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Ce texte a été publié le 12 mars. Au moment de l'annulation du reste de la saison de la USHLen raison du coronavirus, Brendan Brisson totalisait 24 buts et 35 aides pour un total de 59 points en 45 matchs.
Comme tous les jeunes de son âge qui rêvaient d'un jour atteindre la LNH, Brendan Brisson a grandi en voyant les Sidney Crosby, John Tavares, Nathan MacKinnon et Patrick Kane faire la pluie et le beau temps et dominer le sport au plus haut niveau, année après année.
La seule différence avec ses comparses - et elle est importante - c'est que le jeune homme les côtoie depuis son enfance, et qu'il peut les appeler par leur surnom. Et ce n'est pas parce qu'il court les séances d'autographes de ses idoles.

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Si vous n'avez pas encore fait le lien, Brendan est le fils du Québécois Pat Brisson, l'un des agents les plus influents du monde du hockey, celui qui gère entre autres les carrières des gros noms mentionnés ci-haut.
« Quand j'étais jeune, je ne réalisais pas vraiment la chance que j'avais de pouvoir compter sur ces gars comme ressources. MacKinnon et Tavares ont même séjourné chez moi pendant quelque temps », a raconté l'attaquant du Steel de Chicago, dans la USHL - le circuit junior américain.
« J'ai pu voir tout le sérieux avec lequel ils approchaient leur développement. Ça m'a permis de prendre conscience à un jeune âge que c'était ce que ça prenait pour être le meilleur. Ces gars sont déjà au sommet et ils veulent pousser encore plus chaque jour. J'en ai pris davantage conscience en vieillissant. »
Sans dire que sa voie était tracée d'avance, ce n'est pas bien surprenant de constater que le jeune Brisson se trouve désormais aux portes de la LNH. Le natif de Manhattan Beach, en Californie, est considéré comme le 31e meilleur espoir nord-américain par le Bureau central de dépistage de la LNH.
Plusieurs le voient même se hisser en première ronde en juin prochain. À sa première saison dans la USHL, il est le deuxième meilleur pointeur du circuit grâce à sa récolte de 59 points, dont 24 buts, en 45 matchs - un point derrière son coéquipier Mathieu De St. Phalle.

« Habituellement, les meilleurs pointeurs de cette ligue ne sont pas des joueurs de première année, a lancé son entraîneur Brock Sheahan. C'est très difficile de réaliser ce que Brendan a fait cette saison, mais il a trouvé le moyen de connaître du succès très rapidement.
« On ne peut pas dire que nous sommes vraiment surpris de ça. Nous savions que nous avions un bon joueur entre les mains, qu'il avait beaucoup de talent et de bonnes habitudes de travail. »
Le principal intéressé n'aurait toutefois pas cru ça possible, il y a quelques années à peine.
Il est le premier à admettre qu'il avait encore beaucoup de croûtes à manger quand il a quitté le domicile familial à 14 ans pour aller s'aligner au sein du réputé programme de Shattuck-St. Mary's, au Minnesota - le même programme qu'ont fréquenté Crosby et MacKinnon avant de faire le saut dans la LHJMQ, notamment.
« Quand je suis arrivé là-bas, j'étais un joueur de hockey bien moyen, a expliqué le patineur de 5 pieds 11 pouces et 177 livres. Mon passage à Shattuck a changé ma vie, pas seulement sur la patinoire. J'ai dû apprendre à vivre seul et ça m'a fait prendre de la maturité très rapidement. Ça s'est transposé sur la glace ensuite.
« J'ai pu me concentrer sur mon développement et ça m'a permis d'avoir quelques années de plus pour améliorer mon jeu. Je n'avais même pas été sélectionné au repêchage de la Ligue de hockey de l'Ouest (WHL). J'avais vraiment besoin de ces années-là, et ç'a été très important dans mon parcours. »
Influence positive
Grâce au temps et aux efforts investis dans son développement, Brisson est maintenant en mesure d'être l'un des joueurs les plus dominants sur la patinoire, soir après soir.
Ses qualités de fabricant de jeux sont indéniables, il possède une bonne touche de marqueur et il a un sens de la compétition bien aiguisé, mais Sheahan remarque surtout chez lui un trait de caractère qu'ont en commun tous les grands joueurs de la LNH.
« Il a un avantage unique sur les autres parce qu'il a côtoyé les meilleurs au monde toute sa vie, a fait valoir le pilote du Steel. Je pense que ce qu'il a le plus appris d'eux, c'est leur capacité à se lever dans les moments importants.
« Nous avons récemment disputé un match serré contre Dubuque, l'une des meilleures équipes de notre ligue. On aurait dit qu'il augmentait son niveau de jeu à chaque présence. Il était constamment partout sur la glace. Il a été témoin de ça au plus haut niveau et je crois que ça se traduit dans son jeu aujourd'hui. »
Faut-il vraiment s'en étonner? Quand on voit l'impact qu'ont les Crosby, MacKinnon, Kane et compagnie sur les joueurs qui les entourent au quotidien, on ne peut qu'imaginer tout le positif que peut en retirer un jeune en plein développement.
« Il m'arrive encore de les côtoyer pendant l'été quand ils viennent passer quelques jours à Los Angeles pour s'entraîner, a relaté Brisson, qui s'alignera avec l'Université du Michigan dans la NCAA, l'an prochain.
« Je saute parfois sur la glace avec eux et ils sont toujours prêts à m'aider. Ça n'arrive pas souvent - peut-être une fois par été - mais j'ai l'impression que je peux apprendre plus en une séance avec eux qu'en un été complet. »