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BUFFALO -Erik Karlsson ne sait pas trop s'il y aura des applaudissements, des larmes, ou une combinaison des deux lorsqu'il va affronter son ancienne équipe pour la première fois samedi.

Quelle réaction lui réservent les partisans? Comment va-t-il réagir à la suite de leur accueil?
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« Ce sera plaisant, différent, et bizarre, j'en suis persuadé », a mentionné le défenseur des Sharks de San Jose au sujet de son match contre les Sénateurs d'Ottawa. « Nous allons voir quelles émotions vont m'habiter.
« Je ne vais pas mentir. J'ai regardé presque tout de suite après la transaction quelle serait la date de notre premier match à Ottawa. Les gens savaient quand ce match allait avoir lieu.
« Ce sera plaisant de retourner là-bas. Il nous reste encore deux matchs avant d'en arriver là, mais ce sera spécial et différent de retourner à Ottawa. »
Autant pour le joueur que pour la ville.
Karlsson fait encore référence à Ottawa comme sa « maison pour toujours ». Son épouse Melinda est originaire de cette ville. Il s'agissait de l'unique domicile qu'il ait connu dans la LNH depuis qu'il avait été sélectionné par les Sénateurs au 15e rang au total du repêchage 2008.
Puis la transaction s'est matérialisée le 13 septembre. Les Sénateurs ont envoyé Karlsson et l'espoir en attaque Francis Perron aux Sharks en retour des attaquants Chris Tierney et Rudolfs Balcers, du défenseur Dylan DeMelo, de l'espoir en attaque Josh Norris, d'un choix conditionnel de premier tour en 2019 ou 2020 et un choix de deuxième ronde en 2019.
Karlsson, âgé de 28 ans, écoule la dernière année de son contrat. Si San Jose lui accorde une prolongation de contrat, Ottawa va recevoir un choix de deuxième ronde conditionnel en 2021, et ce choix pourrait se transformer en choix de première ronde si les Sharks atteignent la Finale de la Coupe Stanley 2019. Si Karlsson se retrouve dans la formation d'une équipe de l'Association de l'Est cette saison, Ottawa recevrait aussi un choix de premier tour avant 2022.
Karlsson a ouvertement pleuré à sa conférence de presse d'adieu à Ottawa, insistant qu'il n'avait jamais voulu partir. Il avait passé la totalité de sa carrière de neuf saisons avec les Sénateurs. Il était leur capitaine. Il avait remporté le trophée Norris à deux reprises et inscrit 126 buts en 627 matchs avec les Sénateurs. Il a aidé l'équipe à disputer une deuxième prolongation dans le septième match de la finale de l'Association de l'Est contre les Penguins de Pittsburgh en 2017.

Il s'agit de choses qui vont toutes le toucher droit au cœur lorsqu'il va sauter sur la glace du Centre Canadian Tire pour le duel entre les Sharks et les Sénateurs samedi.
« Heureusement, je sais un peu à quoi m'attendre, a noté Karlsson. Quand Daniel Alfredsson est revenu à Ottawa pour la première fois avec les Red Wings de Detroit, j'ai passé presque toute la journée qui a précédé le match avec lui. J'ai vu quelles émotions l'ont assailli, j'ai vu à quel point il a tenté de demeurer stable et en contrôle.
« Et maintenant, je vais vivre la même chose. »
Alfredsson, un mentor pour Karlsson avec les Sénateurs entre 2008 et 2013, a quitté Ottawa à titre de joueur autonome sans compensation pour s'entendre avec les Red Wings au cours de la saison morte en 2013. Il a marqué un but et récolté une passe à l'occasion de son retour triomphant à Ottawa le 1er décembre 2013. Mais la victoire de 4-2 de Detroit est passée au second plan derrière l'amour exprimé par la foule de 20 011 spectateurs à l'endroit d'Alfredsson, alors que les cris « Alfie, Alfie! » retentissaient au cours d'une vidéo présentée avant le match qui a rendu hommage à ses 17 saisons avec les Sénateurs.
L'attaquant des Sharks Logan Couture, qui a disputé son hockey junior avec Ottawa dans la Ligue de hockey de l'Ontario, s'attend à ce que la ville embrasse le retour de Karlsson de manière très semblable.
« Je crois qu'ils vont l'applaudir. Et je pense que c'est ce qu'ils devraient faire, a avancé Couture. Je suis persuadé que le divorce n'était pas le dénouement souhaité par les deux parties, mais c'est parfois ainsi que le sport professionnel fonctionne. Il a tout donné pour ces partisans pendant neuf ou dix ans, il a mené cette équipe en finale d'association… ils devraient célébrer son retour. »
Le directeur général de San Jose Doug Wilson, né à Ottawa, est bien d'accord.
« Peu importe les événements qui ont mené à cette transaction, en raison de la manière dont il a joué pendant son passage là-bas et tout ce qu'il a fait pour la communauté, je pense que la ville va respecter ce qu'il a fait, a déclaré Wilson. Il est quelqu'un de spécial. »
Karlsson a connu un lent départ à San Jose, récoltant sept mentions d'aide sans trouver le fond du filet à ses 18 premiers matchs.
Wilson a affirmé que c'était très compréhensible, compte tenu de son changement d'équipe, de fuseau horaire et de style de vie. Il a toutefois été impressionné par l'amélioration affichée par le vétéran défenseur, qui a glané deux buts et six passes à ses six dernières parties.

STL@SJS: Karlsson marque son 1er but avec San Jose

« J'ai trouvé sa situation très similaire à plusieurs niveaux à la mienne lorsque je jouais et que j'ai quitté Chicago après 14 saisons pour atterrir à San Jose, a analysé Wilson. Il s'agissait de la ville natale de mon épouse. Plusieurs choses entrent en ligne de compte : le soutien autour de lui, les habitudes qu'il s'était créées, le fait d'avoir joué toute sa carrière au même endroit, toutes ces choses.
« Nous savions que son intégration allait prendre un peu de temps. Il est un grand joueur. Ce fut très semblable à la situation vécue par P.K. Subban lorsqu'il est débarqué à Nashville. Il lui a fallu un peu de temps. Il représente une importante addition à notre équipe. Nous sommes persuadés que notre meilleur hockey est à venir, et que c'est la même chose pour Erik. »
Karlsson doit se concentrer sur d'autres choses avant que les Sharks ne se dirigent vers Ottawa. San Jose doit d'abord affronter les Sabres à Buffalo mardi (19 h (HE); SNE, SNO, SNP, MSG-B, NBCSCA, NHL.TV), puis croiser le fer avec les Maple Leafs de Toronto mercredi.
« Je ne suis pas le genre de gars qui s'apitoie sur son passé ou qui regarde en arrière, a-t-il expliqué. Je ne suis pas du genre non plus à me demander ce qui aurait pu se passer. Je regarde simplement vers l'avant.
« Je me sens très bien. Mon corps répond bien. Mon jeu commence à prendre forme. Mon corps n'est peut-être pas le même que celui que j'avais à 21 ans, mais je suis un meilleur joueur qu'à 21 ans. »