Lacelle canada 1

WINDSOR, Ontario – William Lacelle se souvient encore de ces moments à regarder Équipe Canada alors qu’il était tout jeune et s'imaginer avec ce chandail sur le dos.

Le Championnat mondial junior. Les Jeux olympiques d'hiver. Les gros arrêts. Les grands moments. La scène sur laquelle chaque jeune joueur canadien rêve de jouer.

Le Québécois de 18 ans participe à la Vitrine estivale du Championnat mondial junior, une occasion en or de faire un pas de plus vers la réalisation de ce rêve.

« C'est un rêve devenu réalité, a dit Lacelle. Je me souviens de mon enfance, quand je regardais le Mondial junior, Hockey Canada, les Jeux olympiques. Je voyais tous ces grands moments se produire. J'ai dit à mon père : "C'est là que je veux être. Je veux jouer pour Équipe Canada." C'est vraiment un rêve devenu réalité et c’est un honneur de pouvoir représenter le pays ici. »

Lacelle figure parmi les gardiens qui tentent de se tailler une place au sein de la formation canadienne en vue du Championnat mondial junior 2027, et il a clairement fait savoir qu'il n'est pas simplement là pour profiter de l'expérience. Il est là pour rivaliser.

C'est une approche qui a défini la majorité de la carrière de Lacelle.

Le gardien natif de Gatineau, qui poursuivra sa carrière à l'Université du Nebraska-Omaha la saison prochaine, a passé sa vie à s'adapter. Lacelle est complètement sourd de l'oreille gauche et sourd à 50 pour cent de l'oreille droite, une réalité avec laquelle il a appris à composer sur la glace et à l’extérieur depuis qu'il a reçu le diagnostic à l'âge de 3 ans.

Lacelle n'a toutefois jamais vu cette situation comme un obstacle. Il la qualifie comme son « superpouvoir », et au fil du temps, c’est ce qui a façonné son style de jeu.

Dans des situations où certains gardiens se fient au son, Lacelle, lui, s’appuie sur sa vision, son intuition et son anticipation. Il observe le langage corporel. Il analyse le mouvement des hanches, des épaules et des yeux. Il étudie le jeu et il travaille en étroite collaboration avec ses défenseurs sur un système de signaux, de contacts avec les yeux et de coups de bâton.

À la Vitrine estivale, ce processus de communication s’est mis en place avec un nouveau groupe.

« Je tente d'apprendre à les connaître un peu, a dit Lacelle. Je l'ai mentionné aux gars et je leur ai dit que nous allions possiblement devoir nous ajuster un peu sur certaines choses. Ils ont tous été très ouverts. Les gars sont incroyables. Ç’a été très facile de m'intégrer dans ce groupe. »

Ce sentiment d’aisance s’est également installé avec les autres gardiens. Lacelle connaît Lucas Beckman (Sénateurs d'Ottawa) et Samuel Meloche (Sabres de Buffalo) depuis de nombreuses années par le biais du hockey au Québec – ils se connaissent depuis l’âge d’environ 10 ans. Il connaît également Jack Ivankovic (Predators de Nashville) puisqu’il l’a côtoyé dans de précédents camps avec Hockey Canada.

« Nous sommes compétitifs, mais nous avons tous appris à nous connaître les uns les autres pendant ce temps, a dit Lacelle. Quand tout le monde se connaît, c'est plutôt facile de bien s’entendre. Nous sommes des gardiens, nous comprenons ce que chacun vit au quotidien. »

Lacelle in tight

L'entraîneur des gardiens du Canada, Dan De Palma, suit Lacelle depuis assez longtemps pour savoir qu'il a mérité sa place dans cette compétition.

« Il est spécial, a dit De Palma. Je crois qu'il est un jeune homme confiant en raison des défis qu'il a dû relever. William n'est pas simplement ici pour l'expérience. Il veut faire partie de l'équipe et il a une chance d’y parvenir. Nous ne prenons pas en considération ces aspects hors du commun. Il est évalué sur sa performance, et il a très bien joué.

« Il est fantastique au camp jusqu'ici, je suis très fier de lui. »

Le rendement de Lacelle lui donne une chance légitime. De Palma a fait l'éloge de son agilité, de son intelligence et de sa capacité à lire le jeu, ajoutant que son jeu de pieds est exceptionnel et qu'il possède « l'éventail complet » des compétences.

Une autre source de motivation pour Lacelle est le fait qu'il n'a pas été sélectionné au repêchage 2026 de la LNH, malgré le fait qu'il occupait le septième rang sur la liste finale du Bureau central de dépistage de la LNH chez les gardiens nord-américains. Lacelle a assisté au repêchage à Buffalo et a vu 224 joueurs être sélectionnés sans jamais entendre son nom. L'expérience lui a fait mal, mais elle n'a pas anéanti ses espoirs pour autant.

« Ça ne va que jeter encore plus d'huile sur le feu, a-t-il imagé. J'ai fait face à de l'adversité toute ma vie, et cela n'est qu'une autre petite embûche sur mon parcours. Je suis convaincu que si je continue à stopper des rondelles, je trouverai mon chemin. »

Lacelle a terminé la saison régulière avec une fiche de 27-17-0, une moyenne de buts alloués de 2,49, un pourcentage d'arrêts de ,917 et sept blanchissages en 45 parties avec l’Armada de Blainville-Boisbriand et l’Océanic de Rimouski dans la Ligue de hockey junior Maritimes Québec en 2025-26. Il a été acquis par l'Armada dans une transaction avec Rimouski le 5 janvier en retour de l'attaquant Rafaël Cloutier, d'un choix de première ronde aux repêchages 2027 et 2028 de la LHJMQ et d'un choix de cinquième ronde en 2026.

Pour Lacelle, la formule est simple.

« Je suis un gardien qui travaille fort chaque fois que je suis sur la glace, a-t-il dit. Je suis un leader silencieux. Je ne suis pas le gars qui est le plus vocal dans le vestiaire, mais je sais que je suis un joueur vers lequel les autres gars dans le vestiaire peuvent se tourner quand les choses ne vont pas bien. Je ne me plains pas. Je baisse la tête et je me mets au travail. Ç’a été ma devise tout au long de ma carrière : travailler plus fort que les autres. »