Joseph avait survolé la compétition et avait guidé les petits Canadiens de Montréal au titre avec le but égalisateur en fin de match et le but gagnant en prolongation en finale. Trois ans plus tard, il était le premier choix au total du repêchage de la LHJMQ.
Les projecteurs, les attentes et la pression, ce n’est rien de nouveau pour lui.
« Il y avait déjà un engouement autour d’Alexis, s’est souvenu Jason Pominville, l’ancien capitaine des Sabres de Buffalo qui dirigeait les petits Canadiens à ce tournoi. Je savais qu’il lui restait bien des étapes avant d’arriver au repêchage de la LNH. Les choses peuvent changer vite au hockey.
« Mais je voyais l’ensemble de ses qualités, et je constatais qu’il était dévoué à l’extérieur de la patinoire, aussi. Il avait tout pour réussir s’il continuait de s’améliorer. Il a toujours eu les projecteurs sur lui, mais je ne pense pas que ça l’affecte. Je pense qu’il carbure à ça. »
Il devrait être servi à ce chapitre dans les prochains mois. Les attentes sont grandes au chapitre collectif à Saint-Jean, et il est considéré comme l’un des meilleurs espoirs de la cuvée 2026.
« C’est quelque chose qui me motive, a confirmé le principal intéressé. C’est le fun de faire parler de soi, mais ce n’est pas quelque chose que je recherche. C’est quand même fou de penser que j’avais juste 12 ans! Mon entourage m’a toujours beaucoup aidé à garder mes idées à la bonne place. »
Comme un vétéran
Le jeune homme de 17 ans a manifestement gagné en maturité rapidement. À la veille du match d’ouverture local, il répond avec aplomb et une bonne pointe d’humour à nos questions pendant une quinzaine de minutes aux abords de la patinoire.
« C’est une année de repêchage, mais ça reste juste une année de hockey », relativise-t-il.
Il rigole d’ailleurs en demandant la traduction française du mot fortunate après nous avoir expliqué que l’un des plus gros défis de sa première saison à Saint-Jean avait été d’apprendre à s’exprimer en anglais.
« Je connaissais Alexis le joueur, mais je ne connaissais pas l’individu, a raconté l’entraîneur Jim Hulton, qui pilote maintenant les Sea Dogs après 10 saisons passées à Charlottetown. Je suis très impressionné. Malgré tout ce qui se passe autour de lui, il arrive toujours à l’aréna avec un grand sourire. Il aime le hockey. »
Quand il parle d’Alexis « le joueur », Hulton fait référence à la recrue de 16 ans qui a vite pris d’assaut le circuit junior québécois en amassant 24 buts et 60 points en 54 matchs à sa première campagne. Il parle du no 19 qui faisait partie de son plan de match chaque fois qu’il affrontait les Sea Dogs.
« Ça n’a sûrement pas été facile pour lui d’arriver dans la ligue à 16 ans avec l’étiquette de premier choix au total, a fait valoir le capitaine Olivier Groulx. Il était un joueur ciblé dès le début, et il a beaucoup gagné en expérience là-dedans. La différence est énorme entre le Alexis de cette année et celui de l’an passé. »
Et son influence ne se limite pas qu’à la patinoire.
Dès ses premiers pas dans le vestiaire des Sea Dogs, il a su prendre sa place comme l’aurait fait un vétéran de plusieurs saisons. Tout ça, un peu grâce à son statut et à ses performances, mais surtout par sa façon de se comporter. Il porte désormais le « A » sur son chandail.
« À Noël, il avait gagné le respect de tous les gars, a souligné Georgie. Les plus vieux voulaient savoir ce qu’il avait à dire. Et ils l’écoutaient. On a eu beaucoup de très bons joueurs qui sont passés par ici, mais j’ai rarement vu des vétérans se tourner vers un joueur de 16 ans comme ils l’ont fait l’an dernier. »
C’est un peu tout ça mis ensemble qui a permis à Joseph de s’approcher du but ultime. Il n’a plus qu’à garder la pédale au plancher pour que les choses se matérialisent. Pour que tout se confirme.
« Quand j’avais six ans, je regardais les Canadiens et je me disais que je voulais jouer dans la LNH, un jour, a-t-il conclu. C’était plus un rêve d’enfant. Ce l’est encore, mais je dirais que c’est devenu plus un objectif. »