SPLIT HALAK BYFUGLIEN BADGE CHAUMONT

WINNIPEG – Dustin Byfuglien n’avait jamais renoué avec les partisans des Jets depuis sa décision d’accrocher ses patins à la fin de la saison 2018-2019.

Invité à représenter les Jets pour un match des anciens contre les Canadiens de Montréal le samedi soir et de retour le dimanche pour procéder à la mise au jeu protocolaire avant la Classique Héritage au Princess Auto Stadium, Byfuglien a reçu deux ovations monstres en deux jours.

Les partisans des Jets ne l’ont pas oublié. Et l’Américain, qui n’a rien d’un moulin à paroles devant les journalistes, a choisi d’écrire un mot via les réseaux sociaux des Jets pour exprimer sa gratitude avant son départ de la capitale du Manitoba.

Cette dose d’amour qui a frappé Byfuglien a probablement fait revivre des souvenirs à Jaroslav Halak. Le gardien slovaque n’a pas joué huit ans à Montréal, comme le gros défenseur ou ailier l’a fait à Winnipeg, mais il a aussi marqué l’histoire récente de son équipe.

Le 27 mai dernier, Halak a porté le flambeau avant le quatrième match de la finale de l’Est entre le CH et les Hurricanes au Centre Bell. Il a marché vers l’enceinte en tenant la torche de sa main droite avant de saisir une pancarte d’arrêt avec le nom de Dobes, un clin d’œil aux séries de 2010.

« C’était bien. J’ai revécu bien des souvenirs ce soir-là, a dit Halak samedi, après l’entraînement matinal des anciens du Tricolore au Canada Life Centre. J’étais heureux de reporter ce chandail. La foule chantait au Centre Bell. C’était génial. »

« Je n’avais aucun problème à faire mon entrée avec cette pancarte. Jakub jouait tellement bien durant les séries. Je me disais ‘pourquoi pas?’ »

Halak n’était toutefois pas convaincu de prendre la route de Montréal au printemps dernier.

« Quand ils m’ont demandé de porter la torche, j’ai un peu hésité avant de dire oui, a-t-il convenu. Ma femme m’a convaincu de le faire. Elle m’a un peu poussé. Mais elle avait raison. C’était tout un honneur pour moi. À ma visite au Centre Bell, ils m’ont aussi demandé si je voulais jouer le match des anciens à Winnipeg. J’ai réfléchi à cette offre. Je n’avais pas joué depuis trois ans. Mais j’ai joué un match durant l’été pour souligner la retraite de Zdeno Chara. Je me suis entraîné un peu. »

Héros du printemps de 2010, où le CH a subi l’élimination en finale de l’Est contre les Flyers de Philadelphie, Halak a réalisé une fois de plus qu’il gardera toujours un lien avec Montréal. 

« C’est toujours flatteur. Après plusieurs années, les gens de Montréal me parlent encore de ce parcours en séries. Ils n’ont pas oublié. Je me suis fait repêcher par les Canadiens. C’était ma première équipe dans la LNH. Je n’ai finalement pas joué très longtemps à Montréal, mais c’est de ce passage qu’on me parle le plus. »

CAR@MTL: Halak enflamme le Centre Bell avant le match no 4

« Montréal est un marché difficile, probablement encore plus pour un gardien, a-t-il poursuivi. Mais c’est aussi une ville géniale. Quand tu joues bien, les partisans te donnent beaucoup d’amour. Quand tu ne joues pas bien, ils te le disent. Ça fait partie du hockey. »

En 2010, Halak avait ravi le poste de numéro un à Carey Price, un autre jeune gardien à cette époque. Seize ans plus tard, le Tricolore mise encore sur deux jeunes loups en Jakub Dobes et Jacob Fowler.

Questionné à savoir s’il avait un conseil à offrir à Dobes ou Fowler, le Slovaque de 41 ans a opté pour un discours assez classique.

« Tu dois faire le même boulot, peu importe pour qui tu joues dans la LNH, a-t-il rappelé. Tu dois bloquer des rondelles. Ça ne sert à rien de se mettre trop de pression. C’est important de s’amuser. Ça peut sonner simpliste, mais c’est la réalité. Les saisons sont longues, il y a toujours des hauts et des bas. »

Un papa de deux gardiens

À la retraite depuis la fin de la saison 2022-2023, Halak habite maintenant dans la région de Boston. Et il ne reste jamais trop loin d’un aréna.

« Je coache mes enfants au hockey. J’ai une fille (Inna) de 13 ans et un garçon (Nathan) de 10 ans. Les deux jouent à la position de gardien. J’aime les regarder, mais je trouve ça stressant aussi. Je ne veux pas les voir se faire déjouer. »

« Comme ancien gardien, il y a une phrase que je ne voulais pas entendre de mes enfants: papa, je veux devenir un gardien! Mais ils me l’ont demandé. Mon garçon est un gardien depuis cinq ans et ma fille l’est depuis deux ans. Je peux leur enseigner bien des trucs. »

Après Montréal, Halak a joué pour six autres équipes de la LNH : les Blues de St. Louis, les Capitals de Washington, les Islanders de New York, les Bruins de Boston, les Canucks de Vancouver et les Rangers de New York.

Sa femme et lui ont décidé de s’établir au Massachusetts, mais ils retournent tous les étés dans leur pays natal, la Slovaquie.

Quand il pose les pieds à Bratislava, il saisit encore plus l’ampleur de Juraj Slafkovsky chez lui.

« Juraj est le meilleur joueur de la Slovaquie. Il a été choisi au tout premier rang du repêchage par Montréal (2022). C’était gros pour notre pays. Je ne lui souhaite que du succès. Il s’améliore, il reste un jeune attaquant. Mais à mes yeux, il a encore un potentiel encore inexploré. »