MarchessaultRoy

NEWARK, N.J. – Jonathan Marchessault n’avait pas l’intention d’envoyer un message aux joueurs des Islanders de New York lorsqu’il a parlé de leur nouvel entraîneur-chef, Patrick Roy, lundi.

Mais c’était tout comme, et les Islanders feraient mieux d’être à l’écoute s’ils veulent rapidement s’habituer à la présence de l’ancien gardien – et membre du Temple de la renommée – derrière le banc. Roy a remplacé Lane Lambert comme entraîneur-chef, samedi, et il a remporté son premier match à la barre de l’équipe, une victoire de 3-2 contre les Stars de Dallas, dimanche.

Le deuxième match de Roy sera contre Marchessault et les Golden Knights de Vegas à domicile mardi (19h30 HE; SCRIPPS, MSGSN).

« Il va travailler fort pour toi, mais tu vas devoir travailler fort pour lui », a expliqué Marchessault, lundi, alors qu’il se préparait pour l’affrontement entre les Golden Knights et les Devils du New Jersey qui allait avoir lieu quelques heures plus tard. « Je pense que c’est un entraîneur très honnête. Il va te dire la vérité, et je pense que c’est une belle qualité. »

Marchessault est bien placé pour le savoir. Il a évolué sous les ordres de Roy avec les Remparts de Québec de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec de 2007 à 2011. Il est toujours près des Roy, autant du paternel que de ses enfants, et ils jouent au golf ensemble l’été.

Marchessault a même pris l’habitude de s’entraîner avec Roy et les Remparts durant la pause du Match des étoiles de la LNH. Roy avait effectué son retour derrière le banc des Remparts en 2018, deux ans après avoir quitté son poste d’entraîneur-chef de l’Avalanche du Colorado après sa troisième saison avec l’équipe.

« Ce qui compte pour lui, ce n’est pas nécessairement les buts et les passes, a expliqué Marchessault. Ce qui compte, c’est à quel point tu travailles fort. Je me souviens quand il était au Colorado, un de ses joueurs les plus constants était Cody McLeod, parce qu’il savait ce qu’il allait obtenir de lui chaque soir. On pense que c’est parce qu’il était un joueur robuste, mais pour Patrick, ce qui était important, c’est parce qu’il travaillait fort, qu’il faisait attention aux détails et qu’il était difficile à affronter. C’est le type de joueur que Patrick adore. »

L’attaquant québécois s’attend à ce que Roy connaisse du succès avec les Islanders parce qu’il est beaucoup plus expérimenté qu’il ne l’était avec l’Avalanche (2013-16). Il a guidé les Remparts à des championnats de la LHJMQ et de la Coupe Memorial l’an dernier avant de démissionner afin d’écouter les offres de la LNH.

« Il a pris son temps, et il est maintenant de retour dans une situation où il peut connaître du succès, a souligné Marchessault. Il se retrouve au sein d’une bonne structure et il a [Lou Lamoriello] comme DG, qui veut gagner dès maintenant. Je suis certain qu’ils vont avoir de bonnes discussions de hockey. Quand tu as deux bonnes têtes de hockey comme eux, ça devrait mener à du succès. »

Marchessault est d’avis que les joueurs des Islanders devront s’habituer à Roy en raison de son intensité, son énergie et l’émotion qu’il démontre à la patinoire chaque jour, en particulier lors des matchs.

Ils en ont déjà eu un bon exemple dimanche, alors que Roy était animé derrière le banc, mais aussi dans le vestiaire entre les périodes selon ce qui a été révélé par les joueurs des Islanders. Il a livré un discours passionné à propos de la résilience alors que l’équipe tirait de l’arrière 2-1 après deux périodes.

« Tu dois même en laisser passer, parce qu’il est tellement intense, a expliqué l’attaquant. Une chose est sûre, il te garde les pieds sur terre. Je me souviens lors d’un match dans le junior, nous avions gagné 3-2 contre une très bonne équipe et j’avais amassé deux buts et une passe. Le lendemain, quand nous avons regardé la vidéo, il s’est mis à me ramasser en me disant que j’étais le pire joueur sur la glace, des choses comme ça. Je n’étais pas d’accord, je trouvais que j’avais eu un bon match, et j’avais bien dormi, donc je ne comprenais pas de quoi il parlait. Ce sont des choses du genre. Il s’assure que tu sois honnête (par rapport à ton jeu). »

Marchessault s’est aussi souvenu d’un épisode où ses coéquipiers et lui mangeaient un déjeuner de Tim Hortons dans le vestiaire des Remparts.

« Je mangeais un muffin, et lorsqu’il m’a vu, il s’est mis à m’engueuler en me disant : ‘C’est ça, continue de manger des muffins. Tu n’es même pas capable de patiner sur la glace, [juron]. Tu es lent comme une tortue.’ », a raconté Marchessault. « Pourtant, tout le monde était en train de manger des muffins, alors pourquoi s’en prenait-il à moi? C’était moi sa cible la plupart du temps, mais comme j’ai dit, tu dois en laisser passer un peu. »

Cette passion, même si elle pouvait parfois dépasser les limites, a aidé Marchessault à développer cet aspect mental qui caractérise son jeu aujourd’hui. Sans cela, il n’aurait probablement pas été en mesure d’aider les Golden Knights à remporter la Coupe Stanley le printemps dernier, encore moins de mettre la main sur le trophée Conn-Smythe, remis au joueur le plus utile des séries éliminatoires.

Sans cette passion, Marchessault ne serait peut-être même pas dans la LNH. Jamais repêché, il a passé quatre saisons dans la LHJMQ et cinq dans la Ligue américaine de hockey avant de percer pour de bon dans la LNH à l’âge de 26 ans avec les Panthers de la Floride en 2016-17.

« Je pensais aimer ce sport jusqu’à ce que je le rencontre, a affirmé Marchessault. Il adore ce sport. C’est quelque chose que j’ai vraiment développé avec lui au fil des années. Un des éléments où il m’a vraiment aidé, c’est l’endurance mentale. Il était toujours sur mon dos, et il était dur. À l’époque, j’avais envie de me battre avec lui, mais maintenant, nous en rions, et nous en parlons. Nous jouons au golf ensemble parfois. »

Marchessault s’attend à ce que Roy doive passer ses messages de manière différente avec les Islanders qu’à l’époque à Québec, mais l’intensité sera toujours la même.

« Chaque année, depuis six ou sept ans, je vais m’entraîner avec lui, et je le trouve tellement mou avec ses joueurs! », a lancé Marchessault en riant. « Je lui ai demandé pourquoi il n’était pas comme ça avec nous. Il m’a répondu qu’il avait dû s’ajuster.

« Je pense qu’il a appris que tout le monde est différent et que tous les joueurs de hockey ne vont pas répondre de la même façon à tes actions. C’est important d’en être conscient. Tu dois savoir quand tu peux démolir un gars et quand tu ne peux pas le faire. C’est quelque chose que tout le monde doit apprendre. Je pense qu’il va connaître du succès. »

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