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L'analyste des matchs du Lightning de Tampa Bay Phil Esposito était au téléphone depuis New York mercredi matin, à quelques rues du Madison Square Garden.

Le Lightning, une équipe qu'Esposito a cofondée en 1990, allait amorcer dans quelques heures la finale de l'Association de l'Est contre les Rangers de New York et finalement s'incliner 6-2.
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Esposito a été directeur général des Rangers de juillet 1986 jusqu'en mai 1989, après avoir porté les couleurs de New York de 1975 à 1981.
Mais la loyauté de celui qui a été intronisé au Temple de la renommée du hockey en 1984 n'est pas partagée.
« Voici comment j'ai toujours vu ça, a lancé Esposito. Si le Lightning n'était pas en séries et que Boston, New York ou même Chicago y étaient, je me rangerais probablement derrière eux. Mais si le Lightning est du tournoi printanier, je suis derrière cette équipe. Point final. »

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C'est avec les Black Hawks de Chicago qu'Esposito a commencé sa carrière de 18 saisons et 1282 matchs, disputant quatre campagnes avec eux de 1964 à 1967. Il est surtout connu pour ses huit saisons avec les Bruins de Boston de 1967 à 1975. Avec les Big Bad Bruins, il s'est imposé comme l'un des meilleurs francs-tireurs de la LNH, remportant la Coupe Stanley à deux reprises.
Esposito a joué ses 422 dernières rencontres avec les Rangers pendant presque six saisons complètes de 1975 à 1981. Il s'est amené dans la Grosse Pomme avec le défenseur Carol Vadnais le 7 novembre 1975 dans une transaction monstre qui a permis aux Bruins de mettre la main sur le joueur de centre Jean Ratelle et les défenseurs Brad Park et Joe Zanussi.
Esposito a occupé tous les rôles lors des balbutiements du Lightning, qui a joué sa première saison en 1992-93 : collecteur de fonds, président, directeur général, directeur du marketing, représentant aux partenariats corporatifs et vendeur de billets.
Il a fait partie de l'équipe de diffusion des matchs du Lightning pour ses conquêtes de la Coupe Stanley en 2004, 2020 et 2021, et il ne se gêne pas d'afficher son allégeance aujourd'hui.

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Esposito s'émerveille devant la possibilité que le Lightning réussisse une troisième conquête consécutive, un exploit qu'on n'a pas vu depuis que les Islanders de New York l'ont fait de 1980 à 1982, avant d'ajouter un quatrième championnat en 1983.
« Je suis époustouflé que nous soyons ici, car c'est très, très difficile », a-t-il dit au sujet du Lightning. « On semble oublier - les médias en tout cas - que ces gars-là ont joué beaucoup de hockey sur une courte période de temps.
« La saison dernière, ils ont fini le 8 juillet et recommencé en septembre (le camp d'entraînement a commencé le 21 septembre). Ils ont eu la moitié du mois de juillet de congé, puis tout le mois d'août, et ils ont ensuite dû se préparer pour le camp.
« Lors de notre deuxième conquête de la Coupe à Boston (en 1972), nous avions terminé le 11 mai. Nous avions donc eu des vacances pendant la deuxième moitié de mai jusqu'à la première moitié de septembre. »

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(Ce qu'Esposito ne mentionne pas, c'est qu'il s'est rapporté à Toronto à la fin du mois d'août cet été-là pour le camp d'entraînement du Canada en vue de l'historique Série du siècle 1972, le duel de huit matchs en septembre entre une équipe d'étoiles de la LNH et une autre composée des meilleurs joueurs de l'Union soviétique au cours duquel il a été le meilleur joueur de son pays).
« Aujourd'hui, les joueurs sont très bien payés, il n'y a aucun doute là-dessus, a-t-il poursuivi. Mais ils n'ont pas la chance d'avoir autant de plaisir que nous à l'extérieur de la glace. Les gens les prennent toujours en photo avec leur téléphone. Je ne sais pas s'ils peuvent aller aux toilettes sans que quelqu'un les prenne en photo. »
Esposito repense à l'édition 2018-19 du Lightning, l'équipe gagnante du trophée des Présidents en vertu d'une saison de 128 points qui a été balayée en première ronde par les Blue Jackets de Columbus. Depuis, Tampa Bay a conservé un dossier de 40-17 et remporté 10 séries consécutives, soulevant la Coupe Stanley deux fois au passage.

