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GÖTEBORG, Suède – Il s’est déjà fait plus convaincant comme première impression, mais le Canada a ultimement obtenu ce qu’il voulait : une victoire de 5-2 contre la Finlande en lever de rideau du Championnat mondial junior, mardi, en Suède.

La formation unifoliée a commis plusieurs revirements, pris quelques décisions douteuses et péché par l’indiscipline – elle a écopé de six pénalités – en plus de manquer légèrement d’opportunisme. Elle s’en est tout de même sorti grâce à du jeu plutôt solide en défensive ainsi qu’à forces égales.

« C’est certain qu’il y avait un peu de nervosité dans notre jeu, a reconnu l’entraîneur-chef Alan Letang. C’est la première fois que plusieurs gars de ce groupe portent ce chandail dans un évènement comme celui-ci. Je crois qu’on a bien géré ça. Notre troisième période a été bonne, nous sommes sortis en force. »

Rencontré dans les coulisses du Scandinavium de Göteborg avant qu’il ne soit inondé de nombreux partisans canadiens, l’analyste finlandais Ismo Lehkonen – le père d’Artturi – nous avait prévenus que ce ne serait pas facile puisque cette équipe finlandaise s’annonçait coriace. Il avait raison. 

Les hommes de Lauri Mikkola n’ont pas lâché le morceau et ont affiché une belle assurance, probablement inspirés par la tenue de Niklas Kokko en début de rencontre.

Mais c’est plutôt un arrêt spectaculaire de son vis-à-vis Mathis Rousseau qui a potentiellement changé l’allure du match dès la première période. Le gardien québécois s’est dressé face à Lenni Hameenaho sur une descente à 2-contre-0 grâce à une glissade bien calculée alors que le score était encore immaculé.

« J’étais prêt, a affirmé l’auteur de 24 arrêts. Ce sont dans des moments comme ceux-là, des moments plus durs, que se créent les bons gardiens. Je voulais la rondelle et le reste s’est fait tout seul. »

Quarante secondes plus tard, à l’autre bout de la patinoire, le tir de la pointe de Maveric Lamoureux déviait sur la culotte de Nate Danielson, et le Canada prenait une avance qu’il n’a jamais laissé filer par la suite.

« Ce moment a été énorme pour nous, a commenté Danielson. Ç’a été l’un des moments marquants du match. Le premier but est tellement important. De le voir faire cet arrêt pour nous sauver le derrière, ç’a été un gros boost d’énergie pour l’équipe. »

Owen Allard et Macklin Celebrini ont été les deux autres joueurs à déjouer Kokko pour procurer, chaque fois, une avance de deux buts aux Canadiens. Matthew Poitras et Lamoureux ont quant à eux marqué dans un filet désert en fin de rencontre, un accomplissement parfois plus compliqué qu’il en a l’air.

« Quand j’ai commencé à avancer, j’avais oublié qu’il n’y avait plus de gardiens, a lancé le grand défenseur québécois en riant. Je l’ai réalisé quand j’ai levé la tête et j’ai lancé tout de suite. Je suis passé bien proche de rejeter la rondelle en fond de territoire. »

Aleksanteri Kaskimaki, pour réduire l’écart à 2-1 en deuxième, et le capitaine Jere Lassila, alors que le match était déjà hors de portée, ont assuré la riposte de l’autre côté. Kokko a quant à lui repoussé 26 lancers.

La troupe unifoliée renouera avec l’action dès mercredi alors qu’elle affrontera la Lettonie.

Encore du travail

Sous tension, avec une mince avance d’un petit but, le Canada s’est relativement bien tiré d’affaire en troisième période, jusqu’à ce que Celebrini inscrive son premier du tournoi en insistant devant le filet, à 6:38.

La séquence peu élégante a fait l’objet d’une longue révision vidéo qui a déterminé que la rondelle avait bel et bien traversé la ligne rouge. Ç’a permis à tout le monde de pousser un soupir de soulagement.

« J’ai aimé comment nous avons géré l’adversité à partir de leur but en deuxième période, a soulevé Letang. Ils ont élevé leur niveau de jeu et nous avons joué un peu sur les talons par la suite. Nous devons le réaliser rapidement et revenir à notre style de jeu. »

Disons qu’en incluant le but de la culotte de Danielson, les filets du Canada n’ont pas exactement été des Picasso. L’important, ce n’est pas comment, mais combien. Reste que les gros canons de l’équipe, comme Matthew Poitras et Matthew Savoie, doivent encore prouver qu’ils peuvent être des catalyseurs.

D’un point de vue collectif, on peut affirmer que l’unité de désavantage numérique est à point après qu’elle eut écoulé cinq des six pénalités. Le travail à ce chapitre devra surtout être réalisé en amont.

« On a été chanceux, on ne peut pas tuer des pénalités tout au long du match, a conclu Lamoureux. Certains appels étaient discutables, d’autres étaient mérités. Mais il va falloir faire attention à ça, c’est sûr. »