Chabot-Rookie

Une carrière dans la LNH est définie par plusieurs événements. Les joueurs actuels et les anciens chérissent un moment particulier, un match ou encore des exploits plus larges. Au cours de notre série hebdomadaire de huit articles « Savourez chaque moment » présentée par Olymel, huit joueurs vont partager une expérience de hockey qui occupe une place spéciale dans leur cœur. Aujourd'hui, le défenseur des Sénateurs d'Ottawa Thomas Chabot.

Il y a de ces saisons qui forgent l'identité d'un joueur. Des saisons qui lui permettent de mettre son nom un peu plus en évidence sur la map, d'apprendre à naviguer à travers beaucoup de hauts et beaucoup de bas en l'espace de quelques mois. Des saisons déterminantes et marquantes.
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Pour Thomas Chabot, la campagne 2016-17 a été exactement ça. Et même plus.
« Ça m'a beaucoup aidé à un jeune âge d'avoir la chance de vivre tout ça et de devoir passer à travers toutes sortes d'émotions, a affirmé le défenseur des Sénateurs d'Ottawa. Ça m'a permis d'apprendre beaucoup et ça m'a préparé pour le prochain niveau. »
Le « tout ça » qu'évoque le Beauceron, c'est une année fort chargée dont il a savouré chaque moment.
Repêché en première ronde en juin 2015, l'arrière a d'abord convaincu l'état-major des Sénateurs de le garder avec le grand club pour lui donner la chance de se familiariser avec l'environnement de l'équipe et d'expérimenter la réalité de la LNH, à l'âge de 18 ans seulement.
« Ils voulaient que je prenne de l'expérience, a-t-il expliqué. Je n'ai joué qu'un match, mais avec le recul, de côtoyer des gars de la LNH, de voir comment ils prennent soin d'eux, comment ils gèrent les voyages, ça m'a appris beaucoup. Ça m'a éventuellement aidé à m'adapter plus rapidement à la LNH. »
Il est resté dans le giron de l'équipe pendant un peu plus d'un mois, disputant au passage le premier match de sa carrière à domicile contre les Coyotes de l'Arizona - une victoire de 7-4 des siens.
« C'était vraiment un beau moment, mes parents étaient dans les gradins, s'est-il remémoré. Sur la glace, ça ne s'est pas si bien passé (rires). J'ai joué à peine sept minutes et j'ai fini le match avec un différentiel de moins-2. Je le raconte souvent aux jeunes joueurs avant leur premier match pour dédramatiser la situation. »
Quelques jours plus tard, il était renvoyé chez les Sea Dogs de Saint-Jean, dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), pour une quatrième et dernière saison fort prometteuse. L'équipe avait atteint la demi-finale l'année précédente et tout le monde s'attendait à la voir triompher et obtenir son billet pour la Coupe Memorial.
Après une campagne qu'ils ont dominée du début à la fin grâce à une fiche de 48-14-6 et une récolte de 102 points en 68 matchs, l'équipe néo-brunswickoise a vogué jusqu'à la Coupe du Président en séries en ne perdant que deux rencontres face aux Saguenéens de Chicoutimi, en demi-finale.
« On savait qu'on avait une équipe avec beaucoup de talent, s'est souvenu Chabot. C'est un groupe qui avait été bâti sur trois ou quatre ans et qui avait progressé ensemble. C'est ce qui a rendu ce parcours encore plus spécial. C'est vraiment parmi les plus belles années de hockey que j'ai eues.
« On était peut-être un peu trop forts pour notre ligue, mais je dirais aussi que nous étions surtout prêts à faire face à toute adversité. Quand on a perdu notre deuxième match contre Chicoutimi et que la série était égale, on est revenus à l'hôtel et on s'est dit qu'on n'en perdrait plus une. C'est ce qui est arrivé! »

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Les Sea Dogs ont cependant frappé leur mur au tournoi de la Coupe Memorial, en mai. Après une ronde préliminaire difficile (1-2), ils se sont inclinés contre les Otters d'Erie de Dylan Strome et d'Alex DeBrincat en demi-finale.
« La déception était grande et c'était dur à avaler, a avoué Chabot. Tout le monde trouvait ça difficile, mais au bout de la ligne, nous étions très heureux de notre parcours. On a atteint notre premier objectif qui était de gagner les séries dans notre Ligue. Ç'a fait mal au début, mais on était fiers de ce qu'on avait accompli. »
Mémorable
À ce stade de la saison, Chabot avait appris comment gérer ses émotions après une déception. Quelques mois plus tôt, la formation canadienne dont il faisait partie avait encaissé une défaite crève-cœur de 5-4 face aux États-Unis en finale du Championnat mondial junior (CMJ).
Oui, cette finale qui s'est conclue par une séance de tirs de barrage au Centre Bell de Montréal. À ce jour, l'arrière de 25 ans considère cette rencontre comme la plus intense et la plus mémorable qu'il a disputée.
« C'est le match avec le plus d'ambiance et le plus de pression que j'ai joué, a-t-il lancé. Ç'a été un match typique du CMJ avec plusieurs rebondissements. Tout est arrivé dans ce match-là. C'était complètement fou. J'en parle encore souvent avec Colin White (É.-U.) à Ottawa.
« C'était une expérience extraordinaire, même si on n'a pas gagné l'or. La foule était extrêmement bruyante, je me souviens que les bancs vibraient quand on marquait. C'était vraiment fou. »
C'est d'ailleurs lors de ce tournoi que la planète hockey a découvert que Chabot était un véritable bourreau de travail. En 60 minutes de temps réglementaire et 10 minutes de prolongation, il avait conclu le match final avec un temps de jeu avoisinant les 47 minutes.
Pas surprenant que cinq ans plus tard, il mène tous les joueurs de la LNH avec un temps de jeu moyen de 26:23 par match. Il y avait eu des signes avant-coureurs.
« C'est lors de cette année-là que toutes les pièces du casse-tête sont tombées en place pour moi, a-t-il conclu. Mon premier match dans la LNH, la saison de rêve avec les Sea Dogs, l'expérience du Mondial junior… C'est une saison où tout s'est mis en place et où j'ai connu beaucoup de succès au chapitre collectif. »