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L'impact de Manon Rhéaume sur le hockey féminin se fait toujours sentir

La gardienne de but est devenue la première femme à disputer un match de la LNH, il y a plus de 26 ans

par Tracey Myers @TraMyers_NHL / Journaliste NHL.com

Quand Lyndsey Fry était une petite fille, son souhait était le même chaque année, le jour de son anniversaire de naissance : devenir la première femme à jouer dans la LNH.

Mais à l'âge de 10 ans, Fry a appris que la gardienne de but Manon Rhéaume l'avait déjà fait, ayant disputé une période de jeu pour le Lightning de Tampa Bay à l'occasion d'un match préparatoire contre les Blues de St. Louis, le 23 septembre 1992. C'était un mois environ avant sa naissance.

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Fry, qui a remporté une médaille d'argent avec l'équipe féminine de hockey des États-Unis aux Jeux olympiques de 2014 à Sotchi et qui est conseillère spéciale auprès du président et chef de la direction des Coyotes de l'Arizona Ahron Cohen, se souvient de la colère qu'elle avait alors ressentie.

« Je me rappelle nettement que mon cerveau de 10 ans s'était dit, 'Eh bien, ça ne compte pas parce qu'elle était une gardienne et je suis une attaquante. Ce n'est pas la même chose', a relaté Fry en riant. Mais l'étincelle que ç'a fait naître dans mon coeur s'est avérée quelque chose d'important. Autant ça m'avait mise en colère, autant le fait de savoir que c'était possible, qu'il n'y avait pas de limite à ce que nous pouvions faire, c'était quelque chose de vraiment important pour moi à cet âge. »

Plus de 26 années ont passé depuis que Rhéaume a pris part à ce match de la LNH ; elle a par ailleurs disputé une période à l'occasion d'un match préparatoire contre les Bruins de Boston en 1993.

Rhéaume s'étonne de l'impact qu'elle a encore sur les joueuses de l'époque actuelle.

« Maintenant, avec le recul, je réalise à quel point c'était quelque chose d'important », a déclaré Rhéaume, qui est la coordonnatrice du programme féminin et l'entraîneuse de l'équipe féminine des moins de 12 ans au sein du club de hockey AAA Little Caesars à Detroit. « Quand j'étais jeune et qu'on m'avait invitée, c'était arrivé si vite que je n'avais pas vraiment réalisé, quand je suis allée là-bas, l'impact que ça aurait sur les gens, sur l'histoire, sur tout. J'y suis allée tout simplement parce que c'était une formidable occasion de jouer au plus haut niveau. Maintenant, avec le recul 26 ans plus tard, aucune autre femme n'a fait ça depuis, non seulement au hockey, mais dans les quatre sports majeurs.

« Au fil des ans, tellement de gens sont venus me voir pour me dire que j'ai inspiré leur fille ou leur fils, ou m'ont dit qu'ils avaient une affiche de moi sur le mur de leur chambre, que ça me fait réaliser à quel point mon cheminement a eu un impact positif sur bien des gens. »

L'impact s'est fait sentir chez les joueurs de la LNH aussi. Le gardien des Blackhawks de Chicago Corey Crawford a grandi à Châteauguay, au Québec, à environ trois heures de route de la ville d'origine de Rhéaume - Beauport.

« C'était gros comme nouvelle, a affirmé Crawford. Tout le monde se demandait un peu si elle allait être retenue dans l'équipe ou non. C'était fou. Elle était plutôt bonne, d'ailleurs, alors c'était formidable comme nouvelle. »

L'attaquante de l'équipe américaine Hilary Knight ne se souvient pas du moment où elle a entendu parler de l'histoire de Rhéaume pour la première fois, mais elle sait que son parcours l'a grandement inspirée.

« Ça nous a donné une lueur d'espoir », a déclaré Knight, qui a remporté la médaille d'or aux Jeux olympiques de 2018 à PyeongChang et l'argent aux Jeux de 2010 et 2014, à Vancouver et Sotchi. « Je me souviens juste que, plus jeune, la seule chose que nous pouvions regarder en dehors des Jeux olympiques, c'était la LNH. Ça n'a pas changé tant que ça depuis, mais nous contribuons quand même activement à accroître la visibilité [du hockey féminin]. »

Rhéaume a été l'entraîneuse de l'attaquante de l'équipe américaine Kendall Coyne Schofield, de la défenseure Megan Bozek et de la gardienne de but Alex Rigsby, entre autres, avec le Wild du Wisconsin. Coyne Schofield a joué avec des garçons dans la région de Chicago avant de commencer à jouer pour Rhéaume à 12 ans. Elle ne connaissait pas l'histoire de son entraîneuse jusqu'à ce que ses parents lui demandent de lire le livre de Rhéaume, « Manon Rhéaume : seule devant le filet ».

