Lorsqu'il enlève son casque, Bellemare a encore, à 33 ans, une tête où les cheveux ne manquent pas. Il était donc quelque peu nerveux lorsque le son du rasoir s'est fait entendre.
« J'ai toujours eu beaucoup de cheveux et je les ai toujours eus un peu longs. Quand je suis arrivé à l'événement, que je me suis mis à discuter avec deux ou trois de ces femmes et que j'ai réalisé l'épreuve qu'elles traversaient depuis un bout, je me suis dit que ce que j'allais vivre, ce n'était rien en comparaison avec leur réalité.
Parmi les femmes qui ont eu droit de donner un coup de rasoir sur la tête de l'attaquant, on retrouvait plusieurs survivantes du cancer, ainsi qu'une patiente qui subit actuellement des traitements. En rémission, une de ces femmes montrait une tête où ses cheveux avaient recommencé à pousser depuis quatre mois. Quand elle a vu ce que Bellemare était en train de faire, elle a décidé de se les raser à nouveau, a raconté Bellemare qui s'est transformé en coiffeur d'un jour pour l'occasion.
« C'est un événement que l'on fait pour les patients, pas pour nous, a indiqué au Las Vegas Sun le Dr Rupesh Parikh, oncologue aux Comprehensive Cancer Centers. Ça montre qu'on est impliqué dans la communauté, mais surtout, que nos patients sont capables de venir à bout de la maladie, qu'ils continuent de le faire, mais aussi que ce n'est pas facile pour tous. Un événement comme celui-ci, où nous avons l'aide d'un joueur ou encore que nous recevons des billets (pour un match), c'est excellent pour le moral.
Pour Bellemare, la vue de sa tête sans un seul poil a été un bref choc, qui a rapidement fait place à la satisfaction de s'être impliqué pour la cause.
« C'est le genre de geste que tu dois faire, a-t-il dit. Ma carrière ne s'étendra pas sur plusieurs années encore, donc, si je veux avoir un impact, je dois le faire maintenant. Sinon, ça ne vaut pas la peine d'être une personne que les gens reconnaissent. »