Savard closeup badge Chaumont

NASHVILLE – Il y a une tonne de distractions dans la capitale du country. À un jet de pierre du Bridgestone Arena, il y a la célèbre rue Broadway où des bars comme le Tootsie’s et le Robert’s Western World vibrent au rythme de la musique du matin jusqu’au petit matin.
 
Mais à l’intérieur du domicile des Predators, on cherche à s’éloigner des bruits et de la folie de Nashville. À quatre jours de la date limite des transactions dans la LNH (8 mars), David Savard sait qu’il y aura des rumeurs à son sujet. Une réalité qui ne semble pas trop le déstabiliser.
 
« Je n’y pense pas, a dit Savard à sa sortie d’un entraînement au Bridgestone Arena, lundi. Comme je l’ai déjà dit dans le passé, ce n’est pas une chose que je suis beaucoup. Je sais qu’on va en parler et qu’il y aura des rumeurs. Mais pour moi, ça ne change rien. Je garde la même vision. Je suis ici et je veux être encore ici. J’espère que ça se poursuivra. »
 
Dans les heures qui ont suivi l’échange de Sean Monahan avec les Jets de Winnipeg le 2 février dernier, Kent Hughes n’avait pas fermé la porte complètement à la possibilité de se départir de Savard.
 
Le directeur général des Canadiens aura toutefois besoin de recevoir une offre mirobolante afin de l’échanger. Le défenseur à la grosse barbe est l’un des rares vétérans au sein de cette équipe et il sert de professeur pour plusieurs des jeunes défenseurs. À un salaire de 3,5 millions cette saison et encore l’an prochain, Savard n’a rien d’un boulet financier.
 
« David a une grosse valeur pour notre équipe, a affirmé Martin St-Louis. Son jeu sur la glace parle de lui-même, mais c’est tout ce qu’il fait à l’extérieur qui est difficile à mesurer. Tu peux mesurer ce qu’il fait sur la glace: il calme le groupe, il bloque des tirs et il est bon pour relancer le jeu. On parle de trucs mesurables. Mais il y a un paquet de choses qu’il fait hors glace qu’on ne peut mesurer. »
 
S’il ne s’attendait pas à vivre une période de reconstruction quand il a paraphé son contrat de quatre ans avec le CH au mois de juillet 2021, Savard se dit toujours aussi heureux avec l’équipe de son enfance trois ans plus tard. Et il prend plaisir à guider des jeunes comme Kaiden Guhle, Arber Xhekaj, Jayden Struble et Jordan Harris.
 
« Oui, j’aime ce rôle, a-t-il répliqué. Il y a des gars qui m’ont aidé beaucoup au début de ma carrière. C’est maintenant à mon tour de redonner. Je veux leur transmettre le plus de connaissances. J’ai aussi fait des erreurs à mes premières saisons. J’ai une bonne relation avec les jeunes de l’équipe. Il y a une bonne ambiance. Je sais que nous nous dirigeons dans le bon chemin et je veux en faire partie. »
 
« À mes débuts dans la LNH à Columbus, je passais beaucoup de temps avec Fedor Tyutin. J’ai aussi profité des conseils d’Antoine Vermette et de Derick Brassard. Nick Foligno était aussi très gentil et généreux avec les jeunes même s’il était un jeune vétéran. »
 
Un mentor
 
Xhekaj et Harris détachaient leurs patins tout près de Savard pendant que ce dernier répondait à des questions sur son futur. Les deux défenseurs ont tour à tour décrit l’impact du numéro 58 sur leur propre cheminement.
 
« Savy (Savard) est un bon meneur et un modèle pour les jeunes défenseurs de l’équipe, a souligné Xhekaj. Il joue dans la LNH depuis longtemps, il a de l’expérience et il a déjà gagné. Tu veux t’entourer de gars comme lui, il est aimé de tout le monde. »
 
« Il est génial, a renchéri Harris. Il a le respect de ses coéquipiers et il est aimé de tout le monde. Il retire une grande fierté de son jeu et de son travail, mais il sait aussi le faire en s’amusant. Il sort souvent de bonnes blagues, même avec les entraîneurs. Il détend l’atmosphère. Je n’ai que de bons mots pour lui. C’est facile de parler avec David. »
 
Mike Matheson, l’autre vétéran à la ligne bleue avec Savard, a aussi parlé des intangibles que son coéquipier apporte à l’équipe.
 
« David est tellement important pour notre équipe. Sur la glace, il a une grande constance, mais il donne beaucoup plus que ça. C’est difficile de le reconnaître quand tu n’es pas dans ce vestiaire. Il est un des plus importants leaders au sein de notre équipe. »
 
En 13 saisons dans la LNH, Savard a vécu une seule transaction. C’était le 10 avril 2021 quand les Blue Jackets l’ont échangé au Lightning de Tampa Bay. Julien BriseBois avait sacrifié un choix de premier tour pour obtenir ses services dans un pacte qui impliquait également les Red Wings de Detroit, qui retenaient 50% de son salaire. 
 
« J’étais à la dernière année de mon contrat quand je me suis fait échanger avec les Blue Jackets, a rappelé le numéro 58. Ils avaient choisi de faire des changements. Je m’y attendais. Je savais que c’était pas mal la fin et qu’ils voulaient m’échanger. Je n’avais pas joué les deux ou trois derniers matchs avant la transaction. Ce n’était pas une surprise. »
 
À son bref passage à Tampa, Savard a soulevé la Coupe Stanley. Le Lightning avait éliminé le CH en cinq matchs en grande finale. C’était il y a seulement trois ans, même si on dirait que ça fait une éternité.

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