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Bouchard : La finale des mal-aimés

Notre chroniqueur analyse les forces en présence en vue de la Finale de la Coupe Stanley

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

Personne ne les y voyait. Les Golden Knights de Vegas n'avaient pas d'affaire là parce que cette équipe d'expansion, en début de saison, manquait manifestement de talents de pointe. On aura négligé l'impact d'un gardien au sommet de son art et, surtout, bien reposé, ainsi que l'importance d'avoir un alignement qui, s'il est dépourvu de grandes vedettes, était aussi peuplé de bas en haut de joueurs ayant mérité partout ailleurs des postes dans la LNH. À défaut d'un plafond bien relevé, la maison des Golden Knights n'a pas de trous dans ses planchers.

On peut dire la même chose des Capitals de Washington. Ici, c'est l'histoire de ce noyau de joueurs menés depuis toujours par le meilleur buteur de son époque qui, encore et encore, s'est effondré en séries. Depuis la saison 2007-08, Washington a manqué le tournoi printanier une seule fois, mais a été éliminé trois fois par les Penguins de Pittsburgh, et trois autres fois contre les Rangers de New York. Henrik Lundqvist n'a pas réussi à traîner les Rangers en séries (l'organisation a jeté la serviette et annoncé une reconstruction à la mi-saison), les Penguins, amochés, n'ont pu résister à la bande à Ovi qui, après cette victoire à l'arraché contre le Lightning de Tampa Bay, s'amène enfin en Finale de la Coupe Stanley.

Avantage 15-19 pour Vegas

15 contre 19, c'est le premier avantage qu'ont les Golden Knights sur les Capitals. Il s'agit du nombre de parties disputées jusqu'ici en séries. Vegas s'est rapidement débarrassé des Kings de Los Angeles en quatre parties, des Jets de Winnipeg en cinq et, au passage, ont joué pas mal plus souvent en défendant une avance, ce qui évite de surtaxer ses meilleurs éléments.

Les Capitals, eux, ont pour ainsi dire toujours joué sur le fil du rasoir, ferraillant avec un score serré ou tentant de rattraper un retard de plus de deux buts, ou encore tentant d'aller chercher un but égalisateur en troisième période.

Washington a du ressort, forcément, mais à ce stade ultime de la saison, chaque détail compte et sur cet angle précis, on doit donner l'avantage aux Golden Knights.

Duo défensif de choc à Washington

Ce tournoi éliminatoire consacre hors de tout doute les talents défensifs de Dmitry Orlov. Accompagné de l'excellent Matt Niskanen, c'est lui qu'on a envoyé dans les pattes des meilleurs éléments adverses lors de chaque ronde et, encore et toujours, ces deux joueurs ont aidé leur club à prendre l'avantage du jeu.

Même s'ils ont disputé 39 mises en jeu en zone défensive de plus qu'en zone offensive, Orlov et Niskanen ont largement dominé aux tirs, appuyés il faut le dire par un Lars Eller en grande forme. Ça passe plus juste dans le cas de John Carlson et Michal Kempny, il faut le dire, mais on a ici le luxe, grâce au travail du premier duo, de leur éviter des tâches défensives trop lourdes. Christian Djoos et Brooks Orpik apparaissent ici comme le point faible de cette défensive, ces deux défenseurs ayant eu bien des difficultés contre les troisième et quatrième trios du Lightning lors de la finale d'association.

