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TORONTO – Il y a parfois des factures qui disparaissent ou qui s’envolent pour une bonne raison. Alexandre Carrier a connu ce phénomène à ses débuts avec les Predators de Nashville.

À son casier dans le vestiaire des Canadiens de Montréal à Brossard, Carrier a immédiatement pensé à une anecdote pour décrire Pekka Rinne, son ancien coéquipier avec les Predators de Nashville qui fera son entrée au Temple de la renommée du hockey lundi à Toronto.

« Pekka était vraiment une bonne personne, a souligné le défenseur québécois. Je me souviens de mon premier rappel avec les Predators. C’était au mois de janvier 2017. Avant le match, j’avais dîné avec des gars de l’équipe même si je savais que je ne jouais pas ce soir-là. Pekka avait payé ma facture sans me le dire. Il avait fait signe discrètement à la serveuse qu’il s’occupait de moi, sans que je le remarque. Ce simple geste m’avait marqué. Il avait de la classe. Et je me souviens encore du nom du resto italien à Nashville. C’était au Amerigo. »

Carrier, qui venait d’être rappelé des Admirals de Milwaukee de la Ligue américaine de hockey, n’avait pas encore joué un seul match dans la LNH à ce moment-là. Il restait techniquement un inconnu aux yeux du gardien finlandais.

« Pekka était une personne chaleureuse et accueillante, a expliqué Carrier. Il voulait que tout le monde se sente bien. Il n’a jamais eu la tête enflée, même s’il était une grande étoile dans la LNH. Je suis heureux de le voir obtenir une place au Temple. Je trouvais qu’il était un beau modèle pour un jeune joueur comme moi qui faisait ses premiers pas dans la Ligue. Oui, il était un gardien formidable, mais il avait un côté humain encore plus incroyable. »

Pekka Rinne marque un but contre les Blackhawks

À Toronto après un entraînement des Maple Leafs vendredi matin, l’ailier Colton Sissons n’a pas sursauté quand on lui a raconté l’anecdote de Carrier au sujet de Rinne.

« ‘Peks’ avait un grand cœur et il était généreux avec tout le monde, a dit Sissons. Il trouvait des façons d’intégrer les jeunes joueurs ou les gars qui faisaient la navette entre Milwaukee et Nashville. Il le faisait d’une façon naturelle, il ne forçait rien.

« Il était l’un des meilleurs gardiens de la LNH, mais il restait surtout un être humain d’exception, a poursuivi l’ancien attaquant des Predators. Il était tout un compétiteur, un gardien athlétique et un coéquipier idéal. »

Sissons, qui en est à sa première saison avec les Maple Leafs, a partagé le même vestiaire que celui de Rinne à Nashville pendant près de neuf ans (2013-2014 à 2020-2021). Il était l’un des membres des Predators lors de leur unique présence en finale de la Coupe Stanley, en 2017. 

« C’était une question de temps pour lui avant de rentrer au Temple, a souligné le numéro 15 des Maple Leafs. Il a dominé sa position pendant plusieurs saisons. En 2017, il avait conduit l’équipe jusqu’en finale contre les Penguins. On le surnommait le mur Rinne. Il bloquait toutes les rondelles et il dégageait une immense confiance. Sans lui, nous n’aurions pas joué cette finale. »

Sergei Bobrovsky, qui a gagné deux fois la Coupe Stanley avec les Panthers de la Floride et qui est aujourd’hui le numéro un chez les Leafs, a également glissé quelques mots au sujet de Rinne.

« Pekka avait un style différent de Carey Price, un autre gardien admis au Temple cette année. A-t-il expliqué. Il utilisait sa grandeur d’une parfaite façon. Il était très athlétique pour son gabarit, il contrôlait bien la rondelle derrière son filet et il avait tout un esprit de compétition. Je ne suis pas surpris par son intronisation. »

Tendre le flambeau à Saros

À ses deux dernières saisons à Nashville (2019-2020 et 2020-2021), Rinne avait perdu son titre de partant aux mains d’un autre jeune loup originaire de la Finlande, Juuse Saros. Malgré cette situation délicate, Rinne restait le même bon coéquipier.

« Les deux gardiens avaient une grande complicité, a rappelé Carrier. On dirait pratiquement que c’était un père avec son fils. Saros est aussi un gars très terre-à-terre. Pekka gardait son côté compétitif et il désirait jouer, mais il cherchait aussi à aider Juuse. »

« Il a toujours agi avec classe, a renchéri Sissons. Il se battait pour reconquérir son poste de numéro un, mais il protégeait et aidait Juuse en même temps. »

En 13 saisons complètes avec les Predators, son unique équipe au sein de la LNH, Rinne a atteint à cinq reprises le plateau des 30 victoires et trois fois celui des 40 victoires. Il a terminé sa carrière avec une moyenne de 2,43 et un taux d’efficacité de ,917, tout en signant 60 blanchissages.