Pour un spécialiste défensif comme lui, qui ne se fait pas nécessairement remarquer grâce à des jeux spectaculaires, atteindre ce plateau et recevoir une telle reconnaissance pour sa contribution à l’équipe prend une signification particulière.
Danault ne s’attarde pas nécessairement aux chiffres, mais il a pris le temps de savourer ce plateau en prenant un petit pas de recul.
« Ça signifie beaucoup, c’est sûr, a-t-il dit après un court moment de réflexion. J’ai d’autres buts en tête. Je ne m’arrête pas souvent pour y penser, mais ça montre le chemin que j’ai fait. C’est 800 matchs, mais ça n’inclut pas les séries, les entraînements, les séances estivales. Tout ça mis ensemble, ça me rend très fier.
« J’aurais aimé dire que j’ai eu 800 matchs à scorer. Moi, j’ai eu 800 matchs à backchecker (me replier). »
C’est exactement ce qui fait de lui un élément aussi précieux pour le Tricolore. Depuis son retour avec l’équipe, la saison dernière, il a permis à l’équipe d’être plus solide dans son territoire. Avec Jake Evans et du haut de ses 33 ans, il montre la voie à suivre aux jeunes joueurs défensifs de l’organisation.
« Phil a joué une tonne de matchs dans cette Ligue, puis Jake s’est forgé un rôle et sait exactement quel genre de joueur il est, a observé Owen Beck. Je regarde beaucoup leur façon de jouer et leur manière de se rendre aussi indispensables défensivement. Ils savent exactement quand soutenir l’attaque et tenter de générer quelque chose.
« Les détails de leur jeu sont incroyables. J’essaie de m’inspirer d’eux dans ma façon de jouer. »
Pour Danault, c’est simplement la roue qui tourne. Il ne se voit pas nécessairement comme un mentor.
« J’ai l’impression qu’on ne fait que notre travail, a-t-il rectifié. Certains gars sont très bons pour marquer, d’autres pour faire des jeux. On a des défenseurs qui bougent bien la rondelle. Pour Jake et moi, notre gagne-pain, ce sont les moments clés en défensive. Nos détails font la différence défensivement. »
Un but pour une bouteille
Danault n’a pas pu célébrer l’atteinte de ce plateau avec un but, mais il est passé bien près en s’échappant en troisième période. Le gardien Sergei Murashov l’a toutefois privé, lui et la foule, d’un autre beau moment.
Le Québécois peut tout de même se consoler en repensant à jeudi, quand il a brisé la glace contre les Stars de Dallas. Il a inscrit son premier de la saison dans un filet désert grâce à une généreuse passe d’Evans lors d’une descente à 2-contre-0. Cette offrande lui a toutefois coûté quelque chose.
« Ça démontre le genre de leader qu’est Jake, a-t-il fait valoir. Ça en dit aussi beaucoup sur le groupe. Tous les gars étaient contents pour moi. Jake n’y a même pas pensé, je savais qu’il allait me la donner. J’aurais fait la même chose pour lui. Ça démontre son grand cœur.
« Je lui ai quand même offert une bonne bouteille de vin italien pour lui dire merci! »