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La transaction pour Nash place la barre plus haute pour les Bruins

Boston améliore ses chances de remporter la Coupe Stanley en transigeant pour l'attaquant

par Amalie Benjamin @AmalieBenjamin / Journaliste NHL.com

Les Bruins de Boston peuvent envisager l'avenir avec optimisme, alors qu'ils ont tout à coup des espoirs et des recrues en abondance, de Charlie McAvoy à Jake DeBrusk, Danton Heinen, Ryan Donato, Jakob Forsbacka Karlsson et Trent Frederic. Ils peuvent même se dire à Boston qu'ils vont connaître plus que leur part de bons moments dans les prochaines années.

Mais il y a aussi des raisons d'aimer le présent, un présent qu'il ne faut pas négliger. Un présent où Zdeno Chara a retrouvé des airs de jeune premier et où Patrice Bergeron maintient un niveau de jeu qui pourrait lui valoir d'être considéré pour le trophée Hart . Un présent où l'équipe aligne encore un noyau de joueurs qui ont vécu la conquête de la Coupe Stanley en 2011. Un présent où les Bruins se trouvent en haut de tableau au classement général de la LNH.

Voilà pourquoi le directeur général Don Sweeney a transigé dimanche pour mettre la main sur l'attaquant des Rangers de New York Rick Nash, un joueur qui a déjà marqué 40 buts dans cette ligue. Pour faire l'acquisition de Nash, les Bruins ont donné les attaquants Ryan Spooner et Matt Beleskey - ce dernier évoluait dans la Ligue américaine de hockey -, ainsi que l'espoir à la ligne bleue Ryan Lindgren, un choix de premier tour du repêchage 2018 de la LNH, et un choix de septième tour en vue du repêchage 2019 de la LNH. Boston continuera de payer la moitié du salaire de Beleskey.

Il a donc fallu y mettre le prix pour louer les services de Nash, qui pourrait devenir joueur autonome sans compensation le 1er juillet.

Les Bruins avaient toutefois le sentiment qu'ils avaient besoin d'un coup de pouce, un coup de pouce qui pourrait faire la différence en cette saison où ils sont déjà en position d'aspirer sérieusement à la conquête de la Coupe Stanley. Ils ont des vétérans qui ont du talent et du leadership en Chara, Bergeron, David Backes et Torey Krug. Ils ont des recrues pleines d'énergie. Ils sont capables de marquer des buts - ils sont à égalité au quatrième rang dans la LNH avec une moyenne de 3,24 filets par rencontre - et maintenant, avec Nash, ils ont plus de la profondeur que jamais à l'attaque puisqu'ils alignent trois trios qui sont vraiment capables de produire.

Le marché permet aussi de répliquer aux Penguins de Pittsburgh, qui ont obtenu Derick Brassard des Sénateurs d'Ottawa, et aussi de contrer tout ce que le Lightning de Tampa Bay et les Maple Leafs de Toronto pourraient faire d'ici l'heure limite pour les transactions, soit à 15h (HE) lundi.

« Nous avons décidé en fin de compte qu'afin de permettre à notre équipe de s'améliorer, c'est la direction qu'il fallait prendre », a indiqué Sweeney, qui a également conclu dimanche une entente d'un an avec le vétéran attaquant Brian Gionta, d'une valeur de 700 000 $. « Nous espérons que [Nash] aura un impact au sein de notre équipe comme il l'a eu par le passé. Nous avons déterminé qu'en jouant au sein du deuxième trio avec David [Krejci], ce serait un tonique pour notre club de hockey, un tonique dont nous avions besoin. »

C'est un marché compliqué qui s'est concrétisé dimanche matin, a affirmé Sweeney. Mais c'était un bon marché, étant donné que ça donnait aux Bruins l'occasion de jumeler un ailier plus costaud à Krejci. C'est là une recette qui avait profité au joueur de centre par le passé, quand il avait joué avec les Milan Lucic, Nathan Horton et Jarome Iginla.