Les Golden Knights n'ont pas vraiment d'équivalent au duo de choc Niskanen-Orlov. Brayden McNabb et Nate Schmidt débordent de talent, mais, sur le strict plan des tâches à accomplir, sont surtout sacrifiés contre les meilleurs éléments adverses pour permettre aux deux autres duos de laisser parler leur talent offensif. On a par ailleurs décidé, en troisième ronde, de ramener Luca Sbisa dans la rotation défensive, un geste qui n'a pas nécessairement donné de très bons résultats sur le strict plan offensif. Jon Merrill n'est pas un « nom », mais il représente précisément ce genre de joueur anonyme, mais efficace qui peuple l'alignement des Golden Knights. Sbisa, malgré les blessures, a eu la confiance de son entraîneur depuis le début de la saison et Gallant ne semble pas vouloir marcher sur la peinture. Je ne crains pas pour Shea Theodore, mais je pense que l'insistance à donner à Sbisa des minutes qu'il ne peut vraiment encaisser va coûter cher en finale. Les adversaires de Sbisa et Colin Miller ont cadré 46 tirs à forces égales en leur présence, tous arrêtés par Marc-André Fleury. À l'autre bout, les gardiens adverses ont cédé cinq fois sur 40 tirs cadrés. Cet avantage, fondé sur l'excellence de Fleury, ne peut durer éternellement.

Vegas n'a pas besoin d'une éternité, remarquez bien, juste de quatre autres matchs…

L'ultime défi de Wild Bill et ses sbires

Personne n'a, jusqu'ici en séries, pu arrêter William « Wild Bill » Karlsson, Jonathan Marchessault et Reilly Smith. Anze Kopitar et Drew Doughty, Logan Couture et Marc-Édouard Vlasic, Mark Scheifele et Jacob Trouba se sont tour à tour cassé les dents contre le formidable premier trio des Golden Knights.

Orlov et Niskanen, je l'ai signalé plus haut, sont plus que qualifiés pour relever le défi. Mais encore faut-il qu'ils soient appuyés. Jusqu'ici, Eller les a bien soutenus dans leurs missions, mais cet échange de bons procédés a été facilité par le fait qu'au cours des trois premières rondes, les adversaires des Capitals ne tentaient pas de couvrir Evgeny Kuznetsov, Alex Ovechkin et Tom Wilson avec leur meilleur trio offensif.

Cette fois-ci, c'est différent. Gerard Gallant va tenter par tous les moyens d'envoyer Karlsson dans les pattes de Kuznetsov. Est-ce que Barry Trotz va accepter le défi et se contenter d'envoyer son meilleur duo défensif soutenir le numéro 92?

Ça pourrait être la clé pour Washington, qui dispose de bien des atouts offensifs, mais, aussi, entre Orpik et les joueurs de soutien à l'attaque, d'un bas d'alignement franchement plus vulnérable que celui des Golden Knights.

J'ai l'impression que les Capitals vont aller chercher l'avantage en opposant Nicklas Backstrom, depuis peu réuni à Jakub Vrana et T.J. Oshie, à Sbisa et Miller. Il n'est pas dit que cette confrontation va être possible; Gallant peut, comme il l'a fait lors des premières rondes, décider de sacrifier McNabb et Schmidt contre Backstrom, ce qui laisserait alors au trio d'Eller la charge de faire la différence sur le plan offensif.

J'ai quand même l'impression que, en insistant sur la présence de Sbisa, Gallant va « manquer de mains » pour contenir efficacement les trois premiers trios de Washington.

Un miracle de plus ou de moins, rendu là…

L'ennui, pour Washington, c'est que malgré tous ces petits avantages grappillés aux confrontations, malgré le fait qu'ils peuvent miser sur un Braden Holtby en grande forme, ils ont encore à traverser Marc-André Fleury. Flower, j'en parle souvent depuis quelques semaines, est tout simplement, scandaleusement bon depuis le début des séries.

Qu'importe la situation et particulièrement lorsque le score était serré, Fleury a excellé et jusqu'ici affiché de meilleures statistiques que son vis-à-vis.

Tout ça peut, 15 matchs plus tard, prendre fin ou à tout le moins diminuer en intensité, juste un peu, juste assez pour faire trébucher les Golden Knights. J'ai pour ma part l'impression que Fleury va répéter le douloureux exploit de Ron Hextall en 1987 : joueur par excellence des séries, mais ultimement vaincu par une équipe plus forte en Finale de la Coupe Stanley.

Washington en 6

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