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TARRYTOWN, New York – « Je n’ai jamais voulu devenir un gardien, comme Charlie. J’ai essayé une fois quand j’étais jeune. Je crois que j’avais donné 12 buts, un truc du genre. C’était la fin de ma carrière à cette position. »

Une fin de carrière avec un masque et des jambières, mais pas la fin de son chemin comme hockeyeur. Assis dans son casier après un entraînement des Rangers de New York à Tarrytown, Ryan Lindgren a parlé avec un bonheur contagieux de Charlie, un de ses deux grands frères, mais aussi le gardien partant des Capitals de Washington. 

Le nom Lindgren sera donc écrit sur deux chandails dans ce duel de premier tour : Ryan dans le camp des Rangers et Charlie dans celui des Capitals. 

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« Je sais que ce sera génial pour ma famille, a raconté Ryan à la veille du premier match sur la glace du Madison Square Garden. J’ai parlé avec mes parents et ils ont hâte de voir nos matchs. Ils sont probablement plus nerveux que nous. Ils retirent une grande fierté de voir deux de leurs fils dans la LNH. Nous ne serions pas là sans eux. 

« Je ne parlerai pas à Charlie, je fermerai mon téléphone. Nous nous parlerons à la fin de cette série. »

Charlie avait fait la même confession il y a quelques jours, disant qu’il n’avait pas l’intention de s’entretenir avec son petit frère. 

S’il n’a jamais rêvé à devenir un gardien, Ryan s’est toujours inspiré de ses frères dans sa jeunesse. 

« J’ai deux frères (Andrew et Charlie) plus vieux, les deux jouaient au hockey, a-t-il précisé. Je voulais suivre leurs traces. Mon père (Bob) a aussi joué au hockey. Ce sport est dans notre sang. Je savais dès mon jeune âge que je voulais devenir un hockeyeur. Je les regardais et je cherchais à les imiter. J’étais chanceux de grandir dans un environnement où les sports étaient importants. Il y a un grand esprit de compétition dans notre famille. »

Âgé de 26 ans, Ryan porte les couleurs des « Blue Shirts » depuis maintenant cinq ans. Il n’a pas emprunté une route aussi hasardeuse que celle de son grand frère avant de s’établir à temps plein dans la LNH. 

Il détachait ses patins quand on lui a demandé s’il était fier de la persévérance de Charlie qui est devenu, à l’âge de 30 ans, gardien numéro un pour une première fois dans la LNH. Il a ravi le poste à Darcy Kuemper cette saison avec les Caps. Et sans lui, la bande à Alex Ovechkin n’aurait jamais participé aux séries. 

« Je suis incroyablement fier de mon grand frère, a-t-il répliqué. Avec les Canadiens, il se retrouvait principalement à Laval avec le Rocket. Il est parti à St. Louis, il a profité de quelques matchs avec les Blues et il a fini par obtenir une autre chance à Washington l’an dernier. Il a saisi sa chance avec les Capitals. Il a toujours travaillé fort. Il est la preuve qu’il ne faut jamais abandonner. »

Ryan et Charlie deviendront dimanche après-midi le 36e duo de frères à participer à un minimum d’un match l’un contre l’autre en séries. 

Un membre clé dans l’ombre

Si Charlie se retrouve sous les réflecteurs au poste de gardien partant, Ryan reste un peu plus dans l’ombre au sein d’une équipe comme les Rangers, où il y a une multitude de joueurs vedettes avec les Artemi Panarin, Chris Kreider, Mika Zibanejad, Vincent Trocheck, Adam Fox et Igor Shesterkin. 

Ryan, le numéro 55 des Rangers, vaut toutefois son pesant d’or. Il est décrit par plusieurs de ses coéquipiers comme un défenseur de la vieille école. Il n’hésite jamais à se sacrifier pour bloquer des tirs, il est physique, il se retrouve sur la première vague en infériorité numérique et il est le partenaire de Fox à cinq contre cinq. 

« Je cherche les bons mots pour bien décrire toute la valeur de Ryan pour notre équipe, a dit Zibanejad. Il joue de la bonne façon et il est un très bon coéquipier. Il ne reçoit pas toute l’attention, mais tu ne regardes pas souvent notre équipe si tu ne le connais pas. On ne le verra pas dans les faits saillants, mais on présente rarement un tir bloqué ou une passe interceptée. »

« Ryan est tellement un bon joueur pour nous, a renchéri Peter Laviolette, l’entraîneur-chef. Il ne finit pas l’année avec 75 points, il ne gagne pas un trophée à la fin de l’année, mais il joue son rôle. C’est un défenseur qui fait toujours son travail et qui fait de nous une meilleure équipe. »

En 76 matchs cette saison avec les Rangers, Lindgren a obtenu 17 points (trois buts, 14 passes) et il a présenté un différentiel de plus-22. Lindgren terminera cette année un contrat de trois ans qui lui rapporte trois millions en moyenne. Le directeur général Chris Drury devra trouver une solution dans les prochains mois pour l’enraciner pour encore plusieurs saisons à Manhattan à un salaire toutefois un peu plus élevé.

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