Armia Perry Staal badge Laflamme

MONTRÉAL -À force de ne jamais tirer de l'arrière dans les matchs, les Canadiens de Montréal vont finir par ne plus savoir comment jouer du hockey de rattrapage la prochaine fois qu'ils accuseront un retard.

D'ici à ce que ça se produise, les Canadiens sont imbattables. Dimanche, ils ont signé une sixième victoire d'affilée - une première en séries depuis l'année de la dernière conquête de la Coupe Stanley en 1993.
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Le dénominateur commun des six victoires, c'est qu'ils n'ont pas tiré de l'arrière dans aucun match. La séquence a atteint 376:14 minutes de temps de jeu, au terme du gain de 5-1 face aux Jets de Winnipeg. Ce n'est pas rien : il s'agit de la cinquième plus longue séquence du genre en séries éliminatoires dans l'histoire de la LNH.
Le Tricolore tentera de l'étirer le plus possible afin d'envoyer les Jets en vacances dès lundi.
« J'ai assez de métier pour savoir que la quatrième victoire est la plus difficile à obtenir », a affirmé l'ailier droit Brendan Gallagher. « Les Jets ne baisseront pas les bras facilement. Nous nous sommes retrouvés dans la même position qu'eux dans la série précédente. La dernière chose que nous voulons, c'est de leur donner un brin d'espoir parce que ça peut changer rapidement en séries. »
Les Canadiens misent des vétérans qui connaissent le tabac et qui ne manquent pas de partager leur expérience aux plus jeunes. Des vétérans qui rendent de plus de précieux services à l'équipe sur la glace.
Dimanche encore, les vénérables Corey Perry et Eric Staal ont prêché par l'exemple. Avec Joel Armia à leurs côtés, ils affichent des airs de jeunesse, malgré leurs 36 ans bien sonnés chacun.
« Est-ce que c'est un quatrième trio? », a lancé à la blague l'entraîneur par intérim Dominique Ducharme quand on lui a posé une question au sujet du… quatrième trio!
« C'est un trio important pour nous, a poursuivi Ducharme. Il apporte une dimension physique et il nous donne des présences offensives lourdes. Les trois protègent bien la rondelle et ils nous obtiennent de gros buts. Ils peuvent affronter des trios à caractère offensif et leur faire passer du temps dans leur zone. »
L'entraîneur recrue a eu la main heureuse en jumelant les trois joueurs lors du match no 4 de la série de première ronde contre les Maple Leafs de Toronto.
En sept matchs, ils totalisent huit buts et 16 points. Ça n'a effectivement rien à voir avec la productivité attendue d'un quatrième trio.

WPG@MTL, #3: Perry profite d'une présence soutenue

Le trio a orchestré la remontée de trois matchs face aux Maple Leafs en y allant de deux buts rapprochés dans la cinquième rencontre jouée à Toronto. Le CH ne regarde plus derrière depuis ce temps.
« Ce n'est pas un quatrième trio, a corrigé Gallagher. Les trois jouent du hockey de grands garçons en séries. Ils s'imposent physiquement et ils fatiguent leurs rivaux en conservant la rondelle au fond du territoire adverse. Les séries font ressortir le meilleur d'eux. Ils sont un gros atout pour nous. »
Le jeunot Armia (28 ans) joue son meilleur hockey de la saison aux côtés des aînés Perry et Staal (36 ans chacun).
« C'est très facile de jouer avec ces deux-là, a-t-il commenté. Ils sont bons en possession de la rondelle et dans les coins de patinoire. Nous nous ressemblons, trois joueurs imposants physiquement habiles pour maîtriser la rondelle. C'est très agréable de jouer avec eux. Ils me donnent même des trucs. Je me dis que je dois prêter l'oreille et saisir l'occasion d'apprendre d'eux. »