ARLINGTON, Virginie – Le défi d’Antoine Keller n’aurait pu être plus ardu.
La France accusait un retard de 6-1 sur le Canada au tour préliminaire des Jeux de Milano Cortina. À la recherche d’une étincelle, l’entraîneur Yorick Treille a envoyé Keller devant le filet des Bleus pour amorcer la troisième période. Après seulement 20 secondes de jeu, voilà que Connor McDavid filait seul devant le jeune Français.
« Ce n’est pas facile d’entrer dans le match de cette manière, mais j’ai essayé de faire de mon mieux », a raconté Keller lors du camp de perfectionnement des Capitals de Washington au début du mois.
McDavid a finalement glissé la rondelle derrière la jambière gauche de Keller à l’aide d’un tir du revers pour porter l'avance du Canada à 7-1. Keller a terminé le match avec neuf arrêts sur 13 tirs et la France s’est inclinée 10-2.
En trois apparitions à Milan, le choix de septième tour des Capitals aura présenté un dossier de 0-1-0 avec une moyenne de 4,58 buts alloués par match et un taux d’efficacité de ,885. Malgré des résultats mitigés, Keller considère que cette expérience olympique a été le moment le plus marquant de sa saison et, surtout, une étape importante de son développement.
« J'ai beaucoup aimé l'expérience, a-t-il soutenu. C'était fou d'être dans le village olympique et d'affronter les meilleurs joueurs du monde. C'était peut-être la meilleure équipe que le Canada a eue depuis plusieurs années, alors j'étais plutôt emballé de l'affronter. »
Keller a également représenté la France dans la Division IA au dernier championnat mondial de l’IHF, aidant son pays à terminer en troisième place en présentant une fiche de 1-1-0 (1,96 ; ,911) en deux matchs pour couronner une deuxième saison professionnelle qui s'était amorcée avec un bref séjour chez les Stingrays de la Caroline du Sud, le club-école des Capitals dans la ECHL. Il n'a joué que quatre matchs avec les Stingrays, affichant un dossier de 2-2-0 (3,54 ; ,881) avant de recevoir l'autorisation des Capitals pour se joindre au HC Ajoie en Ligue nationale suisse (NL), afin d'être plus près de chez lui pour « des raisons familiales ».
« J'ai demandé (aux Capitals) si c'était possible et ils m'ont dit oui, a expliqué Keller. J'ai donc saisi l'occasion. Je jouais à environ deux heures de ma ville natale (Dijon), alors je pouvais passer du temps avec ma famille aussi souvent que possible. »
Keller a compilé une fiche de 4-7-1 (3,05 ; ,905 ; 1 bl.) en 14 matchs avec Ajoie la saison dernière. Il est encore sous contrat avec l’équipe pour la saison 2026-27, mais il espère ensuite revenir en Amérique du Nord.
« J'ai 21 ans. C'est plutôt jeune pour un gardien, a noté Keller. Ce sera ma troisième saison professionnelle et je vais jouer dans une ligue très compétitive. Alors je prendrai du temps pour me développer en Suisse, puis j'espère obtenir une autre chance ici ensuite. »
Olaf Kolzig, l'ancien gardien des Capitals qui travaille aujourd'hui au sein du département de développement des joueurs, a souligné la patience de l’équipe de ses gardiens et réitéré que ses collègues et lui comprenaient très bien sa demande d’évoluer à Ajoie la saison dernière.
Il est toutefois d’avis qu’un retour en Amérique du Nord serait idéal pour le développement de Keller, qui devra éventuellement s’adapter aux patinoires nord-américaines pour mieux fermer les angles.
« Nous devons travailler sur certaines choses quant à sa technique, et nous avons besoin qu'il soit ici pour le faire, a dit Kolzig. Cela dit, les circonstances dans sa famille l’ont forcé à quitter prématurément la Caroline du Sud et nous l’avons donc observé de loin.
« Antoine n’a que 21 ans, et il y a déjà beaucoup de choses à aimer de lui. »



















