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QUÉBEC - À travers le repêchage en début de saison, les (trop) nombreuses périodes de quarantaine et le hockey « en bulle », Dawson Mercer est passé par toute la gamme des émotions dans les derniers mois. Et il y en a une en particulier qu'il n'a aucune envie de revivre : celle de la défaite.

L'attaquant des Saguenéens de Chicoutimi a habituellement la mémoire assez courte, mais on sent que le souvenir du revers face aux États-Unis en finale du dernier Championnat mondial junior est encore douloureux. Rien à voir avec celui du triomphe qu'il a vécu à sa première participation, en 2020.
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Maintenant qu'il a accédé au carré d'as des séries éliminatoires de la LHJMQ, le sympathique jeune homme met toutes les chances de son côté pour éviter une autre déception.
« J'ai connu les deux côtés de la médaille, a fait valoir l'espoir des Devils du New Jersey. Je ne veux plus jamais vivre ça et me retrouver du mauvais côté. Je veux être un gagnant. C'est l'objectif que je veux atteindre, et c'est ce pour quoi je travaille aussi fort chaque jour. »
Jusqu'à maintenant, la recette semble fonctionner. Les Saguenéens ont balayé leurs deux premières séries contre le Phoenix de Sherbrooke et l'Océanic de Rimouski, et Mercer mène les siens avec une impressionnante récolte de 13 points, dont six buts, en seulement six rencontres éliminatoires.
C'est exactement ce que la formation saguenéenne avait en tête quand elle a fait l'acquisition du Terre-Neuvien, l'an dernier, en vue des séries éliminatoires qui n'ont finalement jamais eu lieu. Elle peut simplement mesurer son impact avec un léger décalage d'un an.
« On savait exactement ce qu'on achetait quand on est allés le chercher, a indiqué le directeur général et entraîneur-chef Yanick Jean. On connaissait la qualité de l'individu, la qualité du joueur et son ouverture d'esprit. Il continue de progresser dans toutes les phases du jeu, mais on ne le découvre pas. On savait tout ça. »
Parlant de progression, Mercer en a connu toute une au chapitre offensif dans cette rocambolesque saison. Pas qu'il s'était fait discret dans cet aspect au cours des dernières années - loin de là - mais surtout parce qu'il a su maintenir un rythme de production qui lui aurait permis de franchir le cap des 100 points dans une saison complète.
Il a terminé au premier rang des pointeurs de son équipe grâce à ses 36 points, dont 19 buts, en 23 petits matchs et a maintenu la quatrième meilleure moyenne de points par match du circuit (1,57). On a souvent parlé de lui comme d'un joueur complet, mais a-t-on sous-estimé son potentiel offensif?
Le principal intéressé y voit seulement une relation de cause à effet.
« J'ai abordé chaque match en voulant faire mon travail et remplir mon rôle avec l'équipe, a-t-il expliqué. J'ai accordé plus d'importance à mon jeu autour du filet et j'ai travaillé mon tir. Quand je fais ce que j'ai à faire dans ma zone et que j'utilise ma vitesse, j'ai l'impression que mon niveau de jeu grimpe d'un cran.
« Je sais que le fait d'améliorer cet aspect va m'aider pour le futur. Je ne perdrai jamais l'aspect complet de mon jeu, mais je veux aussi être le joueur qui peut marquer des buts, faire des jeux et surprendre la défensive adverse quand je m'en viens contre elle. »
Le présent et l'avenir
La prochaine étape approche justement à grands pas. Après quatre saisons dans le circuit junior québécois - les deux premières avec les Voltigeurs de Drummondville - et deux participations au Mondial junior, Mercer cogne à la porte des rangs professionnels.
Reste à savoir si le choix de première ronde au dernier encan pourra faire le saut avec la jeune formation des Devils, ou bien s'il fera ses premiers pas avec le club-école de l'équipe.
« Je me sens prêt pour ça, a-t-il affirmé. Je veux repousser mes limites au niveau junior et être l'un des meilleurs joueurs tous les soirs. Quand ce sera fait, j'essaierai de me tailler un poste avec les Devils le plus tôt possible. Tout ça dépendra de mon entraînement estival et de ma préparation. »
Mais avant ça, il a une dernière mission à remplir avec les Saguenéens. Et il n'a pas l'intention que cette longue aventure se termine en queue de poisson comme son dernier CMJ.
« On a revu un gars aussi déterminé à son retour du Mondial, a conclu Jean. Dans le monde du hockey, des gars dans sa situation peuvent se dire que ce n'est pas grave et qu'ils vont terminer l'année dans la Ligue américaine. Avec Dawson, on ne pourrait jamais en arriver à ça.
« Il est toujours dans le moment présent et dans un bon état d'esprit. Ça rend tout le monde autour meilleur. »
\Crédit photo: Jonathan Roy/LHJMQ*