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MONTRÉAL – Tous les éléments étaient réunis pour que la soirée de Samuel Montembeault dérape complètement, mardi, au Centre Bell.

En plein cœur d’un début de saison difficile, le gardien québécois a cédé trois fois sur les six premiers tirs des Flyers de Philadelphie. Après 7:50, les Canadiens étaient déjà sur le respirateur artificiel, et son adjoint Jakub Dobes – toujours invaincu en six matchs – était assis au bout du banc à regarder ce triste spectacle.

Le portier n’était pas le seul à blâmer. Le premier but était une habile déviation à quelques pieds de lui et les deux autres ont été marqués sur le jeu de puissance, dont un lors d’un 5-contre-3.

« Ma tête tournait pas mal, je pensais beaucoup, a décrit Montembeault après la défaite de 5-4 des siens en fusillade. Il n’y a rien que je pouvais faire. C’était 3-0, je devais juste essayer de respirer. Martin (St-Louis) m’a permis de rester dans le match et je voulais en profiter. Je n’avais plus rien à perdre vraiment. »

Puis, quand Noah Cates a décoché un « tir » d’une distance de 92 pieds, quelques amateurs en ont ajouté une couche en applaudissant le gardien en dérision après son arrêt. Un but de plus et la marmite débordait.

« C’est un peu le marché, avec les hauts et les bas, a relativisé St-Louis. Des fois, il faut que tu prennes les bas. Quand j’entends ça, j’ai de l’empathie, c’est sûr. J’espère qu’il est capable de faire confiance à sa préparation et de rester dans sa bulle. Ce n’est pas facile, mais il n’y a rien de facile. »

« Ce n’est pas le fun à entendre même si ce n’est pas toi qui es impliqué, a souligné l’attaquant Zachary Bolduc. Sam a démontré du caractère et une belle force mentale. Il nous a aidés tout au long du match. »

Malgré le potentiel explosif de la situation, Montembeault s’est retroussé les manches. Et pas à peu près.

Il a repoussé les 31 tirs subséquents, permettant au passage à ses coéquipiers d’effectuer une remontée improbable, et même de prendre les devants 4-3 en deuxième période. Il a finalement accordé le but égalisateur à Nikita Grebenkin en milieu de troisième période. Au volume, les Flyers ont fini par l’avoir.

En excluant le faux départ, pour le bien de l’exercice, Montembeault n’a cédé qu’une fois sur 36 lancers. Il a réussi plusieurs arrêts spectaculaires – on pense à celui face à Owen Tippett en échappée ou aux deux de suite qu’il a réservés à son ancien coéquipier Christian Dvorak à la toute fin de deuxième période.

PHI@MTL: Montembeault effectue un bel arrêt contre Christian Dvorak

On pourrait aussi ajouter les fois qu’il a frustré Garnet Hathaway, Trevor Zegras et Travis Konecny en troisième, puis Sean Couturier à bout portant en prolongation. Chaque fois, ou presque, la foule a scandé son nom comme pour se faire pardonner. On appellera ça le paradoxe montréalais.

« Ç’a fait du bien d’avoir leur soutien, a dit l’homme masqué avec le sourire. Depuis le début de la saison, ça n’a pas toujours été facile. J’ai été capable de rester dans le match et de faire de bons arrêts. […] C’est le mieux que je me suis senti techniquement cette saison. »

C’est peut-être bien ce que ça lui prenait pour se remettre sur les rails. Il a non seulement retrouvé le niveau de jeu qu’on lui connaît, il l’a fait alors que la pression était à son plus haut.

« Il a montré toute sa résilience, a fait valoir Lane Hutson. C’est lui qui nous a volé le point, ce soir. Il a fait face à plusieurs lancers. En retard par trois buts, c’était difficile pour lui de rester dans le match. Mais il l’a fait et il s’est bien battu pour nous. Ç’aurait été à nous d’aller chercher la victoire pour lui. »