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« Nous avons eu notre leçon contre Columbus, a-t-il dit. Nous avons atteint la finale d'association six fois au cours des huit dernières années. On se demandait tous ce qui venait de se produire contre Columbus. Les entraîneurs, eux, se sont assurés que les joueurs ne l'oublient jamais. »
Comme la plupart des observateurs, Esposito considère la finale de l'Est comme un duel entre deux des meilleurs gardiens de la planète : Andrei Vasilevskiy, du Lightning, et Igor Shesterkin, des Rangers.
Shesterkin, qui est finaliste au trophée Vézina cette saison, a sans aucun doute été le meilleur gardien dans le match no 1, réalisant 37 arrêts. Vasilevskiy, qui a gagné le trophée Vézina en 2018-19, a fait face à 34 lancers et accordé six buts pour la troisième fois seulement en 93 parties en séries en carrière.

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« Je ne connais pas très bien Shesterkin, car je l'ai surtout vu à la télévision en séries, a affirmé Esposito. Mais je connais Vasilevskiy par contre. Il est de loin le joueur le plus utile au Lightning. De loin. Et je le dis en tout respect des autres joueurs au sein de cette équipe.
« Vasilevskiy est toujours celui qui fait le gros arrêt au moment opportun. Shesterkin a semblé faire ça dans le match no 7 contre la Caroline en deuxième ronde (37 arrêts dans une victoire de 6-2).
« Mais dans la quatrième partie que nous avons jouée contre la Floride (Vasilevskiy a réalisé 49 arrêts dans un gain de 2-0 qui a éliminé les Panthers), je ne pense pas avoir déjà vu un gardien jouer aussi bien. Jamais. C'est la vérité. »

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Vasilevskiy lui rappelle deux membres du Temple de la renommée : Billy Smith, qui était devant le filet pendant les années de dynastie des Islanders dans les années 1980, et Gerry Cheevers, le gardien de Boston lors des championnats de 1970 et 1972.
Esposito n'a pas voulu offrir de prédiction sur la série, car sa boule de cristal ne lui montre plus rien depuis longtemps.
« Je m'attendais à une série de six ou sept rencontres face aux Panthers. Qui croyait que nous allions gagner en quatre parties? », a-t-il demandé. « Dans le match no 2, quand nous gagné avec quatre secondes à jouer, je pense que ç'a été le coup de grâce.
« Mais je peux dire ceci : il y a deux équipes dans la section Atlantique que nous avons battues et qui sont sur le point de gagner très souvent, et il s'agit de Toronto et de la Floride. »

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Après tout ça, Esposito était sur le point d'aller faire une promenade dans Manhattan. Il ne comptait pas assister à l'entraînement matinal de Tampa Bay au Garden et il ne le fera pas non plus avant le match no 2, ou même à n'importe quel moment des séries.
« Comme joueur, je ne voulais pas participer à l'entraînement matinal, je trouvais que c'était la chose la plus stupide, a-t-il admis. [L'entraîneur] Billy Reay a commencé ça avec les Black Hawks parce qu'il ne voulait pas que nous restions au lit. »
Puis, en riant, il a ajouté : « Bobby Hull et moi enfilions nos patins avec notre habit. Je faisais un tour ou deux, je prenais un lancer et nous retournions au vestiaire. Nous remettions nos souliers et repartions aussi vite. »
Photos: Temple de la renommée du hockey (Blackhawks : Frank Prazak; Bruins : Graphic Artists; Rangers : DiMaggio Kalish); Bruce Bennett, Dougle P. DeFelice, Getty Images