MANTHA BADGE MARCIL 6

Pour comprendre les succès d’Anthony Mantha avec les Penguins de Pittsburgh en ce début de saison, il faut remonter à il y a près d’un an.

L’attaquant québécois venait de connaître un début de saison 2024-25 prometteur avec les Flames de Calgary, mais comme trop souvent durant sa carrière, une blessure est venue lui mettre des bâtons dans les roues.

Le 11 novembre 2024, les Flames ont annoncé que Mantha allait rater le reste de la saison en raison d’une opération visant à soigner une blessure au ligament croisé antérieur d’un genou. Mais plutôt que de s’apitoyer sur son sort, Mantha a choisi de faire contre mauvaise fortune bon cœur.

« Je me suis dit que cette fois, c’était une opportunité de retrouver la meilleure condition physique possible », a raconté Mantha dans une entrevue téléphonique avec LNH.com.

« Je voulais aussi profiter de l’occasion pour apprendre quelque chose de nouveau, une langue, les rouages du marché boursier, peu importe. J’ai finalement décidé de m’impliquer dans une jeune entreprise du domaine médical dans laquelle j’avais investi il y a quelques années. […] Je suis resté actif mentalement d’une autre façon et du mieux que je pouvais. »

Si Mantha a choisi d’adopter une telle approche dans sa réadaptation l’an dernier, c’est parce qu’il avait tiré des leçons d’une autre longue convalescence il y a quatre ans, lors de sa première saison complète avec les Capitals de Washington, quand il s’est absenté de novembre 2021 à mars 2022 en raison d’une opération à une épaule.

« Je me suis dit que je n’allais pas tomber dans le même cercle vicieux que durant ma précédente réadaptation (avec Washington), a poursuivi Mantha. Je me couchais à 3 h du matin, je jouais à des jeux vidéo. Je me levais, je travaillais sur ma réadaptation, je faisais une sieste et je rejouais à des jeux vidéo. »

Mantha a réalisé qu’il devait faire les choses différemment. D’abord pour lui-même, mais aussi parce qu’il est aujourd’hui père de deux jeunes filles, Naomie et Vivianne, avec une troisième petite fille attendue dans les prochains mois.

Presque un an plus tard, Mantha récolte les fruits de sa prise de conscience et de ses efforts. Alors que les Penguins s’apprêtent à recevoir la visite des Blues de St. Louis lundi (19 h HE; NHLN, FDSNMW, SN-PIT), l’ailier de puissance est quatrième à Pittsburgh avec huit points (quatre buts, quatre passes) en neuf matchs.

« Je viens d’avoir 31 ans et j’ai encore un contrat d’un an en poche, a dit Mantha. Je ne dis pas que je suis dans une situation où ça passe ou ça casse, car ça se peut que je me trouve une autre entente après, mais je me suis dit que c’était vraiment la saison pour rebondir afin d’aller chercher deux ou trois autres années de contrat par la suite. »

Mantha est en bonne position pour y arriver. Le joueur de 6 pi 5 po et 240 lb complète un trio de mastodontes avec Justin Brazeau (6-6, 232) et Evgeni Malkin (6-5, 213).

Les trois forment actuellement l’une des unités les plus efficaces de la LNH avec un total combiné de 23 points à forces égales. Ils utilisent leur imposant gabarit pour compliquer la tâche des défensives adverses.

PIT@SJS: Mantha trouve la lucarne et fait 2-0

« Aussitôt que nous avons la rondelle, on dirait que nous sommes capables de créer quelque chose, a expliqué Mantha. Que ce soit en zone neutre, en transition, en zone offensive ou en récupération de rondelle.

« Quand tu joues avec Malkin, tu es porté à lui remettre la rondelle, mais tu sais qu’elle va revenir. Pour Brazeau et moi, l’important est vraiment de nous libérer. Nous avons toujours une présence au filet avec Brazeau. Il s’empare de retours et il garde toujours le jeu en vie en zone offensive. »

Une source de motivation

Les Penguins (6-2-1) sont l’une des surprises dans la LNH après bientôt un mois d’activités. Ils occupent le deuxième rang de la section Métropolitaine et ils viennent de récolter au moins un point de classement dans cinq matchs consécutifs (4-0-1).

Tout ça alors que plusieurs observateurs leur prédisaient une saison difficile en raison du noyau vieillissant de l’équipe. Mantha ne le cache pas : les Penguins ont amorcé la saison avec la ferme intention de faire mentir leurs détracteurs.

« C’était le message dans le vestiaire », a confirmé le natif de Longueuil. « J’ai toujours dit que si les quatre gros canons à Pittsburgh (Sidney Crosby, Malkin, Kris Letang et Erik Karlsson) décident de jouer, ils vont gagner des matchs à eux seuls. C’était la réalité quand je jouais contre eux et c’est la même chose depuis que je suis ici.

« Nous avons tous les outils pour gagner des matchs et nous trouvons des façons d’obtenir des victoires. C’est ce dont tu as besoin dans cette ligue. »

Mantha ne cache pas non plus qu’il considère Pittsburgh comme un endroit où il pourrait s’enraciner, lui qui en est à une quatrième organisation en trois saisons après des passages avec les Capitals, les Golden Knights de Vegas et les Flames.

« Si les Penguins m’offrent une prolongation de contrat, c’est sûr que je vais accepter, a-t-il lancé. Je veux de la stabilité pour ma famille. Je suis un peu rendu là. Mais en ce moment, je me concentre sur moi-même et mon début de saison. La famille va bien, nous sommes bien installés. En ce moment, je concentre toutes mes énergies sur la saison, et advienne que pourra. »

Un an après sa blessure, Mantha est pleinement rétabli, mais il est aussi différent. Et visiblement prêt à convaincre les Penguins.