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« Cette job-là serait parfaite si c'était pas des games! », avait l'habitude de dire un grand sage du journalisme sportif - mon ami Alain Crête pour ne pas le nommer - que j'ai côtoyé à mes débuts sur la couverture des Nordiques de Québec dans les années 1990.

C'est devenu un « running gag » dans le métier, un classique même.
BLOGUE DE BOB : 19 juin | 18 juin
Quand on se retrouve sur la route, entre collègues, souvent autour d'une bonne table et parfois après quelques verres de vin, il y en a toujours un qui ramène la phrase fétiche : « Cette job-là serait parfaite si c'était pas des games! » Toutes les fois, on rit. On est comme ça, on a le bonheur redondant.
Depuis une semaine, par contre, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'heureusement qu'il y a des 'games' parce que « cette job-là » serait plate en 'torpinouche'.
La vie dans la bulle commence à peser. La routine s'est installée. C'est le jour de la marmotte : « chambre d'hôtel-salle à manger-navette-aréna-navette-salle à manger-chambre d'hôtel ». Les seuls moments que nous pouvons passer à l'extérieur, c'est quand la navette tarde à se pointer comme ça m'est arrivé dimanche midi.
Le meilleur désennui que j'ai trouvé en fin de semaine a été de changer de narine pour les tests de dépistage. C'est pas mal le plus loin qu'on peut aller…
Je ne peux pas socialiser avec les collègues hors de la bulle sur la route ou au Centre Bell, encore moins aller luncher avec eux. On se salue à distance, on échange quelques blagues.
Je le répète : je ne me plains aucunement de mon sort. Je suis heureux comme un poisson dans l'eau de faire ce que j'aime le plus, couvrir des matchs de hockey. Je sais qu'on rattrapera bien un jour le temps perdu entre collègues, comme nous le ferons tous avec nos familles et les amis.
Je vous avoue toutefois, à quelques heures de retourner à Las Vegas, que j'ai trouvé l'isolement « challengeant » à Montréal. D'être si proche de la maison et si loin à la fois, j'ai eu le sentiment d'être doublement confiné, dans ma bulle et dans ma ville.
Épouse en devenir me manque, évidemment. Le potager d'arrière-cour et les petits fruits du Québec, également.
Mais ce qui me manque le plus au monde (je me retiens de l'écrire depuis tantôt), c'est de prendre dans mes bras ma toute nouvelle petite-fille, Noélie.
Eh oui, j'ai ajouté dernièrement le titre de grand-papa à celui de papa. Je saisis l'occasion pour souhaiter bonne fête des Pères à tous les papas hockey de la planète.
Noélie a quitté l'hôpital, il y a quelques jours. Toute la famille a pu la cajoler, sauf moi que 'Facetime' est en voie de rendre gaga. Tu ne perds rien pour attendre petite puce, 'grand-papounet' s'en vient. Si c'était pas des games