Dans ce contexte, l'équilibre de l'ensemble est, au mieux, précaire. Le problème de base est qu'on ne semble toujours pas capable de construire un alignement fonctionnel tout en respectant le budget interne de l'équipe.
En effet, encore cette saison, le club aura dépensé environ 64 millions $ en salaires. Sachant que le plancher salarial est de 53 millions $ par équipe et que le plafond est à un peu plus de 71 millions $, c'est dans les faits près de 40 pour cent de la marge de manœuvre autorisée qu'on renonce à utiliser. C'est énorme.
Plus préoccupant encore, on a laissé partir ces dernières saisons deux joueurs de grande qualité, Paul Stastny (sur le marché des joueurs autonomes) et, surtout Ryan O'Reilly, tout en consentant des contrats fort généreux à des joueurs plus âgés comme Carl Soderberg (4,75 millions $ par saison), Jarome Iginla (5,3 millions $), et Francois Beauchemin (4,5 millions $). Ces vétérans ne sont pas mauvais, tant s'en faut, mais aucun ne peut prétendre avoir l'impact combiné de Stastny et O'Reilly.
Concrètement, la chose se mesure par la pression désormais concentrée sur les épaules des trois meilleurs attaquants du club. Matt Duchene, Gabriel Landeskog et Nathan MacKinnon sont ceux par qui tout passe et l'absence de personnel réellement efficace derrière eux rend pour ainsi dire impossible d'afficher un jeu de possession relativement productif.
Sachant que Roy aime faire jouer Tyson Barrie avec Nick Holden et Beauchemin avec Erik Johnson, on constate dans les graphiques suivants qu'aucun de ces deux duos de défenseurs ne réussit à pousser par lui même le jeu au-delà de la barre des 50 pour cent de tirs obtenus. Le tandem Holden/Barrie est un peu plus efficace, mais ce n'est qu'en présence de deux ou trois des vedettes du club que les choses passent du bon côté de la ligne.