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David Desharnais a une drôle de relation avec la pandémie.
D'un côté, elle l'a presque incité à prendre sa retraite, l'été dernier. De l'autre, elle lui a en quelque sorte ouvert la porte pour une participation aux Jeux olympiques de Pékin, alors que le tournoi s'amorce dans dix jours.

« Mes réflexions étaient en lien avec la pandémie, a-t-il expliqué. J'étais loin de la maison, en quarantaine dans un plus petit appartement, nos matchs étaient annulés et on jouait sans spectateurs. Je me demandais si ça me tentait de continuer à jouer dans ce contexte-là. Mais je n'étais simplement pas prêt (à me retirer).
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« Dans un monde normal, il n'y avait aucune, mais aucune chance (que je sois sélectionné). Heureusement, ou malheureusement, on est dans un monde un peu bizarre présentement. La LNH a refusé de participer, donc ça nous donne l'opportunité de représenter le Canada. J'en fais partie et je suis très excité. »
Bien qu'elle semble tombée du ciel, cette occasion ne lui a pas été offerte sur un plateau d'argent. À 35 ans, le petit attaquant québécois continue de produire à un rythme drôlement intéressant - 32 points, dont 13 buts, en 38 rencontres - avec le club de Fribourg-Gottéron, dans la Ligue nationale suisse.
Quatre ans après avoir mis le cap vers la Russie, à Omsk plus précisément, et ensuite vers la Suisse, le natif de Laurier-Station en est à sa troisième campagne dans la petite ville de 40 000 habitants.
« C'est sûr qu'à mes dernières années dans la LNH, j'avais moins d'opportunités offensives et je sortais moins du lot, a-t-il évoqué. J'ai retrouvé cette touche et ma confiance en Suisse, et je peux me faire valoir offensivement. C'est ce qui me rend heureux. »
L'ancien des Canadiens de Montréal a été informé au mois d'octobre qu'il faisait partie de la longue liste des joueurs considérés pour une participation olympique, et il a réussi à tirer son épingle du jeu parmi les quelque 90 candidats restants après le désistement des joueurs de la LNH.
« Cette sélection signifie beaucoup pour moi, a-t-il laissé entendre. Toute ma carrière a été marquée par la persévérance et le fait de ne pas abandonner. C'est juste un autre chapitre. Si j'avais abandonné, l'an dernier, je n'aurais pas eu cette opportunité. »
C'est en plein la raison pour laquelle, même si cette participation olympique implique d'autres sacrifices familiaux et peut-être même des risques de quarantaine en Chine, Desharnais a rapidement eu l'aval de sa conjointe et de sa famille quand il a reçu l'appel du directeur général Shane Doan.
« Oui, c'est un sacrifice, a-t-il reconnu. Mais en même temps, ce n'est pas comme si je partais pour huit mois. C'est assez court et intense. Ils peuvent un peu le vivre avec moi en regardant les matchs à la télévision. Ç'a tout de suite été un oui. »
Prêt à tout
Arrivé dans l'entourage de l'équipe au cours de la fin de semaine, Desharnais commence tout juste à se familiariser avec ses nouveaux coéquipiers. Il ignore toujours le rôle qu'on lui confiera, mais il a déjà pu prendre le pouls et se faire une tête sur ce que sera l'ADN de cette formation.
« Au-delà du talent, Équipe Canada est toujours très structurée et travaille fort, a-t-il expliqué. Nous avons de très bons jeunes et de très bons vétérans. Ce n'est pas le talent de la LNH, mais on compte sur un bon mélange. Il faut essayer que ça clique au bon moment. »
Avec les protocoles imposants en lien avec la pandémie, le Québécois et ses compatriotes savent qu'ils doivent être prêts à toute éventualité. Ils font d'ailleurs déjà face à de l'adversité alors que l'entraîneur-chef Claude Julien a dû céder son poste à Jeremy Colliton en raison d'une blessure subie à l'entraînement.
C'est le premier test d'une série de plusieurs qu'ils ont hâte de relever.
« C'est un obstacle sur notre parcours, et on va en avoir plus, a-t-il conclu. Que ce soit avec la COVID ou avec d'autres blessures. C'est malheureux pour Claude, mais on doit continuer à avancer. On va essayer de le rendre fier. »