CALGARY – Jordan Binnington et Samuel Montembeault. Des 41 joueurs présents au camp d’orientation de l’équipe canadienne cette semaine au pays des Flames et du Stampede, il n’y a que deux gardiens.
Sur papier, on y lisait trois noms à la position de gardien. Les trois mêmes noms qui faisaient partie de la formation canadienne pour la Confrontation des 4 nations. Adin Hill, qui avait également reçu une invitation, a dû renoncer à ce court voyage en Alberta puisque sa conjointe donnera naissance d’ici quelques heures.
S’il y a 13 défenseurs et 26 attaquants, les gardiens restent donc une denrée rare cette semaine à Calgary. Logan Thompson, des Capitals de Washington, Darcy Kuemper, des Kings de Los Angeles, et MacKenzie Blackwood, de l’Avalanche du Colorado, n’ont pas reçu un carton d’invitation.
Fidèle à ses habitudes, Montembeault avait un gros sourire dans le visage à sa rencontre avec les journalistes montréalais mercredi matin. Mais il cherchait aussi à ne pas trop analyser la décision de Doug Armstrong et des autres têtes de hockey de l’équipe canadienne quant à la faible représentation de gardiens.
« J’essaie de ne pas trop lire entre les lignes, a répondu Montembeault. Je suis heureux de renouer avec les gars. Nous avions eu du plaisir à la Confrontation des 4 nations. Nous sortons d’une grosse conférence ce matin. Nous avons passé trois heures dans une salle. Je suis heureux de recevoir une invitation pour ce camp. Mais si je ne connais pas un bon début de saison, ça ne voudra plus rien dire. J’aurai besoin de bien jouer afin d’obtenir ma place. »
Sur la scène internationale, Montembeault a déjà représenté le Canada à trois reprises. Il l’a fait en 2016 pour le Championnat du monde junior, en 2023 au Championnat du monde et en 2025 à la Confrontation des 4 nations. À une seule reprise, il a hérité du rôle de numéro un. C’était lors de la conquête de l’or du Canada en 2023 au Mondial de Tampere en Finlande et à Riga en Lettonie.
Une participation aux Jeux olympiques de Milano Cortina 2026 en février aurait une symbolique encore plus grande pour le gardien de 28 ans.
« J’y pense, c’est dans ma tête, a-t-il mentionné. Ce matin pour la conférence, ils ont fait la présentation des chandails des Jeux olympiques. Nous avons aussi regardé des vidéos de hockey, mais aussi d’autres athlètes dans d’autres sports. Il y avait des montages vidéo. Nous avons revu le but de Sid (Sidney Crosby) en 2010. J’en avais des frissons. C’est agréable de penser que je pourrais y participer. »
« Juste de faire partie de l’équipe, ça représenterait un bel honneur, a-t-il enchaîné. Je réaliserais un rêve. Les Jeux olympiques sont un immense événement. J’aimerais représenter mon pays. Il y aura encore beaucoup de hockey à jouer avant de rêver à un poste. J’aurai besoin de connaître un bon départ afin de démontrer que j’ai ma place. »
Montembeault a souvent insisté sur la même notion, celle de connaître un bon départ tant sur le plan individuel que collectif.
« Après la Confrontation des 4 nations, nous avons très bien joué, a-t-il rappelé. Nous avons connu une bonne fin de saison. Pour cette saison, nous devrons bien jouer dès le premier match. Nous n’avions pas connu un bon départ l’an dernier jusqu’à Noël. Nous aurons besoin de jouer comme les derniers mois de notre saison.
« Nous avons fait de bonnes acquisitions cet été avec les ajouts de (Noah) Dobson, (Zachary) Bolduc et d’autres bons joueurs. Quand je rencontrais des partisans cet été, je ressentais toute l’excitation pour notre équipe. Nous avons hâte au camp et à la prochaine saison. »
Dans l’échiquier de l’équipe canadienne, Montembeault reste probablement dans la position du troisième gardien. Binnington, qui a gagné l’or à la Confrontation des 4 nations en jouant son meilleur match lors de la finale contre les États-Unis, part comme favori pour le titre de numéro un. Jon Cooper lui a fait confiance du début à la fin du tournoi l’an dernier, n’offrant jamais un départ à Hill qui campait le rôle de second.
À l’aube d’une saison prometteuse pour le Tricolore, Montembeault débarquera au camp en confiance grâce à une première campagne au-delà des 30 victoires (31) et des 60 matchs (62) en 2024-25. À 28 ans, il donne le sentiment de se retrouver au sommet de son art.
« Oui, je me sens plus confortable, a-t-il précisé. J’ai plus d’expérience. Avec les années, je connais mieux les autres joueurs des autres équipes. Quand tu arrives dans la LNH, tu peux devenir impressionné à l’idée de jouer contre certains joueurs. Mais avec l’expérience, tu deviens plus confiant. Je travaille aussi avec Éric (Raymond) depuis quatre ans. J’ai patiné avec lui cet été. Je me sens bien. »
Sur le plan personnel, Montembeault a également vécu bien des émotions en épousant le 16 août dernier sa conjointe Daryanne Ayotte. Les nouveaux mariés ont eu le temps de vivre leur voyage de noces dans le sud de la France.


















