non plus passer sous silence sa conquête des trophées Selke (2013) et Mark Messier (2015), remis annuellement au joueur démontrant des qualités de leadership au sein de son équipe, ce qui signifie que Toews contribue dans toutes les facettes chez les Blackhawks.

Enfin, Phil, j'aime bien ton choix de Vlasic et je ne suis pas tellement surpris que son nom soit mentionné. Qu'on soit d'accord ou non, il mérite assurément le titre de joueur francophone le plus sous-estimé de toute la décennie. Et surtout, il ne faudrait pas oublier qu'il a remporté la médaille d'or aux Jeux olympiques 2014 de Sotchi, un exploit que Toews a réalisé à deux reprises en carrière soit dit en passant (2010, 2014).


Sébastien Deschambault, directeur de la rédaction LNH.com

Votre argumentaire est tellement bien étoffé messieurs, que je vais faire une petite entorse à la thématique de cette table ronde afin de rendre hommage à deux joueurs plutôt qu'un.

Pour l'ensemble de la décennie, mon choix se porte sur Patrice Bergeron, pour toutes les raisons que John et Bob ont si bien résumées. Je vais désormais accorder deux prix : celui de la première moitié de la décennie, et celui de la deuxième moitié.

Au tournant des années 2010, Martin St. Louis vient de se trouver un nouveau comparse. Après avoir terrorisé les gardiens de la Ligue pendant plusieurs saisons en compagnie de son compatriote Vincent Lecavalier, St. Louis fait de même avec Steven Stamkos jusqu'à ce qu'il soit échangé du Lightning de Tampa Bay aux Rangers de New York à la date limite des transactions en 2014. Entre le 1er janvier 2010 et la fin de la saison 2013-14, aucun joueur n'a récolté plus de points que St. Louis (352 points en 330 matchs), lui qui a d'ailleurs remporté le trophée Art-Ross en 2012-13. Le petit attaquant est d'ailleurs le dernier francophone à avoir mis la main sur ce trophée.

Ce qu'il faut également retenir de la carrière de St. Louis, c'est son abnégation et son désir de vaincre. Il a ouvert toutes grandes les portes pour les joueurs de petites statures, parce qu'il a refusé de baisser les bras à une époque où tout le monde disait qu'il était trop petit pour réussir. Sa force de caractère a également ému le monde du hockey au cours des séries éliminatoires 2014, alors qu'il a aidé les Rangers à atteindre la Finale de la Coupe Stanley malgré le deuil lié au décès de sa mère, France, au cours de la deuxième ronde contre les Penguins.

 

En ce qui concerne la distinction du meilleur joueur francophone de la fin de la décennie, elle va à Jonathan Huberdeau des Panthers de la Floride. Huberdeau forme un duo électrisant en compagnie d'Aleksander Barkov. Huberdeau vient tout juste de battre le record des Panthers pour le plus grand nombre de points en carrière, et il y est parvenu malgré une grave blessure qui l'a privé de plus de la moitié de la saison 2016-17. Depuis qu'il est revenu de cette blessure, Huberdeau est l'un des meilleurs joueurs de la LNH avec une récolte de 240 points en 234 matchs, ce qui lui vaut le 12e rang dans toute la Ligue, et le premier rang parmi tous les francophones.

Video: TOR@FLA: Huberdeau égalise le record d'équipe
 

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