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GATINEAU – Par leur simple présence au Match des espoirs de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec (LHJMQ) cette semaine, Carter Meyer et Jamie Glance illustrent bien le changement qui s’opère dans le hockey junior canadien.

Il y a quelques années à peine, l’idée de voir deux attaquants américains – de potentiels choix de premier tour au prochain repêchage de la LNH – choisir de poursuivre leur développement au Québec après leur passage au sein du programme de développement de l'équipe nationale de USA Hockey aurait semblé impensable.

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Mais avec le changement des règles d’admissibilité à la NCAA, il s’agit bel et bien d’une nouvelle voie pour les Américains qui souhaitent prolonger leur parcours junior avant de passer dans les rangs universitaires.

« Je crois que ça va gagner en popularité », a dit Glance, qui s’aligne avec les Sea Dogs de Saint-Jean. « C’est une excellente option pour les joueurs qui sont à la recherche d’une année de développement supplémentaire au niveau junior. »

Les deux grands amis ont évolué dans la même équipe, l’an dernier, et ont tous les deux décidé de traverser la frontière plutôt que d’immédiatement faire le saut avec l’Université de Boston, avec laquelle ils ont un engagement. En faisant cela, ils veulent peaufiner leur jeu avant de passer à la prochaine étape. Et ils se sont rapidement hissés parmi l’élite de la LHJMQ.

Avec 19 points en 14 matchs, Glance est le meilleur pointeur des Sea Dogs, tandis que Meyer partage le deuxième rang des marqueurs des Remparts de Québec avec 15 points en 13 rencontres. 

« Je suis toujours en adaptation », a souligné Meyer, qui évolue avec son frère Freddy dans la vieille capitale. « C’est une bonne ligue. Il y a beaucoup de talent et d’habiletés, et les gars jouent dur. […] J’ai parlé avec Jamie du niveau de jeu et du style plutôt physique de la Ligue. »

Il est certain que l’arrivée croissante d’Américains dans la LHJMQ ne fait pas l’affaire de tous. Quelques observateurs ont d’ailleurs souligné que les joueurs québécois étaient en minorité au Match des espoirs : 21 des 40 joueurs invités sont nés à l’extérieur du Québec.

Mais pour certains dirigeants de la LHJMQ, cet apport de talent rehausse le niveau de compétition et peut aussi profiter aux joueurs québécois dans leur développement. 

« Il y a beaucoup de positif par rapport à l’arrivée de ces joueurs-là », a commenté l’entraîneur et directeur général des Saguenéens de Chicoutimi, Yanick Jean. « Il faut comprendre qu’ils vont rendre les Européens et les Québécois encore meilleurs. D’être mis au défi, d’avoir de l’adversité, c’est bon pour eux. »

Jean et Serge Beausoleil, l'entraîneur des Olympiques de Gatineau, avaient d’ailleurs discuté longuement de la question la veille – « on a refait le monde », a blagué ce dernier – et les deux hommes partageaient le même point de vue. 

« Le talent est beaucoup plus dense, et il y a beaucoup plus de profondeur dans les équipes, spécialement à l’attaque, a souligné Beausoleil. Ultimement, plus on attire de talent, plus la ligue gagne en excellence. Il faut continuer d’aller dans cette direction.

« Je pense que les joueurs québécois se nourrissent de cette compétition-là. C’est le fun pour eux de jouer avec des joueurs au talent élevé. Ça apporte tellement la game à un autre niveau. »

Pour Meyer et Glance, ces importants changements comportent une part de risque, particulièrement à quelques mois du repêchage de la LNH. Mais ils ont rapidement obtenu des responsabilités importantes qui leur donnent l’occasion de poursuivre leur développement tout en se faisant valoir aux yeux des recruteurs.

« C’est un gros risque de prendre une décision comme celle-là dans une année aussi importante, mais en parlant à mon entourage, il était clair que c’était le mieux pour mon développement, a conclu Meyer. Je peux continuer à bâtir mon jeu et à trouver la constance à chaque match. Ça se passe très bien jusqu’ici. »