MONTRÉAL – Samuel Montembeault avait déjà rangé son masque, ses jambières et le reste de son équipement et il attendait à son casier pendant que Nick Suzuki se retrouvait encerclé par une meute de journalistes. Montembeault n’avait aucun sourire dans son visage après ce revers de 4-3 contre les Rangers de New York, samedi, au Centre Bell.
« C’est un match frustrant, nous avions connu un bon départ avec deux buts rapides, mais c’est dommage, a-t-il murmuré. Je vais prendre le gros du blâme. Il faut que je sois meilleur. Ça fait deux matchs d’affilée où je joue deux bonnes périodes et je faiblis en troisième période. Mes coéquipiers travaillent fort et ils jouent bien des deux côtés de la rondelle. C’est à moi de l’autre côté de réaliser les arrêts. »
Après 40 minutes, les Canadiens menaient 2-1 face aux Rangers. Mais les visiteurs ont changé le vent de bord, au grand bonheur des nombreux partisans des « Blue Shirts » installés dans la section 404, en marquant trois buts en 5:17 au début de la troisième période.
J.T. Miller, Matthew Robertson et Artemi Panarin ont tour à tour déjoué Montembeault. Des trois buts, celui de Robertson était celui qui a soulevé l’ire du numéro 35.
« Je n’ai jamais vu un tir qui fait une curve (courbe) de même, a-t-il répliqué. La rondelle est partie dans une direction et elle a changé de bord. Malgré cela, je devais bloquer ce tir. Il s’agit d’un arrêt que je dois réaliser. »
« Quand tu reçois un tir sur réception de loin, tu dois sortir l’arrêt, a-t-il poursuivi quelques secondes plus tard. Surtout quand l’autre équipe venait de créer l’égalité 2-2. »
Robertson, un défenseur de 24 ans, a décoché une frappe de la ligne bleue en saisissant un court relais d’Artemi Panarin. À son quatrième match cette saison et à son sixième match en carrière avec les Rangers, il a célébré son premier but dans la LNH.
S’il n’oubliera jamais ce tir avec une drôle de trajectoire, Montembeault cherchera à le ranger dans sa boîte des mauvais souvenirs le plus rapidement possible.
« Les joueurs sont compétitifs et c’est une position qui ne pardonne pas », a affirmé Martin St-Louis lorsque questionné au sujet de Montembeault qui a pris le blâme pour cette défaite. « Mais ça ne revient pas tout sur Monty. Nous aurions pu réussir de meilleurs jeux devant lui. Nous regarderons ça pour nous améliorer. »
En bon capitaine, Suzuki a regardé ailleurs qu’en direction de son gardien pour expliquer ce résultat contre les Rangers.
« Je ne crois pas qu’il doive être trop dur envers lui-même », a expliqué l’Ontarien qui a marqué son premier but de la saison dans ce match. « Nous avons commis bien des erreurs devant lui. Il a réussi de bons arrêts. Nous avons toute la confiance du monde en Monty. »
Montembeault, qui reste parmi les prétendants pour l’un des trois postes au sein de l’équipe olympique canadienne, ne connaît pas un grand début de saison. Après quatre matchs, le Québécois a un dossier de 2-2-0 avec une moyenne de 3,26 et un taux d’efficacité de ,857.
Une mauvaise deuxième période
Les Rangers, qui débarquaient à Montréal avec une attaque en panne, ont contrôlé le match après un faux départ d’un peu moins de quatre minutes en première période où ils ont donné deux buts (Juraj Slafkovsky et Suzuki).
Selon les statistiques avancées, ils ont profité à cinq contre cinq de dix chances de marquer de grande qualité contre seulement quatre pour le CH.
Aux yeux de St-Louis, mais aussi de Suzuki et de Michael Matheson, les « Blue Shirts » ont commencé à imposer leur tempo en deuxième période.
« Nous n’avons pas bien géré la rondelle en deuxième période, nous avions de la misère contre leur échec avant, a souligné Suzuki. Nous restions chanceux de mener 2-1 après 40 minutes. La deuxième période n’était pas bonne pour nous. »
Une domination du trio de Zibanejad
À la ligne bleue, le CH a joué un premier match sans Kaiden Guhle, blessé de quatre à six semaines pour un malaise au bas du corps. En l’absence de son partenaire habituel, Lane Hutson n’avait pas le même aplomb dans son propre territoire.
S’il y a eu une jonglerie avec les paires de défenseurs, surtout en fin de rencontre, le Tricolore a également connu un rare match où son premier trio n’a pas envahi le territoire adverse.
Slafkovsky a ouvert le pointage à 1:33 en première période en sortant un bon tir après une passe précise de Cole Caufield sur une descente à deux contre un. Mais après ce jeu, les membres du premier trio ont passé trop de temps loin du filet de Quick.
Ils ont eu de la difficulté à contenir l’unité de Mika Zibanejad (un but, un passe), Panarin (un but, trois passes) et Will Cuylle.
Les chiffres illustrent bien la soirée pénible du gros trio. Suzuki (27,8 %), Slafkovsky (27,3 %) et Caufield (21,7 %) ont fini le match avec un pourcentage de tentatives de tirs à cinq contre cinq des plus négatifs.


















