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Bouchard : D'ouest en est, de fameux duels

Notre chroniqueur décortique le début des séries Vegas-San Jose et Boston-Tampa Bay

par Olivier Bouchard @oli_bou / Chroniqueur LNH.com

J'avoue ne pas comprendre. Certains observateurs regrettent ces jours-ci que d'excellents duels aient lieu dès la deuxième ronde. Si j'ai bien compris, les affrontements entre les Jets de Winnipeg et les Predators de Nashville auraient dû survenir en finale d'association, l'idée étant que les meilleurs se rendent nécessairement jusqu'au bout, ou quelque chose du genre.

Je ne suis pas d'accord. On ignore ainsi commodément le fait que, des huit équipes qui s'affrontent ces jours-ci, seuls les Sharks de San Jose et les Penguins de Pittsburgh n'ont pas terminé à la suite des autres en tête du classement.

Je ne sais pas qui peut, sérieusement, prétendre que les Penguins (on reviendra plus en détail sur leur cas jeudi prochain) n'ont pas d'affaire là. Je suppose que les Sharks, eux, sont plus ou moins sous-estimés. Ils ont connu un lent début de saison et n'ont trouvé, Martin Jones le premier, leur rythme de croisière qu'au mois de février. N'empêche, ils n'ont pas l'air intéressés outre mesure à laisser les Golden Knights de Vegas passer sans anicroche.

Ceux-ci ont certainement lancé un message clair lors du premier match de la série, et je ne parle pas simplement du score. En deuxième période, lors du match de jeudi dernier, ils ont déclassé les Sharks 21-4 aux tirs tentés à forces égales alors qu'ils avaient déjà une avance de quatre buts. L'art de lancer un message clair : on ne vous laissera pas revenir dans un match si vous nous donnez la chance d'en prendre le contrôle.

Face à ce pas de quartiers, les Sharks ont bien sûr dû s'ajuster. Ces séries sont un peu celles de « l'arrivée » de Timo Meier, qui, après avoir joué avec un peu tout le monde au fil de la saison, se trouve maintenant bien installé aux côtés de Joe Pavelski. On semble encore incertain quant à l'identité de l'autre membre de ce trio, Mikkel Boedker ayant, au cours du deuxième match, pris la place de Joonas Donskoi. Le geste n'est pas anodin. Si Meier a quand même fréquenté Pavelski à la suite de la perte de Joe Thornton, Boedker avait jusqu'ici été relégué au deuxième, voire au troisième trio. Samedi soir, il a joué les quatre dernières périodes avec le numéro 8.

Boedker a été remplacé sur le trio de Couture non pas par Donskoi, mais plutôt par Kevin Labanc, ce qui me suggère que le droitier est encore plus amoché qu'on ne pourrait le croire (il avait reçu des traitements le jour précédent). S'il n'est pas le plus productif lorsqu'on fait les grands bilans, Donskoi n'est pas pour autant un joueur secondaire dans cette attaque. Seulement, on tend à le sous-estimer parce qu'il ne produit guère en avantage numérique. Mais à forces égales, il obtient 1,6 point primaire par heure jouée, ce qui le situe au niveau d'un troisième attaquant à l'échelle de la ligue. S'il est blessé au point de ne plus pouvoir tenir le coup aux côtés de Pavelski, c'est une bien mauvaise nouvelle pour les Sharks.

Du côté des Golden Knights, un détail a retenu mon attention : l'utilisation de leur troisième duo défensif. Colin Miller et Jon Merrill ont joué près de 15 minutes à 5-contre-5, deux de plus que Brayden McNabb et Nate Schmidt (le premier duo de l'équipe) et cinq de plus que Deryk Engelland et Shea Theodore.

On semblait fermement déterminés, à Vegas, à garder Schmidt dans les patins de Pavelski et Theodore dans ceux de Couture. Sans l'avantage de la glace, je me demande ce qu'on va décider de faire. Merrill et Miller ont bien fait (+16 / -11 aux tirs tentés), mais si on ne contrôle pas leurs adversaires? Le fait est que le trio de William Karlsson a solidement dominé Marc-Edouard Vlasic lorsqu'il l'affrontait samedi soir, alors il n'est pas clair qu'on va chercher à éviter cette confrontation du côté de Vegas.

Du côté de la série opposant les Bruins de Boston au Lightning de Tampa Bay, on a un peu moins de matériel à se mettre sous la dent. Mais quand même, quelques éléments ressortent déjà.

Tout d'abord, la défensive de Tampa Bay m'inquiétait face aux Bruins, et trois des quatre buts à forces égales des Bostonniens ont été obtenus contre Anton Stralman et Ryan McDonagh. C'est une bien mauvaise nouvelle pour Tampa, qui n'a pas vraiment le choix des armes et doit opposer ces deux-là au trio de Patrice Bergeron.

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Je note quand même que Victor Hedman et Dan Girardi, même s'ils ont eux aussi accordé un but, ont franchement poussé les Bruins dans les câbles, notamment David Krejci, Rick Nash et Jake Debrusk, obtenant un avantage de 13-4 aux tirs tentés contre ceux-ci. On a séparé Hedman et Girardi en troisième et je pense que ce fut, au bout du compte, une erreur, parce qu'on a ainsi surexposé Mikhail Sergachev. On fonde beaucoup d'espoirs dans le jeune russe, mais on lui en met aussi beaucoup sur les épaules.

Si Jon Cooper s'en tient à ses combinaisons du début de match samedi, je me demande si les choses vont ainsi imploser une deuxième fois de suite. Les Bruins sont bons, mais le Lightning n'a pas été aussi mauvais qu'on pourrait le croire.

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