« J'avais trouvé que c'était la chose la plus 'cool' au monde qu'elle allait être mon entraîneuse et qu'elle avait joué dans la LNH », a indiqué Coyne Schofield, qui a raflé l'or à PyeongChang et l'argent à Sotchi. « À ce stade-là de ma carrière, j'avais tellement joué avec les garçons que je ne connaissais pas vraiment l'univers du hockey féminin, sauf (l'ancienne attaquante de l'équipe féminine des États-Unis) Cammi Granato. Elle était cet autre visage familier qui jouait au hockey. Je l'ai beaucoup suivie durant ma carrière au hockey féminin parce qu'elle était tellement un beau modèle à suivre et elle m'a aidé à aller chercher ce dont j'avais besoin pour atteindre le niveau suivant. »

Aucune femme n'a disputé un match de la LNH depuis Rhéaume.

Mais Knight et ses coéquipières Amanda Kessel et Meghan Duggan ont pu étaler tout leur talent à l'occasion du week-end du Match des étoiles Honda 2018 de la LNH au Amalie Arena à Tampa. Knight a notamment affiché un temps, lors du concours des tirs de précision, qui aurait donné du fil à retordre à la plupart des hommes.

Coyne Schofield, l'attaquante de l'équipe américaine Brianna Decker ainsi que deux joueuses de l'équipe canadienne, l'attaquante Rebecca Johnston et la défenseure Renata Fast, ont pris part à différentes épreuves du Concours d'habiletés du Match des étoiles Honda 2019 tenu au SAP Center à San Jose. Coyne Schofield a pris le septième rang du concours du plus rapide patineur Bridgestone et Decker a complété l'épreuve du contrôle de la rondelle en y allant d'une prestation similaire à celle de Knight.

« Me retrouver sur la patinoire avec les meilleurs joueurs de hockey au monde, des joueurs que j'ai regardés jouer plus jeune, c'était un rêve qui se réalisait », a dit Johnston, qui a remporté l'or à Vancouver et à Sotchi, puis l'argent à PyeongChang. « Et aussi, le fait de prendre part aux mêmes concours d'habiletés qu'eux, c'était un moment très spécial. Juste le fait de mettre en valeur le hockey féminin de cette façon était un moment important. C'était formidable que la LNH nous permette d'y participer et d'aller avec eux sur la glace. »

Maintenant, le temps est venu de faire avancer le hockey féminin un peu plus. Il y a deux ligues professionnelles féminines en Amérique du Nord, la National Women's Hockey League aux États-Unis et la Ligue canadienne de hockey féminin, mais les joueuses estiment qu'il vaudrait mieux avoir une seule ligue.

« En fin de compte, nous avons besoin de la LNH. Nous voulons avoir le logo de la LNH et nous devons travailler ensemble pour faire en sorte que nous nous retrouvions sous l'égide de la LNH, a affirmé Coyne Schofield. Ce serait là quelque chose de tout simplement incroyable pour notre sport. »

Selon Knight, le fait d'avoir une seule ligue changerait beaucoup de choses.

« Premièrement, le niveau de compétition, a-t-elle noté. Les meilleures joueuses se retrouveraient toutes dans une seule ligue ; le niveau serait très élevé. C'est déjà le cas en ce moment, mais ce serait encore mieux. La clé, c'est la visibilité. Pourquoi obligeons-nous les amateurs à choisir entre deux ligues ? Ça n'a pas de sens. Si nous pouvons créer un sentiment d'enthousiasme chez les partisans, faire en sorte qu'ils s'attachent à une ligue et aient leur équipe favorite, nous ferions un bon bout de chemin. »

Le hockey féminin a beaucoup évolué et continue de progresser. Rhéaume est reconnaissante d'avoir eu autant d'impact, aussi bien chez ses anciennes joueuses qui sont devenues des olympiennes que les filles qu'elle dirige en ce moment.

« J'ai dirigé certaines d'entre elles quand elles avaient 12 ans, et maintenant elles vont aux Jeux olympiques, a noté Rhéaume. Quand j'ai eu la chance de faire leur connaissance lorsqu'elles étaient plus jeunes, elles m'admiraient et elles voulaient que leur rêve devienne réalité. C'est plaisant de voir qu'elles y sont arrivées.

« J'ai eu un impact positif auprès de jeunes filles, a souligné Rhéaume. C'est l'aspect le plus satisfaisant dans tout ce que j'ai fait. »

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