RALEIGH, Caroline du Nord – Les mêmes mots résonnaient aux quatre coins du vestiaire plutôt silencieux des Hurricanes de la Caroline : « Pression… Échec avant… Vitesse… Robustesse. »
On aurait cru avoir reculé le temps de quelques jours, quand les hommes de Rod Brind’Amour expliquaient les raisons de leurs succès face aux Canadiens de Montréal en finale de l’Est. Mais cette fois, ils utilisaient ces mots pour décrire la façon méthodique par laquelle ils ont été battus par les Golden Knights de Vegas.
Pas de doute, ils ont goûté à leur propre médecine dans ce revers de 5-4 en lever de rideau de la finale de la Coupe Stanley.
« Ils sont forts en échec avant, a décrit le capitaine Jordan Staal. Ils lisent bien le jeu, ils sont sur nos gars et ils réussissent à créer des revirements dans des zones différentes de celles auxquelles nous sommes habitués. On doit évidemment nous ajuster et mieux réussir à sortir de notre zone. »
Tout était pourtant sous contrôle en début de rencontre lorsqu’ils ont pris deux buts d’avance.
Les Hurricanes ont dominé exactement de la manière dont ils l’ont fait tout au long de leur parcours presque sans faille. Ils ont marqué rapidement, obtenu des surnombres et empêché l’adversaire de jouer en possession de la rondelle. Un copier-coller de ce qu’on avait vu contre le Tricolore.
Ça n’a toutefois pas duré. Les Golden Knights ont pris l’ascendant à partir de la deuxième période.
« Ils nous ont forcés à causer des revirements, a expliqué Brind’Amour. Nous n’avons pas particulièrement bien géré la pression. Et parfois, il n’y avait même pas de pression. Nous avons pris de mauvaises décisions avec la rondelle, et ils en ont profité.
« Vous savez, ils font ce qu’on essaie de faire. Ils sont toujours sur le porteur de la rondelle, et ils ont de gros joueurs. Ils ont commis des erreurs quand on a réussi à établir notre pression sur eux tandis qu’on en a fait trop quand ils ont appliqué leur pression. C’est l’histoire du match. »
Après trois séries contre des adversaires qui n’avaient pas particulièrement les outils pour rivaliser avec eux dans ces départements, il semble que les Hurricanes aient finalement trouvé chaussure à leur pied. Ils n’auront d’autre choix que de gagner ces batailles s’ils veulent se donner une chance.
« C’est une équipe complètement différente de celles que l’on a affrontées, a relevé Brind’Amour. Ça fait peut-être partie de l’équation. Nous devons nous mettre à leur vitesse. On sait maintenant à quoi s’attendre. »
Invisibles, ou presque
Il faudra aussi qu’ils puissent compter sur le réveil offensif de leur premier trio – Sebastian Aho, Andrei Svechnikov et Seth Jarvis. Les trois complices ont été plutôt inefficaces et ils ont concédé un but, celui de William Karlsson qui a procuré aux Knights leur première avance du match en deuxième.
« Tout le monde doit bien jouer si tu veux gagner à ce stade-ci, a sévèrement lancé Brind’Amour. C’est aussi simple que ça. Nos meilleurs joueurs doivent se retrouver sur la feuille de match. Il faudra que ça se produise si nous voulons atteindre notre objectif. »
Ce qui est inquiétant pour les Hurricanes, c’est que les trois attaquants font partie intégrante de la première vague d’avantage numérique – elle aussi à plat. Les Canes ont vu leur efficacité sur le jeu de puissance chuter à 12,1% en séries, en étant blanchis deux fois dans ce premier match.
Le problème dure depuis longtemps, mais ils ont rarement eu besoin de buts pendant ce parcours. Si le premier match est une indication du reste de la série, ça risque d’être différent face aux Knights.
« Ça n’a pas été génial (en avantage numérique), a conclu Staal. Nous n’avions pas l’air aussi dangereux qu’eux. Nous devons être meilleurs, ce n’est pas une question. Nous pouvons en donner plus. On a eu quelques occasions, mais notre exécution était loin d’être au rendez-vous. »




















