Un peu moins de 24 heures après avoir vécu le moment, Charle-Édouard D’Astous repasse encore la séquence dans sa tête.
« J’ai vu qu’il y avait un 2-contre-2 qui se dessinait avec (Brayden) Point et (Jake) Guentzel, et que j’avais l’opportunité d’appuyer l’attaque », a décrit le défenseur du Lightning de Tampa Bay. « En entrée de zone, Point m’a remis la rondelle et j’avais beaucoup de temps pour lancer. Je pense que j’ai pris la bonne décision de tirer.
« Ensuite, ça m’a paru surréaliste. J’étais surexcité. C’était vraiment un très beau moment pour moi. »
En entrevue téléphonique avec LNH.com, D’Astous raconte avec précision la séquence ayant mené à son premier but en carrière dans la LNH. Un moment dont le Québécois se souviendra toute sa vie.
Ce lancer de l’enclave s’est transformé en but gagnant dans une victoire de 5-2 du Lightning contre les Predators de Nashville au Bridgestone Arena mardi soir.
« Les dernières heures ont été assez occupées sur mon téléphone. Ça n’arrête pas! » a-t-il dit en riant.
D’Astous disputait son troisième match avec le Lightning. Rappelé le 20 octobre, le natif de Rimouski a obtenu l’occasion de donner ses premiers coups de patin dans la LNH à l’âge de 27 ans, samedi, dans un duel contre les Ducks d’Anaheim.
Même s’il n’a maintenant que trois petits matchs au plus haut niveau derrière la cravate, D’Astous peut enfin dire qu’il a gagné son pari. Après trois saisons à séparer son temps entre l’ECHL et la Ligue américaine de 2019 à 2022, le défenseur de 6 pieds 2 pouces et 211 livres a choisi de faire ses valises pour l’Europe. Il y a passé les trois dernières saisons – deux dans la Liiga, en Finlande, puis une autre dans la Ligue élite de la Suède – avant de recevoir une offre de contrat de la part du Lightning en mai dernier.
« Mon parcours a été assez atypique comparativement à beaucoup d’autres joueurs, mais personnellement, j’ai toujours cru en moi et j’ai toujours su que j’allais jouer dans la LNH un jour, a mentionné celui qui n’a jamais été repêché. Pouvoir marquer ce but-là à mon troisième match, c’est quelque chose qui me rend très fier. »
D’Astous dit avoir suivi les conseils du directeur général Julien BriseBois afin de se donner le maximum de chances de toucher à son rêve.
« Quand j’ai été coupé au camp d’entraînement, Julien BriseBois m’a dit de me rendre à Syracuse en continuant de travailler fort et d’avoir comme mentalité d’être le premier défenseur rappelé, s’est-il souvenu. C’est ce que j’ai fait. J’avais connu un très bon camp d’entraînement et je savais que l’équipe m’aimait bien. Je savais donc que ce moment viendrait, que ce n’était qu’une question de temps. »
Il a également eu la chance d’être épaulé par Yanni Gourde, le seul autre joueur québécois actuellement dans la formation du Lightning. D’Astous a admis que la présence de Gourde l’a grandement aidé.
« Yanni a été super gentil avec moi. Je l’avais rencontré cet été. Il m’avait souhaité la bienvenue dans l’organisation, a-t-il raconté. Quand je suis arrivé au camp d’entraînement, il m’a invité à souper chez lui. Il m’aide chaque jour, il est toujours présent si j’ai des questions. C’est certain qu’avoir un autre Québécois avec moi, ça facilite vraiment les choses. »


















