On peut d’abord expliquer ce changement par le développement rapide de la DEL, meilleure ligue professionnelle du pays. Seider et Stützle y sont passés avant de faire le saut dans la LNH.
Mais le travail qu’a effectué Marco Sturm avec l’équipe nationale y est aussi pour quelque chose. L’actuel entraîneur-chef des Bruins a été DG de la sélection allemande de 2015 à 2018, un mandat qui s’est conclu avec la conquête de l’argent à PyeongChang.
« J’ai simplement essayé de bâtir la fondation, a-t-il expliqué. Je pense que, pour moi, c’était la chose la plus importante : commencer par arriver à l’aréna, instaurer une routine quotidienne et de bonnes habitudes d’entraînement. Il y a beaucoup d’éléments à considérer, sur la glace comme à l’extérieur. Je crois que le plus important, pour moi, a été de changer un peu la culture et de leur donner des lignes directrices, une façon d’être une équipe ou une fédération de hockey professionnelle. C’est quelque chose que j’ai amorcé et qui a très bien fonctionné.
« Je pense que c’est ce dont ils avaient besoin. Ils avaient besoin de quelqu’un pour leur donner un cadre et mettre les choses en marche dans la bonne direction, puis nous avons ajouté d’excellents éléments, pas seulement au sein du département hockey, mais aussi dans d’autres sphères. Et bien sûr, la médaille d’argent a aidé elle aussi. Les commandites, les médias. Ça a pris un peu de temps, mais ça a définitivement, définitivement pris beaucoup d’ampleur. »
Peu importe les changements, toutefois, une chose demeure constante dans le hockey allemand : l’éthique de travail.
« C’est quelque chose dont nous avons toujours été fiers, a souligné Draisaitl. C’est vraiment ce sur quoi on s’appuie toujours. C’est l’objectif à atteindre. On a beaucoup de talent et aussi une certaine puissance grâce à nos joueurs vedettes, ce qui va évidemment aider, mais au bout du compte, on va se rendre là-bas et travailler fort. »
L’Allemagne continue de bâtir son programme national. Selon la Fédération internationale de hockey sur glace (IIHF), on compte 16 552 joueurs masculins au niveau mineur (du niveau moins de 8 ans jusqu’aux moins de 20 ans) en Allemagne, un pays qui compte environ 84 millions d’habitants. Les infrastructures doivent toutefois être améliorées : l’Allemagne possède 143 arénas intérieurs et 76 patinoires extérieures aux dimensions de l’IIHF.
À titre de comparaison, la Finlande, pays beaucoup plus petit, mais vraiment passionné de hockey, compte environ 5,6 millions d’habitants, mais on y dénombre 34 847 joueurs masculins au niveau mineur, ainsi que 300 arénas intérieurs et 280 patinoires extérieures aux dimensions de l’IIHF.
Malgré tout, avec les succès continus et de plus en plus de joueurs devenant des vedettes dans la LNH, il y a toujours l’espoir que l’intérêt grandisse pour la prochaine vague de joueurs allemands.
« Le hockey ne dépassera jamais le soccer chez nous. Ça n’arrivera jamais, a dit Draisaitl. Mais si on peut trouver une façon d’impliquer plus de gens, d’attirer plus de partisans, de donner envie à plus d’enfants de prendre un bâton de hockey plutôt qu’un ballon de soccer, alors on aura fait notre travail. On est donc emballés par tout ça et, espérons-le, il y aura encore plus à venir dans le futur. »