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DENVER -Lorsque le Kraken de Seattle a surpris l'Avalanche du Colorado en première ronde de l'Association de l'Ouest, alors qu'il a vaincu les champions en titre de la Coupe Stanley Cup 2-1 dans le match no 7 au Ball Arena dimanche, ils ont prouvé quelque chose à tous ceux qui doutaient d'eux.

« Incroyable », a lancé le gardien Philipp Grubauer après avoir réalisé 33 arrêts. « Ça veut dire beaucoup pour cette organisation et cette équipe. Et évidemment, à tous ceux qui n'ont pas cru en nous depuis le début de la saison, ou même depuis le tout début, et bien nous voilà! »

Les voilà en effet au deuxième tour, où ils vont croiser le fer avec les Stars de Dallas dans le match no 1 au American Airlines Center de Dallas mardi (21h30 HE; ESPN, CBC, SN, TVAS).

En surface, cette victoire est étonnante.

Après avoir terminé au 30e rang du classement de la LNH à sa saison inaugurale, le Kraken a participé aux séries éliminatoires pour la première fois de son histoire, en décrochant la première place de quatrième as dans l'Ouest. Aucune équipe n'avait remporté la première série de son histoire contre les champions en titre. Seattle a donc réalisé une première.

Le Kraken a ouvert la marque dans chacune des sept parties, a remporté trois des quatre duels à Denver et n'a jamais paniqué dans une série qui a eu des allures de montagnes russes. Seattle a pris les devants 1-0 avant de tirer de l'arrière 2-1, de reprendre les devants 3-2, puis de surmonter un revers de 4-1 dans le match no 6 pour s'imposer dans le match no 7.

Pas moins de 15 joueurs du Kraken ont touché la cible, et ce nombre n'inclut pas l'attaquant Jared McCann, qui a mené l'équipe avec 40 buts en saison régulière, et l'attaquant Andre Burakovsky, qui en a inscrit 13 en saison régulière. McCann (haut du corps) n'a pas rejoué après le match no 4. Burakovsky (bas du corps) n'a pas joué depuis le 7février.

« Je crois que ça dit tout ce qu'il y a à savoir sur notre équipe », a avancé l'attaquant Oliver Bjorkstrand après avoir réussi un doublé dans le match ultime. « C'est notre profondeur. Chaque trio peut marquer chaque soir, qu'il s'agisse de nos défenseurs, de nos attaquants, peu importe. C'est ainsi que notre équipe connaît du succès. C'est quelque chose que nous devons continuer de rechercher. »

SEA@COL, #7: Bjorkstrand frappe encore en 2e période

En effet. Si on regarde sous la surface, ce n'était peut-être pas une si grande surprise.

Peu importe ce qui s'est passé la saison dernière, Seattle a récolté 100 points cette saison. Le Kraken avait conservé un dossier de 2-0-1 contre l'Avalanche en saison régulière, et de 2-0-0 à Denver. Les joueurs dans la formation possédaient beaucoup d'expérience en séries, ainsi que dans les matchs ultimes.

Le Kraken a vu 13 de ses joueurs marquer 13 buts ou plus et a inscrit en moyenne 3,52 buts par match, ce qui a placé l'équipe à égalité avec les Devils du New Jersey au quatrième rang de la LNH.

« C'est fantastique, mais nous avons montré pendant toute l'année que nous pouvons jouer avec les meilleurs, et battre les meilleurs, a souligné Grubauer. Si vous regardez notre fiche contre l'Avalanche en saison régulière, il s'agissait de duels très serrés, et personne de notre côté ne pensait qu'ils allaient nous balayer en quatre matchs. »

Le Kraken a tout simplement été la meilleure équipe pendant de longues périodes dans cette série, imposant son jeu à Avalanche. Il a été agressif en échec avant et a empêché le Colorado de s'approprier le centre de la glace dans sa zone.

« Je trouve qu'ils sont très compétitifs, aussi compétitifs que n'importe quelle équipe que nous avons affrontée, a noté l'entraîneur de l'Avalanche Jared Bednar. Tout le monde a parlé de leur profondeur cette année, et je suis bien d'accord. Leur profondeur est remarquable.

« Chaque trio joue de la même manière, et est très structuré. [L'entraîneur Dave Hakstol] est parvenu à les faire jouer de la manière dont il faut jouer pour connaître du succès. J'ai trouvé Grubauer phénoménal tout au long de la série. Ils ont pu compter sur un bon gardien, ainsi que sur des défenseurs forts et robustes qui font en sorte qu'il est difficile de créer des chances de marquer. »

Il faut reconnaître que l'Avalanche n'était pas la même équipe que la saison dernière, en raison de départs, de blessures et d'absences.

Il faut aussi reconnaître que la parité est plus grande que jamais dans la ligue. Le Kraken a surpris l'Avalanche le même soir où les Panthers de la Floride ont surpris les Bruins de Boston, qui venaient d'établir des records de la LNH pour les victoires (65) et les points (135). Les Panthers n'étaient pas nécessairement aussi négligés qu'ils pouvaient sembler l'être. La saison dernière, c'est eux qui ont remporté le trophée des Présidents à titre de meilleure équipe de la LNH en saison régulière.

Bednar assure qu'il n'aurait pas été surpris si n'importe laquelle des huit séries avaient connu un dénouement différent.

« Il faut jouer son meilleur hockey pour gagner une série, a philosophé Bednar. Nous avons joué avec intensité. Nous n'avons toutefois pas joué notre meilleur hockey pendant sept matchs. »

Mais surtout, il faut reconnaître le mérite qui revient au Kraken.

« C'est fantastique, a déclaré l'attaquant Yanni Gourde. C'est une sensation incroyable. Je suis tellement fier de ce groupe. Nous nous sommes battus avec tellement d'acharnement, surtout qu'il ne s'agissait que de notre deuxième saison dans la ligue.

« Se qualifier pour les séries représentait déjà un exploit. Nous avons travaillé si fort pendant toute la saison. Mais signer la victoire ici dans un match no 7 démontre à quel point cette équipe possède du caractère, à quel point les joueurs de soucient les uns des autres, et à quel point nous croyons en nous, en ce groupe, dans ce vestiaire. »

Le Kraken a vécu plusieurs premières au cours des deux dernières semaines, dont sa première victoire dans un match no 7. Il va maintenant participer à la deuxième ronde pour la première fois.

Qui sait ce qui les attend par la suite?

« Je veux que nos gars profitent de cette victoire, et ils le méritent, a dit Hakstol. Nous savons que nous n'aurons pas beaucoup de temps avant de reprendre le collier, mais nous y songerons demain. Aujourd'hui, ils peuvent célébrer le travail qu'ils ont investi. Savourer leur succès. Nous allons nous regrouper par la suite et remettre la pédale au plancher. »