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CALGARY – Avec la façon dont s’est terminée son aventure avec la formation canadienne au dernier Championnat mondial junior, Sylvain Favreau aurait aimé avoir la chance de faire amende honorable, cette année.

Malgré l’élimination du Canada en quarts de finale, en janvier, l’entraîneur des Voltigeurs de Drummondville a fait partie des candidats pour le poste d’entraîneur-chef jusqu’à la toute fin. Les dirigeants ont finalement arrêté leur choix sur le vétéran pilote Dale Hunter, qui en sera à sa deuxième présence à ce tournoi.

« De dire que c’est une déception, c’est un grand mot », a dit celui qui était adjoint à Dave Cameron, l’an dernier, en entrevue avec LNH.com. « Est-ce que j’aurais aimé diriger cette équipe-là? Bien sûr. Mais que mon nom soit dans un processus comme celui-là, c’est très, très positif à ce moment-ci de ma carrière. »

Le natif d’Orléans a gravi les échelons au sein des programmes de Hockey Canada, et il était rendu à cette étape majeure dans son cheminement. Avant d’être adjoint avec l’équipe des moins de 20 ans, il a été entraîneur-chef au Défi mondial des moins de 17 ans et adjoint à la Coupe Hlinka-Gretzky.

La suite logique était le poste d’entraîneur-chef. Mais la contre-performance de la formation à Ottawa a peut-être forcé l’état-major à aller dans une autre direction. Favreau, le seul pilote de la LHJMQ au sein du personnel, avait été relégué au poste de troisième adjoint et regardait les matchs depuis la passerelle.

Il a fait ce qu’il pouvait pour aider le Canada à sortir de sa torpeur, mais on en comprend que ce n’est pas lui qui avait le dernier mot sur les stratégies à adopter ni sur les changements à effectuer.

« Le tournoi était près de chez nous, à Ottawa, a amorcé Favreau, qui était adjoint de l’équipe LCH au Défi des espoirs, cette semaine. J’aurais aimé avoir un rôle plus important, mais j’ai fait de mon mieux selon le travail qu’on m’a confié et les directives qu’on m’a données. Je suis même allé au-delà de ce qu’on m’a demandé.

« Que ce soit dans les réunions d’équipe ou sur la glace lors des entraînements, je me donne toujours à cent pour cent. C’est ce que j’ai fait dans les tâches que j’ai eues à cet évènement. »

Son apport a d’ailleurs été reconnu par ses pairs. Scott Salmond, le premier vice-président des opérations hockey de Hockey Canada, s’est même déplacé à Drummondville au printemps dernier pour dresser un bilan du tournoi, d’abord, et pour en savoir plus sur sa potentielle approche comme entraîneur-chef, ensuite.

« On a eu une très longue discussion, a raconté Favreau. Chaque fois que tu fais partie d’un processus, que ce soit avec Hockey Canada ou une équipe professionnelle, ça ajoute à ton bagage. Le but ultime des joueurs est de gravir les échelons jusque dans le hockey professionnel. C’est la même chose pour un coach.

« On peut tirer des leçons de tout ce qui nous arrive dans la vie, que ce soit de belles expériences ou des moins bonnes. Je mets ça dans mon bagage. Ça me fait grandir comme humain et comme entraîneur. »

La patience avant tout

Son tour viendra peut-être un jour. Après tout, il n’en est qu’à sa cinquième saison comme entraîneur-chef dans la LHJMQ – avec les Mooseheads d’Halifax et les Voltigeurs de Drummondville. Avec deux présences en finale et une conquête du trophée Gilles-Courteau à son actif, il continue de faire parler de lui.

On se souviendra qu’il était passé bien près de devenir le pilote du Rocket de Laval, il y a deux ans, quand la direction des Canadiens a finalement embauché Pascal Vincent. Son téléphone a encore une fois sonné cet été, avant qu’il ne signe une prolongation de contrat de deux ans à Drummondville.

« Il y a plusieurs positions dans la Ligue américaine qui se sont ouvertes, a-t-il révélé. Pour moi, l’important n’est pas de faire le saut à tout prix. Ça prend un bon fit pour moi, et pour l’équipe. Je ne l’ai pas encore trouvé. Je travaille très fort pour les Voltigeurs, et je pense que l’occasion viendra éventuellement. »

Favreau a le luxe d’être patient, et la patience est une vertu dans ce métier. Willie Desjardins, qui dirigeait l’équipe de la LCH à ses côtés, en sait quelque chose. Il a été entraîneur pendant 25 ans, dont neuf saisons passées dans la Ligue de l’Ouest, avant de devenir adjoint avec les Stars de Dallas, en 2010.

« Le plus difficile, c’est le boulot quotidien, a commenté l’entraîneur des Tigers de Medecine Hat. Pendant ces 25 années, je ne me concentrais pas sur la LNH. J’ai aimé chaque équipe que j’ai dirigée, et j’aurais été content de rester avec elles pour le reste de ma carrière. C’est tout ce qui importe.

« Tu dois aimer ce que tu fais. Tu dois aimer le processus. J’ai toujours été heureux là où j’étais. »

Favreau l’a manifestement compris. Même s’il a de grandes aspirations, sa tête est à Drummondville. Il sait que c’est avec les succès qu’il connaîtra là-bas qu’il continuera d’attirer l’attention.

« J’essaie de faire les bonnes choses pour les bonnes raisons, a-t-il conclu. Pour développer des joueurs en premier, pas pour le mien. Je pense que j’obtiens une partie de la reconnaissance grâce à ça. C’est comme ça que les gens voient ma progression. C’est comme ça que je reste dans le mix. »

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