Nathan MacKinnon feature

TORONTO – Nathan MacKinnon fait tomber les mâchoires et il sème la terreur à travers la LNH.

« Je m’émerveille », a admis l’entraîneur des Canucks de Vancouver Rick Tocchet.

« Il fait paraître le hockey si facile », a dit l’attaquant du Lightning de Tampa Bay Nikita Kucherov.

« Mais ce ne l’est pas », a ajouté le capitaine des Penguins de Pittsburgh Sidney Crosby.

De la part de Connor McDavid : « un joueur spécial ».

Et de l’entraîneur des Jets de Winnipeg Rick Bowness : « il vaut le prix d’entrée ».

« Il transporte notre équipe sur ses épaules », a soutenu le défenseur de l’Avalanche du Colorado Cale Makar.

Mais c’est peut-être le gardien des Stars de Dallas Jake Oettinger qui a lancé le meilleur qualificatif :

« Terrifiant. »

Rien de tout ça n’est exagéré à propos de MacKinnon, qui est à égalité avec Kucherov au premier rang de la LNH avec 85 points (32 buts, 53 passes) en 50 matchs.

En date de lundi, MacKinnon avait amassé 29 points (13 buts, 16 passes) au cours d’une séquence de 14 matchs consécutifs avec au moins un point. Il a noirci la feuille de pointage dans 39 de ses 42 rencontres depuis le 1er novembre, inscrivant 78 points au cours de cette période, ce qui inclut une spectaculaire série de 19 matchs avec au moins un point (13 buts, 23 passes) entre le 20 novembre et le 27 décembre.

Depuis le début de la saison, il a enregistré plus de matchs d’au moins trois points (10) que de matchs avec aucun point (sept).

« Je pense que l’an dernier et cette année sont mes deux meilleures années, a estimé MacKinnon. J’essaie toujours de m’améliorer, je pense que c’est l’objectif avant les résultats. Le travail quotidien à faire différentes choses pour tenter de m’améliorer est ce que j’apprécie vraiment à propos de ce que j’accomplis. Ce n’est pas tant la récolte de points que la détermination à m’améliorer. »

Le joueur de l’Avalanche a amassé 111 points (42 buts, 69 passes) en 71 matchs la saison dernière. Il avait pris le cinquième rang à ce chapitre dans la LNH et le troisième rang pour la moyenne de point par match (1,56).

« Je l’ai dit à plusieurs occasions, a relevé Crosby. Quand on le voit élever son jeu d’un cran en séries, on ne pense pas qu’il peut atteindre un autre niveau. Et d’une façon quelconque, il réussit à le faire. C’est ce que font les très bons joueurs. »

Équipe MacKinnon@Équipe McDavid: MacKinnon marque son deuxième du match

Une des raisons qui expliquent ses succès cette saison est possiblement le fait qu’il est plus rapide que le jeu en soi.

« Je vois bien les choses sur la glace présentement, a analysé MacKinnon. J’imagine que les jeux se développent un peu plus lentement – dans le bon sens. C’est un sport rapide, alors quand tu peux anticiper et prendre les meilleures décisions possibles, c’est à ton avantage. C’est ce que fait toujours Kucherov. Je tente constamment de travailler sur ma vision, ma capacité à créer des jeux.

« Tu veux que tes jambes bougent rapidement, mais que ton cerveau ralentisse la cadence un peu. L’idée est de ne pas être trop excité et perturbé sur la glace. En ce moment, les choses vont plutôt bien. »

McDavid connaît ce sentiment, et il le sait quand quelqu’un d’autre le ressent.

« C’est le meilleur sentiment possible quand tu es tellement rapide que le jeu te paraît lent, a dit la vedette des Oilers. C’est là que tu es vraiment au sommet de ton art. Il va sans dire qu’il a trouvé son rythme. Il se sent bien, comme ça devrait être le cas. Il joue de l’excellent hockey. »

Selon Makar, MacKinnon est présentement la version la plus dominante et constante de lui-même qu’il a vue depuis qu’ils sont devenus coéquipiers lors des séries éliminatoires de 2019.

« Quand il saute sur la glace, il devient un humain complètement différent, a noté Makar. Il est capable d’allumer l’interrupteur immédiatement, et il plonge dans un univers différent la seconde où la rondelle est déposée sur la glace. C’est ce qui le rend aussi spécial présentement. Le jeu est fluide pour lui. »

Makar n’a pas peur de dire que MacKinnon est « le meilleur joueur au monde en ce moment ».

« Mais c’est étrange parce que dans mon esprit, j’ai l’impression qu’il peut encore être plus dominant, a-t-il dit. C’est complètement fou. »

Ça sonnait un peu fou la saison dernière quand on entendait des opinions similaires à propos de MacKinnon.

Ce n’est peut-être pas si désillusionné.

« Je vois de mes propres yeux pendant les étés à quel point il travaille fort et ce que ça signifie pour lui », a mentionné Crosby, qui s’entraîne avec MacKinnon pendant la saison morte. « Il connaît bien son corps. Il travaille fort. Il sait ce qu’il doit faire. Il prend soin de lui. Chaque année, il apprend davantage. Il ne se fie pas au fait qu’il a connu une bonne saison l’année précédente. On voit sa détermination année après année, c’est constant. Il acquiert de l’expérience et il s’en sert à son avantage. »

C’est ce que MacKinnon compte faire dans les prochains mois.

Il a remporté la Coupe Stanley avec l’Avalanche en 2022 et s’est incliné en première ronde des séries, la saison dernière. C’était une lutte sans merci contre le Kraken de Seattle qui s’est terminée avec un revers de 2-1 dans le match no 7, une rencontre dans laquelle MacKinnon a obtenu une passe, neuf tirs au but et 15 tentatives de tir.

Ç’a été un choc pour MacKinnon.

« Avant de soulever la Coupe pour la première fois, tu te poses toujours la question, "vais-je réussir à la gagner au moins une fois?", a-t-il dit. C’est une grande peur. Tu veux vraiment vivre ça. Maintenant que tu sais que tu peux en gagner une, tu en veux plus. Quand tu as goûté à cette sensation, tu veux vraiment y goûter à nouveau. »

MacKinnon est la raison principale pour laquelle l’Avalanche peut encore espérer avoir une chance de tout rafler.

« Une des équipes dans l’Ouest devra trouver la solution. Comment arrêter ce gars-là? a dit Tocchet. Il nous reste quelques mois pour répondre à cette question. »

Bonne chance.

« Il est sur une autre planète présentement », a conclu Oettinger.

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