L'hiver dernier, il a récolté 44 points de plus qu'en 2016-17, et 34 de plus qu'en 2013-14, quand il avait enregistré son sommet personnel précédent de 63 points. Il en était alors à sa première saison dans la LNH.
MacKinnon a terminé deuxième au scrutin du trophée Hart, le printemps dernier, à 70 points de l'ailier gauche des Devils du New Jersey Taylor Hall. Les Devils recevront justement l'Avalanche au Prudential Center, jeudi soir (19 h (HE); MSG+, ALT, NHL.TV).
« Je ne savais pas que j'en étais capable, a dit MacKinnon des prestations qu'il a affichées la saison dernière. Je savais que ce n'était pas impossible, mais je ne m'attendais même pas à récolter un point par match l'an dernier. Je trouvais que 70 points, ç'aurait été formidable. Ce n'est pas évident de passer de 50 à 100. Je n'y pensais pas vraiment. Ce serait mentir de dire ça. Mais maintenant que cette porte s'est ouverte, je ne vais pas me limiter à un chiffre précis.
« Je me trouve dans une bien meilleure situation en ce moment, comme jamais auparavant depuis le début de ma carrière, ça c'est certain. »
La transformation qu'on observe chez MacKinnon depuis 12 mois, autant dans sa façon de jouer qu'au chapitre de la confiance, est tout simplement ahurissante.
Il y a un an, il hésitait quelque peu à accepter le rôle de meneur et, comme il le reconnaît lui-même, il essayait tellement fort d'être bon que ç'avait un impact négatif sur lui.
Il n'avait pas trouvé le fond du filet lors des six premiers matchs du Colorado, et il a marqué seulement un but lors des 10 premières sorties de l'équipe.
« Ouais, j'étais tendu », a lancé MacKinnon.
Cet état d'esprit découlait de ce qu'il avait ressenti durant la saison 2016-17, quand il avait amassé 53 points (16 buts et 37 passes), cinq de plus que l'Avalanche en avait récolté au classement de la LNH en tant qu'équipe. Le Colorado avait alors connu sa pire saison depuis que la concession s'était installée à Denver en 1996.
Le niveau de confiance et de motivation de MacKinnon s'est alors effrité aussi.
« J'ai de la difficulté à jouer au hockey quand je sais que nous ne sommes pas dans le coup, a-t-il indiqué. À moins d'essayer d'obtenir une reconnaissance sur le plan individuel, c'est dur. Je veux dire, tu ne veux pas déclarer forfait, mais tu te demandes à quoi ça sert de jouer si tu ne vas pas te qualifier pour les séries. »
Ç'a été un défi de retrouver son assurance en début de saison dernière.
« Je me sentais pas mal comme la saison précédente, je n'étais pas super confiant, a fait savoir MacKinnon. J'avais tendance à me décourager. J'étais vraiment négatif à mon propre endroit. »
Il a commencé à changer, en arrêtant de se battre avec lui-même et en commençant plutôt à croire en lui, après le premier mois de la saison dernière. C'est arrivé à peu près au moment où il s'est vu confier un plus grand rôle en tant que meneur parce que l'Avalanche venait d'échanger son ancien adjoint au capitaine Matt Duchene aux Sénateurs d'Ottawa, le 5 novembre.
MacKinnon a alors décollé, lui qui a affiché une production de 20 points (cinq buts et 15 aides) en 12 matchs en novembre, puis de 18 points (huit buts et 10 passes) en 15 rencontres en décembre. Il a continué de peaufiner sa façon de jouer et de bâtir sa réputation en deuxième moitié de saison en enregistrant 51 points (23 buts et 28 aides) en 36 affrontements du 2 janvier jusqu'à la fin du calendrier régulier. Cette séquence d'enfer a propulsé l'Avalanche jusqu'en séries éliminatoires de la Coupe Stanley.
« Il y avait des matchs où j'avais presque l'impression que nous étions de retour dans le hockey mineur, a affirmé le défenseur de l'Avalanche Tyson Barrie. Certains soirs, nous avions l'impression qu'il était impossible à arrêter, et c'était effectivement le cas. »
On assiste au même phénomène cette saison, la différence étant que MacKinnon et ses compagnons de trio, Gabriel Landeskog et Mikko Rantanen, font des flammèches plus souvent à cinq contre cinq, plutôt que seulement en avantage numérique.