MONTRÉAL – Lane Hutson a murmuré une statistique pour offrir une description parfaite de cette défaite de 3-2 des Canadiens de Montréal contre les Bruins de Boston, samedi, au Centre Bell.
« C’est un problème quand notre désavantage numérique marque plus de buts que notre avantage numérique », a-t-il lancé avec le visage d’un jeune homme fâché.
Jake Evans a déjoué Jeremy Swayman sur une descente à 2-contre-1 en infériorité numérique à mi-chemin en première période, mais le CH n’a pas trouvé une façon de battre le gardien originaire de l’Alaska lors de ses sept tentatives en supériorité numérique.
Et il y a plus que les sept occasions. Le Tricolore a joué deux fois à 5-contre-3 : une première fois pour 1 min 28 s en première période et une deuxième fois pour 1 min 50 s en deuxième période. Même s’il s’agissait de deux chances en or, les locaux n’ont pas marqué et ils n’ont décoché que deux petits tirs en direction de Swayman.
Hutson a placé une partie du blâme sur ses épaules.
« Je dois faire un meilleur boulot pour mes coéquipiers, je dois y aller de passes plus rapides pour les placer dans de bonnes positions, a-t-il expliqué. Il s’agirait déjà d’un bon départ si je pouvais faire ça. Je dois être meilleur. Nous devons être meilleurs. »
Plus calme que son jeune défenseur après ce revers, Martin St-Louis ne partageait pas sa vision.
« Non, ça ne part pas de lui. Un avantage numérique, ce sont cinq joueurs, pas un seul joueur, a répliqué l’entraîneur-chef. Je trouve que nous serrons notre bâton et nos lectures manquent de clarté. Quand tu veux tellement que ça débloque, tu presses trop les jeux et tu n’es pas assez calme. Nous regarderons ça.
« Le match s’est joué en avantage numérique, a-t-il poursuivi. Je n’ai pas vraiment aimé notre première période. Nous avons donné de grosses chances rapidement aux Bruins. Si tu enlèves les avantages numériques, nous avons bien joué lors des deux dernières périodes. Mais l’avantage numérique est l’histoire de ce match. »
Nick Suzuki, un autre moteur offensif du jeu en supériorité numérique, n’a pas cherché pendant des heures pour expliquer le résultat final.
« Nous n’avons pas profité de nos chances en supériorité numérique. Les unités spéciales ont coûté le match ce soir, a-t-il affirmé. Nous devrons nous améliorer. »
Le capitaine a aussi parlé d’une confiance fragilisée après trois revers d’affilée.
« Je dirais que la confiance est basse pour l’ensemble de notre jeu, a souligné l’Ontarien. Quand tu perds en confiance, ton jeu en souffre à 5-contre-5 et en supériorité numérique. Tu n’as pas d’aussi bonnes touches avec la rondelle. Nous avons du talent, nous devrons trouver des solutions. »
À ses cinq derniers matchs, le Tricolore a perdu sa potion magique en avantage numérique (0 en 17). Il n’y a pas si longtemps, on louangeait pourtant le brio de cette même unité. Avant cette chute, le CH avait tonné avec 7 buts en 12 occasions (58,3 %) lors d’une série de quatre rencontres (Canucks, Kraken, Sénateurs et Flyers).
Avec Suzuki, Cole Caufield, Ivan Demidov, Hutson et Juraj Slafkovsky, la première vague ne manque certainement pas de talent. Mais elle aura besoin de retourner au tableau à dessins. Et St-Louis utilisera sa télévision (élément central d’une séance de vidéos) pour trouver des solutions.
Pastrnak sort un vieil adage
Dans le camp des Bruins, c’était un discours complètement différent.
« Il y a un vieil adage au hockey voulant que si tu ne marques pas à 5-contre-3, tu ne mérites pas de gagner », a affirmé l’ailier David Pastrnak, qui a mené les siens avec deux passes. « Nos joueurs ont réalisé tout un boulot pour tuer les punitions. Nous ajoutons deux gros points, mais beaucoup de crédit revient à nos joueurs du désavantage numérique et à Sway (Swayman). »
« Notre jeu en désavantage numérique était tout simplement génial, a renchéri le défenseur Nikita Zadorov. C’est grâce à ça que nous avons gagné. Les gars plongeaient sur la glace pour bloquer des tirs, ils se plaçaient même le visage dans les lignes de tir (Charlie McAvoy). Nous retirons une fierté de notre jeu défensif. »
À l’inverse du CH, les Bruins ont marqué en avantage numérique (1 en 5). Viktor Arvidsson a inscrit le troisième but des siens en décochant un tir dans le haut du filet de l’enclave après une belle passe du revers de Pavel Zacha. C’était le troisième but des visiteurs et, finalement, le but décisif.
Samuel Montembeault a connu un autre départ en montagnes russes en bloquant 19 des 22 tirs des Bruins. S’il a réalisé de gros arrêts, il s’est aussi sorti de l’action avec des déplacements trop agressifs (notamment sur le premier but de Marat Khusnutdinov) et il couvrait mal ses angles sur la frappe de Mason Lohrei.


















