Jesper Wallstedt s’en souvient encore.
Tard en soirée, ou parfois tôt le matin selon l’horaire, il s’asseyait avec son frère pour visionner un match des Rangers de New York.
Un départ d’Henrik Lundqvist devant le filet, plus précisément.
Ç’a été le début du rêve de Wallstedt, qui souhaitait un jour faire comme son idole et aboutir sur une glace de la LNH.
« C’est l’objectif depuis que je suis petit », a raconté Wallstedt à LNH.com. « Tu rêves. […] De mon côté, ç’a toujours été Lundqvist depuis que je suis petit. J’ai un frère qui a huit ans de plus que moi. Il suivait les Rangers. Nous restions debout dans la nuit, à l’heure de la Suède, pour regarder les Rangers jouer. Le rêve a toujours été d’être comme lui et de gagner ici en jouant dans la LNH. »
Wallstedt y est arrivé.
Mais la route n’a pas été un long fleuve tranquille pour le joueur de 23 ans natif de Vasteras, en Suède – à plus de 6500 kilomètres de son filet chez le Wild du Minnesota.
Jouer dans la LNH à l’adolescence lui semblait tellement lointain que Wallstedt a dû changer sa façon de mesurer ses succès.
« Durant ton parcours, il y a des étapes où tu te fixes de nouveaux objectifs, a-t-il expliqué. Je me suis rendu à Lulea à l’âge de 15 ans, j’ai dû déménager à 10 heures de ma ville natale. Tu débarques là-bas et tu regardes l’équipe (de la Ligue élite de la Suède), puis tu te dis : “Je veux faire comme ces gars-là.”
« Tu joues de plus en plus et tu te retrouves ici, et il y a toujours un nouvel objectif à atteindre. Mais l’objectif principal a toujours été de me rendre ici. Tu n’y penses pas tant que tu n’es pas réellement arrivé ici. »
Le Wild a repêché Wallstedt en première ronde (20e au total) en 2021. C’est la seule fois que le Minnesota a investi un choix de premier tour pour un gardien. Wallstedt est l’un des sept gardiens repêchés en première ronde au cours de la dernière décennie.
Son rang de sélection ne lui garantissait toutefois pas un succès instantané.
Et trois longues saisons avec le Wild de l’Iowa, dans la Ligue américaine de hockey, sont venues avec leur lot de remises en question pour Wallstedt, qui s’est parfois demandé s’il allait toucher à son rêve. Ç’a été particulièrement vrai en 2024-25, quand il a affiché une moyenne de buts alloués de 3,59 avec un pourcentage d’arrêts de ,879.
« J’ai vécu tellement de hauts et de bas durant mon parcours, a dit Wallstedt. J’ai passé trois longues années en Iowa, et ma troisième année a été vraiment difficile. Je me disais : “Vais-je vraiment me rendre là? Vais-je obtenir une autre chance?” Quand tu obtiens une opportunité, tu la saisis. Quand j’ai joué en séries l’an dernier, c’est à partir de ce moment que je me suis dit : “Je pense que je peux composer avec ce rôle.” »
Wallstedt avait déjà un pied dans la porte, mais il l’a ouverte complètement la saison dernière en disputant 35 matchs de saison régulière aux côtés de son compatriote Filip Gustavsson, après avoir disputé cinq rencontres dans la LNH au cours des deux campagnes précédentes.
Il en a joué 10 autres en séries éliminatoires de la Coupe Stanley, s’imposant comme le gardien numéro un du Minnesota au printemps.
Ses succès n’avaient rien de surprenant.
« C’était évident dès le premier jour quand il est arrivé au Minnesota en août dernier », a affirmé Frédéric Chabot, l’entraîneur des gardiens du Wild depuis 2020. « Il était dans la meilleure forme physique que nous avions vue. Il fournissait les efforts. Il a bien paru dès le départ. Il avait un plus grand désir d’être bon. Il n’y a jamais de garantie, mais quand tu fais les efforts et que tu te prépares comme lui, tes chances de succès sont très bonnes. »
Wallstedt a poursuivi sur sa lancée cette saison. Puisque Gustavsson est à l’écart en raison d’une blessure au bas du corps et qu’il n’y a toujours pas d’échéancier pour son retour, le Wild a dû faire appel à Wallstedt très souvent depuis le début de la saison.
Et il n’a pas déçu.
« Il est extraordinaire », a lancé l’ailier Kirill Kaprizov. « Il l’est toujours et il l’était l’an dernier. Ses séries et toute sa saison l’an dernier ont été très bonnes. Cette année, je trouve qu’il a plus de confiance, et quand tu as besoin d’un arrêt de ton gardien, il le fait tout le temps. Parfois, le filet semble abandonné, et il revient rapidement pour faire l’arrêt.
« Il est incroyable. »
Après 15 parties, le Minnesota (9-3-3) est premier dans la section Centrale et dans l’Association de l’Ouest. Wallstedt mène les gardiens pour les matchs joués (13), les départs (13) et le temps de jeu (784:28), et il est deuxième au chapitre des victoires (8-2-3). Il est aussi 10e pour la moyenne (2,14) et le taux d’efficacité (,916).
« Il est vraiment constant », a souligné l’entraîneur John Hynes. « Son jeu est constant, solide. Il voit bien le trafic devant lui. Il est bien positionné devant son filet. Il lit très bien le jeu. Quand il est dans cet état d’esprit et qu’il pratique ce style, il est vraiment constant pour nous.
« Ç’a été une belle expérience pour lui en séries l’an dernier. Il a vécu l’intensité des matchs et des séries, mais il a aussi appris à bien se gérer de match en match, sur le plan de l’énergie et le plan mental. Ç’a été une grosse étape pour lui. »
Aujourd’hui, Wallstedt est devenu un gardien numéro un incontesté.
Et peut-être qu’un jour, comme lui, de jeunes Suédois vont se coucher tard pour suivre ses matchs à la télévision.
« Je ne pense pas aussi loin, a affirmé Wallstedt. J’ai des amis, de la famille, des voisins et des enfants à la maison qui sont toujours heureux de me voir et de me parler quand je rentre. Je sais qu’ils sont à la maison. J’apprécie tous ceux qui me regardent et qui veulent être comme moi, mais je pense que c’est de penser trop loin.
« Je préfère m’assurer de me concentrer sur chaque journée pour gagner des matchs.
« C’est mon objectif principal. »




















