MONTRÉAL – Brendan Gallagher le dit lui-même avec un grand sourire dans le visage. C’était un secret mal gardé qu’il désirait poursuivre sa route avec les Canucks de Vancouver.
Kent Hughes et Jeff Gorton ont exaucé son souhait lundi en l’échangeant aux Canucks contre des considérations futures. Pour que ce pacte voie le jour, les Canadiens ont accepté de retenir 50 % de la dernière année de son contrat qui a une empreinte de 6,5 M$ sur le plafond salarial.
En visioconférence de chez lui à Montréal quelques heures après l’annonce officielle de son départ du CH, Gallagher a tenu à remercier ses anciens patrons.
« Je dirai la même chose que j’ai mentionnée à Kent (Hughes) au téléphone. Je suis très reconnaissant. Je trouve que Kent et Jeff (Gorton) ont géré ce dossier avec tellement de respect et de classe. Ils m’ont demandé ce qu’il y avait de mieux pour moi. Ils ont cherché des solutions pour m’aider. Nous étions deux clans qui travaillaient avec le même objectif. Je remercie Kent, Jeff et Geoff Molson. Ils savaient que je voulais jouer pour les Canucks. Je n’ai rien de mal à dire au sujet des Canadiens. J’ai passé 14 incroyables saisons à Montréal. Mais je suis maintenant heureux d’ouvrir un nouveau chapitre. »
Dans un monde parfait, un monde qui n’existe pas, Gallagher aurait terminé sa carrière à Montréal. Le petit numéro 11 a toutefois compris lors des dernières semaines de la saison et surtout en séries qu’il n’y avait plus trop de place pour lui dans l’échiquier du Tricolore.
Peu de temps après l’élimination en cinq matchs contre les Hurricanes de la Caroline, Gallagher a exprimé avec beaucoup d’émotion son désir de partir de Montréal. Il ne voulait tout simplement pas de contenter d’un rôle de spectateur au sein d’une équipe qui aspire maintenant à de grandes choses.
En uniforme pour seulement trois des 19 rencontres de l’équipe en séries, Gallagher savait qu’il vivait sur du temps emprunté à Montréal.
« Je l’ai dit déjà souvent, a mentionné le modeste choix de 5e tour du Tricolore en 2010. Montréal restera toujours ma maison. J’avais 17 ans quand les Canadiens m’ont repêché. J’ai maintenant 34 ans. J’ai passé tellement de temps dans cette ville. J’ai toujours aimé mes interactions avec les partisans. J’ai bâti de grandes amitiés et elles ne partiront jamais. Ma femme vient de Montréal. Ma fille est née ici (le deuxième enfant naîtra cet été). Nous retournerons à Montréal à un certain moment quand j’arrêterai de jouer au hockey. Ce n’est toutefois pas pour demain. »
Dans cette conférence d’une vingtaine de minutes avec les journalistes de Vancouver et de Montréal, Gallagher a interrompu brièvement une de ses réponses pour regarder son cellulaire qui vibrait. C’était Geoff Molson qui lui téléphonait.
Cette coïncidence illustrait parfaitement le respect toujours présent entre Gallagher et l’organisation des Canadiens.
Une autre reconstruction
À Vancouver, Gallagher retrouvera un rôle plus important au sein d’une jeune équipe. Il aura aussi l’impression de faire un petit retour dans le temps puisqu’il jouera à nouveau pour une équipe au cœur d’une reconstruction avec les Canucks.
« C’est la première fois que je me fais échanger. Même dans la WHL je n’avais jamais changé d’équipe, a rappelé Gallagher. J’arrive à Vancouver avec comme attentes d’accomplir mon boulot, de rencontrer mes coéquipiers et d’aider l’équipe à certains égards. Je veux encore jouer. C’est une occasion pour moi. »
Après un peu plus de 900 matchs (911) dans la LNH, l’ailier droit n’a pas le sentiment d’être au bout du rouleau.
« J’ai encore bien de l’essence dans mon réservoir, a-t-il promis. À Montréal, mon expérience arrivait à la fin. Ici, je retrouve une opportunité. Je veux connaître une bonne saison. Je m’y préparerai avec un bon été d’entraînement. »
Gallagher connaît déjà bien le nouvel entraîneur en chef avec les Canucks, Manny Malhotra, puisqu’il a joué avec lui une saison à Montréal (2014-2015).
« Manny était un coéquipier génial. Il voulait partager ses connaissances, que ce soit pour les mises en jeu ou d’autres aspects. Sur la route, il parlait souvent avec un gars qui traversait une période creuse. Il lui remontait le moral. C’était un plaisir de jouer avec lui. Je voudrai partir à la guerre pour lui. »
Gallagher passera l’été à Montréal dans l’attente de la naissance de son deuxième enfant. En ce lundi matin ensoleillé du mois de juin, il a patiné avec Jake Evans et Lane Hutson à Brossard.


















