Ça n’a pas été un match parfait, mais les Canadiens de Montréal ont trouvé le moyen de mettre un terme à une vilaine séquence de six revers grâce à un gain de 7-5 contre les Sabres de Buffalo lundi.
Juraj Slafkovsky et Nick Suzuki ont disputé à mes yeux un fort match, et ils ont eu un gros mot à dire dans cette victoire. Mais quand il se marque 12 buts sur 41 tirs dans une partie, on sait que les principes de base en défensive n’ont pas été appliqués au pied de la lettre.
Mon expérience d’entraîneur m’a appris que les joueurs sont plus réceptifs à la suite d’une victoire, alors le moment pourrait être bien choisi pour Martin St-Louis et ses adjoints de ramener ces principes de base dans leur discours.
Un de mes anciens entraîneurs avait une formule hautement poétique pour décrire la manière dont il voulait voir ses défenseurs jouer : « Keep it simple, stupid! »
Ce qu’il voulait dire par-là, c’était de ne pas déroger des principes de base. Utilise la glace devant toi. Utilise la rampe pour dégager la rondelle en cas de besoin. Ne commets pas de revirement aux deux lignes bleues. Ne « pinch » pas en territoire offensif sur le côté fort. Il doit toujours y avoir un défenseur devant le filet en zone défensive.
Au-delà des concepts et du système de jeu en territoire défensif, il serait important pour les joueurs du CH de revenir à ces principes de base, car plusieurs d’entre eux sont négligés récemment.
Dès les premières minutes de la rencontre, Lane Hutson s’est retrouvé à surveiller un défenseur adverse à la ligne bleue dans son territoire pendant de très longues secondes. Le Tricolore n’a pas encaissé de but sur la séquence, mais ce n’est pas quelque chose qui devrait se produire. Je ne suis pas un grand partisan de confier à des attaquants des responsabilités qui reviennent depuis toujours à des défenseurs.
Certains attaquants ne peuvent pas jouer au centre, parce qu’ils ne sont pas suffisamment efficaces quand le jeu s’installe dans le fond de leur zone défensive… alors pourquoi leur confierait-on la tâche de faire le ménage devant le filet? C’est un art de tasser un joueur adverse de devant son gardien. David Savard le fait depuis des années, et il excelle aujourd'hui dans cet élément du jeu. Les attaquants n’ont pas tous appris à le faire, et ça ne s'apprend pas en criant ciseau!
Il ne faut pas oublier que les Canadiens misent sur beaucoup de jeunes joueurs en attaque, on leur en demande donc beaucoup quand on leur demande d’occuper la chaise d’un défenseur.
On en a d’ailleurs eu un bon exemple sur le premier but des Sabres, quand Cole Caufield a été contraint de se défendre contre Tage Thompson, le meilleur et plus imposant attaquant de Buffalo. Le résultat de ce duel ne faisait pas vraiment de doute.
D’ailleurs, il y a plusieurs choses que je n’ai pas aimées sur cette séquence. Tout d’abord, quand ton équipe vient de marquer un but, ton objectif ne devrait pas être d’en marquer un autre immédiatement, mais bien de ne pas permettre à ton adversaire de reprendre le momentum dont tu viens de t’emparer.
Alors, quand Kaiden Guhle s’avance profondément en territoire adverse alors qu’il se trouve du côté fort quelques secondes à peine après le premier but du match marqué par Josh Anderson, et que ça donne la chance à Thompson de s’amener contre Caufield, ça me dérange un peu.
Même chose quand on voit un gros problème de communication entre Guhle et Mike Matheson sur le cinquième but des Sabres, celui de J.J. Peterka. Ce sont toutefois deux gauchers qui jouent ensemble, et ils ont changé de côté avant le match contre Buffalo. C’est évident que dans un monde idéal, toutes les paires de défenseurs seraient composées d’un gaucher et d’un droitier.
Quand les choses ne vont pas bien défensivement, comme c’est le cas pour le CH en ce moment, puisqu’il a donné deux fois plus de buts que certaines équipes dans la LNH depuis le début de la saison, il peut être bon de simplifier les choses au maximum.
Attention, je ne dis pas qu’il faut empêcher les défenseurs de soutenir l’attaque, loin de là. Il faut simplement qu’ils le fassent au moment opportun, et qu’ils reprennent leur place le plus rapidement possible après s’être aventurés profondément en zone adverse.