Leo Carlsson faceoff

Le repêchage Upper Deck 2023 de la LNH aura lieu les 28 et 29 juin au Bridgestone Arena de Nashville. La première ronde se déroulera le 28 juin (19 h HE; ESPN, SN, TVAS) alors que les rondes 2 à 7 se tiendront le 29 juin (11 h HE; NHLN, SN, TVAS). D'ici là, LNH.com met la table pour le repêchage avec divers textes en lien avec les meilleurs espoirs. Aujourd'hui, un portrait du centre Leo Carlsson d'Orebro dans la Ligue élite de Suède.

Leo Carlsson a été très clair quand on lui a demandé à quelle position il voulait jouer dans le futur.

« Ma position naturelle est le centre, a-t-il affirmé. J'ai joué à l'aile pendant deux ans dans la SHL, alors j'y suis maintenant habitué. Je suis toutefois meilleur au centre. »

Peu importe la position attribuée à Carlsson, l'attaquant de 18 ans y a excellé. C'est pourquoi il occupe le premier rang du classement final du Bureau central de dépistage de la LNH parmi les patineurs internationaux.

« Il est bon pour conserver la rondelle le long des rampes, et il est difficile de se défaire de lui dans les batailles, a noté Goran Stubb, directeur du dépistage européen de la LNH. Il comprend aussi toujours son rôle défensivement à mesure que le jeu se développe. Il est toujours en train de lire le jeu et d'évaluer ses options, que ce soit de l'espace qui s'ouvre devant lui pour remettre le disque à un coéquipier en mouvement, l'utilisation d'un joueur devant lui pour camoufler son lancer, ou encore une trajectoire qu'il peut utiliser pour effectuer une entrée de zone. »

Carlsson a obtenu 25 points (10 buts, 15 passes) en 44 matchs avec Orebro, alors qu'il a surtout été employé à l'aile. Il a été nommé le joueur junior de l'année en Suède.

Il a ajouté six points (trois buts, trois passes) en sept parties avec la Suède au Championnat mondial junior de la FIHG 2023, alors qu'il a principalement évolué à l'aile gauche du premier trio.

Mais lorsque Carlsson a représenté son pays au Championnat du monde en avril, il a obtenu cinq points (trois buts, deux passes) en huit matchs alors qu'il était employé au centre.

Et il s'agit de la position où il cadre le mieux à long terme, selon l'entraîneur d'Orebro, Johan Hedberg.

« Il est selon moi un joueur qui excelle lorsqu'il est en possession de la rondelle, a mentionné Hedberg, qui a été embauché le 17 avril. La position de centre en Europe, et surtout en Suède, implique plus de responsabilités défensives que dans la LNH. En tant que joueur de centre, il faut être impliqué dans le volet défensif, il faut offrir un soutien aux défenseurs en couverture défensive, alors une bonne partie de l'énergie est dépensée afin de neutraliser l'autre équipe. Dans la LNH, un centre est d'abord et avant tout un joueur offensif. Je crois que c'est évidemment comme ça qu'il se voit, et qu'il devrait se voir.

« Il est un joueur offensif talentueux, mais il veut aussi apprendre à jouer dans les deux sens de la patinoire et être un joueur responsable sur les 200 pieds de la surface de jeu. Je pense que c'est super. »

C'est également le style de deux joueurs de centre dont Carlsson affirme s'inspirer pour modeler son jeu, soit Nicklas Backstrom des Capitals de Washington et le membre du Temple de la renommée du hockey Peter Forsberg.

« Il est tout simplement un animal », a lancé Carlsson au sujet de Forsberg.

On pourrait croire que cette dernière remarque est inspirée de son père. Kenneth Carlsson a évolué comme défenseur pendant neuf saisons en Suède, et en 1999-2000, il a mené l'Allsvenskan, la deuxième meilleure ligue professionnelle en Suède, avec 154 minutes de punition en 41 matchs.

« Il a été très bon lorsqu'il jouait chez les moins de 16 ans, puis il est tombé malade ou quelque chose comme ça, a raconté Leo. Par la suite, il était davantage un défenseur robuste, qui n'hésitait pas à se servir de son bâton. Tout l'opposé de moi. »

Leo a passé six minutes au cachot en 44 matchs avec Orebro, mais il a tout de même mis en pratique le conseil que lui a donné son père, qui l'a dirigé jusqu'à ce qu'il passe à l'équipe des moins de 16 ans.

« Il m'a offert plusieurs conseils, mais surtout celui de ne jamais arrêter, a rapporté Leo. Parce que quand j'avais 14 ou 15 ans, les autres joueurs ont commencé à grandir, et pas moi, alors il m'a dit de ne jamais arrêter. »

Carlsson ne mesurait que 5 pieds 8 pouces lorsqu'il est arrivé avec les moins de 16 ans. Aujourd'hui, il est un gaillard de 6 pieds 2 pouces et 194 livres.

S'est parvenu à exceller avec son gabarit actuel, sa participation au Championnat du monde lui a donné une meilleure idée de ce qu'il doit améliorer dans son jeu afin de connaître du succès dans la LNH. Il a noté qu'il allait se concentrer au cours de la saison morte à améliorer l'explosion de ses trois premières enjambées, en plus de mieux gérer le jeu le long des rampes et devant le filet.

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Il devrait gagner en force naturellement, alors qu'il va ajouter du muscle à sa charpente.

Il pourra aussi compter sur l'aide des entraîneurs de condition physique d'Orebro, les meilleurs en Suède selon Hedberg.

« J'ai une grande confiance envers le groupe que nous avons ici. Chacun possède un rôle afin de l'aider à se développer autant physiquement que mentalement, a-t-il souligné. Ce groupe d'entraîneurs de condition physique que nous avons ici, personne ne s'approche d'eux en Suède. Il sera donc entre de très bonnes mains. »

Pendant que Carlsson va travailler afin de gagner de la maturité physique, son développement émotionnel est peut-être déjà plus avancé.

Carlsson est bègue, mais n'a jamais laissé ce trouble du langage le ralentir dans son parcours de hockeyeur. Il a travaillé afin de réduire son bégaiement lorsqu'il parle le suédois, et croit que plus il sera à l'aise en anglais, qu'il parle couramment, plus il pourra éviter de bégayer dans sa langue seconde.

Carlsson a ajouté qu'il n'avait jamais été victime de moqueries en raison de son bégaiement, en grande partie en raison de son talent au hockey. Il comprend toutefois que ce ne sont pas tous les enfants qui s'en tirent aussi bien que lui, et il n'hésite pas à discuter avec ceux qui ont un trouble langagier similaire au sien afin de leur témoigner son soutien.

« Mon conseil est simplement de demeurer calme, a-t-il expliqué. Lorsque vous parlez, il faut que vous soyez calmes. C'est le plus important selon moi. »

Hedberg a mentionné que de voir Carlsson parler ouvertement de son bégaiement, et de le faire en anglais, était aussi impressionnant à voir que tout ce qu'il démontre sur la glace.

« Être à ce point sûr de soi à un si jeune âge, c'est fantastique, a déclaré Hedberg. Il est un modèle à suivre, et il peut vraiment aider les autres qui se trouvent dans la même situation. Il y a tellement de choses différentes avec lesquelles les enfants doivent composer aujourd'hui, comme les réseaux sociaux et des choses comme ça. Avoir quelqu'un qui peut les aider comme lui, c'est super. »