Reinhart Panthers badge Laflamme

SUNRISE - Pas plus tard que la veille, Paul Maurice faisait l'éloge de la grande intelligence au jeu de Sam Reinhart.

L'entraîneur des Panthers de la Floride disait de son vétéran attaquant qu'il était assez futé pour être directeur général d'une équipe un jour.

« Quand on décortique un match, il y a ce que les entraîneurs ont pensé de ce qui s'est passé et ce que les joueurs ont pensé, avait expliqué Maurice. Souvent, il y a une divergence de perception parce qu'être debout derrière le banc est fort différent que d'être au cœur de l'action.

« Il m'arrive parfois de consulter Sam afin d'avoir sa perception de ce qui s'est passé et il est toujours sur la coche. Donc, quand il est sur le banc à discuter avec ses deux compagnons de trio, je sais que je n'ai pas besoin d'intervenir. Je le laisse faire.

« Ron Francis était comme ça », avait ajouté Maurice au sujet de l'ancien joueur vedette des Whalers de Hartford/Hurricanes de la Caroline qu'il a longtemps dirigé et qui est actuellement… le directeur général du Kraken de Seattle.

Dimanche, Maurice était on ne peut plus fier pour Reinhart.

« Je me suis très bien senti », a répondu Maurice quand on lui a demandé quelle avait été sa réaction en voyant Reinhart enfoncer la rondelle derrière Joseph Woll en prolongation.

« Je suis très heureux pour lui et pour le trio. Ils affichent beaucoup d'ardeur à la tâche et ils font bien les choses. C'est bon de les voir être récompensés pour leurs efforts et d'obtenir la reconnaissance qu'ils méritent.

« Un joueur de la trempe de Reinhart qui accepte de remplir un rôle au sein du troisième trio, en mettant son ego de côté et sans se plaindre de son temps de jeu, et qui prend deux jeunes joueurs en développement sous son aile, vous aimez voir ces gars-là être récompensés. »

Lundell, Reinhart et Eetu Luostarinen forment un troisième trio tout autant efficace qu'utile. Les équipes championnes ont besoin d'unités de soutien du genre.

« On parle de trois joueurs qui écoulent le temps en infériorité numérique pour nous et ils sont très bons pour le faire, a relevé Maurice. Chacun des trois est doté d'un fort QI en défense. C'est à la base de leur style de jeu, sauf peut-être pour Lundell qui s'est amené avec l'équipe en ayant la réputation d'être un bon joueur offensif.

« Les trois exercent un échec avant qui est à l'opposé du trio de Sam Bennett, avec Matthew Tkachuk et Nick Cousins, mais qui est tout autant efficace. C'est comme s'ils utilisaient un pinceau et l'autre trio un marteau. »

Le facteur Bobrovsky

Que ce soit avec un pinceau ou un marteau, les Panthers sont récompensés pour leurs efforts depuis le début de la série contre les Maple Leafs de Toronto. Ils n'ont pas volé l'avance de 3-0 qu'ils détiennent parce qu'ils sont certes la meilleure équipe jusqu'à maintenant.

Dimanche, ils ont particulièrement tenu en respect les gros canons des Maple Leafs. Auston Matthews, Mitchell Marner, William Nylander et John Tavares sont encore à la recherche d'un premier but dans la série.

On a demandé à Maurice ce qu'il aurait dit si on lui avait dit ça avant le début de la série.

« Bobrovsky », a répondu l'aguerri entraîneur du tac au tac. « Et ce serait la fin de ma réponse. »

Même si Bobrovsky a été moins occupé que dans les deux premiers matchs, Maurice a argué que ç'avait été un match très difficile à gérer pour son gardien.

« Nous avons commencé la rencontre en permettant à nos adversaires plusieurs surnombres, question de le mettre à l'aise. Les Maple Leafs ont marqué sur une occasion. Il y a par la suite eu des moments tranquilles.

« Ç'a été plus dur pour lui sur le plan psychologique que dans les deux premiers matchs. Il y a plus d'attaque que vous le pensez parce que chacun des jeux est menaçant. »

Mission (quasi) impossible

Chez les Maple Leafs, on n'en menait évidemment pas large. Quatre équipes seulement ont remonté la pente dans l'histoire de la LNH après avoir tiré de l'arrière 3-0, dont les Maple Leafs une fois en finale de la Coupe Stanley en 1942. Dans les 11 autres occasions que ça leur est arrivé, ils ont perdu la série.

Les Kings de Los Angeles ont été la dernière équipe qui a couronné une improbable remontée au premier tour en 2014 face aux Sharks de San Jose.

« La mission est de gagner un match. C'est ce que nous voulions faire ce soir, a énoncé l'entraîneur Sheldon Keefe. Il faut commencer avec une victoire.

« Les Panthers sont en plein contrôle de la situation. C'est à nous de leur faire perdre de leur aisance et de ne pas abandonner. J'ai pleinement confiance en notre groupe. Nous venons de subir trois défaites d'affilée, nous sommes capables d'en gagner trois de suite et de provoquer la tenue d'un septième match. C'est l'objectif.

« Il faut commencer avec une victoire, a-t-il répété. Ce soir, ç'aurait pu aller d'un bord ou de l'autre. On peut dire la même chose du match no 2. Ça fait en sorte que nous n'avons plus de marge de manœuvre. Nous nous présenterons pour vendre chèrement notre peau, gagner un match et retourner à la maison pour essayer d'en gagner un autre », a-t-il conclu.