« Je trouve que Rick Nash donne une autre dimension à ce trio-là, au chapitre de la protection de la rondelle et de la capacité à se rendre dans la circulation lourde à un moment de la saison où le jeu devient encore plus serré, a noté Sweeney. En espérant que cette acquisition donnera du jus à David, et que ce trio-là trouvera le moyen de marquer quelques buts de plus et, plus important encore, continuera de bien jouer défensivement, un aspect du jeu où Rick a bien fait par le passé. »

Car ce deuxième trio a effectivement été un des points faibles des Bruins. Dimanche face aux Sabres, Nash a amorcé le match à la droite de Krejci, avec DeBrusk qui complétait l'unité. Bien que Sweeney eut indiqué qu'il croyait encore en Spooner et à sa capacité de jouer à l'aile, ça n'a jamais bien fonctionné pour lui à Boston. Il a été un élément utile au sein du jeu de puissance, mais il n'a pas été capable d'aider le deuxième trio à devenir un bon complément à la prolifique première unité composée de Bergeron, Brad Marchand et David Pastrnak.

Nash, un joueur de grande taille capable d'exceller dans plusieurs aspects du jeu et d'être utile au sein de la première unité de l'avantage numérique, apportera autre chose. Il apportera une présence physique au sein d'une formation qui n'en a pas beaucoup à l'exception du quatrième trio, comme l'a fait remarquer l'entraîneur Bruce Cassidy.

« Nous nous attendons à ce que [Nash] fasse de nous une meilleure équipe. Il y a eu des soirs où ça nous manquait d'avoir un attaquant plus costaud comme lui, a déclaré Cassidy. Un marqueur qui a davantage fait des preuves. Nous avons encore des jeunes dans notre formation qui n'ont pas encore été mis à l'épreuve. Nous ne savons pas comment ils réagiront. Lui, il nous permet de compter sur un joueur aguerri. »

C'est une transaction qui fonctionne aussi pour Nash, d'autant plus que celui-ci a fait savoir que Boston se trouvait en tête de liste des équipes où il avait accepté d'être échangé.

« Je voulais aller à un endroit où on voulait de moi et où il y avait d'excellentes chances de tout rafler, a dit Nash. Je trouve que Boston répond parfaitement à ces deux critères. »

Car l'objectif a été révisé à la hausse cette saison. Au début de la campagne, les Bruins semblaient destinés à être une équipe qui allait lutter pour une place en séries éliminatoires de la Coupe Stanley, qui allait devoir se battre pour une place de quatrième as. Ce qu'on a plutôt vu, ce sont des Bruins qui ont peut-être été la meilleure équipe dans la LNH ces derniers mois, comme en témoigne leur fiche de 22-4-4 à leurs 30 derniers matchs.

Mais le chemin est encore parsemé d'embûches. Les Bruins devront éliminer les Maple Leafs et le Lightning pour atteindre la Finale de l'Association de l'Est, ce qui ne sera pas une tâche facile.

Cette équipe pourrait toutefois y parvenir. La direction des Bruins a récemment indiqué qu'elle ne voulait pas déranger la chimie que l'équipe s'était bâtie cette saison, qu'elle ne voulait pas faire obstacle à un contexte qui semblait fort prometteur. Nash voit les choses de la même façon. Il a déclaré dimanche que pour éviter que ça tourne au vinaigre, il continuera tout simplement d'essayer d'être lui-même, qu'il cherchera à travailler discrètement au sein du groupe des Bruins afin d'y trouver sa place.

Il a le sentiment que si ça fonctionne, ça pourrait rapporter d'énormes dividendes.

« Je ne suis ici que depuis cinq minutes et on sent déjà la fébrilité, l'énergie qu'on retrouve au sein d'une équipe gagnante », a dit Nash.

Les Bruins devaient donc tenter le coup. Ils devaient conclure la transaction.

« Ça lance le message que la direction estime que nous sommes une bonne équipe de hockey, et qu'il va nous rendre meilleurs, a affirmé Cassidy. À savoir où tout cela nous mènera, nous ne pouvons que spéculer là-dessus. »

Il fallait conclure la transaction parce qu'il n'y a aucune garantie en ce qui a trait à l'avenir des Bruins. Chara n'est pas éternel. Bergeron aura 33 ans cet été. Viendra un moment où Tuukka Rask brillera moins devant son filet.

Le prix était élevé. Mais, aux yeux des Bruins, c'était un prix qu'ils étaient prêts à payer.

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