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Aucune patinoire n'est trop éloignée pour Jérôme Veysset, qui combine son métier de pilote pour Air France avec sa passion pour le hockey, alors qu'il voyage fréquemment pour prendre part à des matchs et des tournois de hockey LGBTQ+.

« J'ai participé à tellement de tournois LGBT en Amérique du Nord - à Toronto, Boston, Montréal, Los Angeles, Las Vegas », a indiqué Veysset, un gardien de 41 ans qui pilote des Boeing 777 pour la compagnie aérienne. « Je me souviens que, il y a cinq ou six ans, des amis à moi, qui évoluaient pour les Earthquakes, une équipe LGBT basée à San Francisco, m'ont dit : "OK, Jérôme, nous allons au tournoi de Boston et notre gardien ne peut y aller, ce serait possible pour toi d'être notre gardien?" Je l'ai fait. »
La Journée de la Fierté sera célébrée vendredi, et la Ligue la souligne à l'aide de publications sur ses plateformes de médias sociaux de joueurs et d'ambassadeurs de la campagne « Le Hockey est pour tout le monde » qui portent, tiennent ou utilisent les couleurs de la Fierté et de la LNH, et elle encourage les membres de la communauté LGBTQ+ à ajouter le mot-clic #LeHockeyEstPourToutLeMonde à leurs publications. La LNH va colliger et mettre en valeur ces publications à l'aide de collages afin de représenter la taille de cette communauté et l'étendue de sa fierté.
Le monde du hockey LGBTQ+ s'est ouvert à Veysset en 2006, peu après ses débuts dans ce sport. Il a toujours rêvé de jouer au hockey - en partie en raison de l'ancien attaquant des Canadiens de Montréal Bob Gainey, un membre du Temple de la renommée du hockey qui a disputé sa dernière saison en carrière dans sa ville d'Épinal, en France, en 1989-90 - mais le manque d'accès à ce sport dans la majeure partie du pays a rendu sa tâche difficile.

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De plus, il y avait très peu de joueurs ouvertement LGBTQ+ au pays. Veysset a entendu parler de l'Association gaie de hockey de la ville de New York en 2006 et a communiqué avec Jeff Kagan, le cofondateur de l'association, pour discuter de hockey.
« Quelques mois après avoir commencé (à jouer au hockey), j'ai commencé ma carrière de pilote à Paris et un de mes premiers vols de vacances était en direction de New York, a raconté Veysset. Bien entendu, j'ai envoyé un message à Jeff pour lui dire que je serais à New York pour le prochain mois et que j'aimerais vraiment le rencontrer pour voir ce qu'il fait avec son équipe et avec sa ligue. »
Le passage de Veysset coïncidait avec le tournoi international du NYCGHA Chelsea Challenge. Kagan a dit à Veysset d'apporter son équipement de gardien de l'autre côté de l'Atlantique.
« Jérôme a été notre premier joueur 'international', a dit Kagan. Techniquement, nous avions plusieurs équipes de Toronto, Montréal et Ottawa, mais nous ne les considérions pas comme 'internationales'. Jérôme venait d'Europe; ça, c'est international. Nous étions tellement excités qu'il puisse prendre part au tournoi. Nous lui avions promis que si son équipe se rendait en finale, nous ne ferions pas seulement jouer l'hymne national américain et canadien (la tradition), mais l'hymne national français également. Je ne me souviens pas si son équipe a réussi la première année, mais lorsqu'elle l'a fait, nous avons fait jouer l'hymne national français et il affichait le plus large sourire que je n'ai jamais vu. »

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Veysset est depuis un habitué du Chelsea Challenge, qui a été annulé cette année en raison de la pandémie du coronavirus.
Il travaille également à faire rayonner le hockey dans la communauté LGBTQ+ en France et un peu partout en Europe. Il a participé à l'organisation du tournoi de hockey des Jeux mondiaux de la diversité (Gay Games) 2018 à Paris.
« Environ 98 pour cent des joueurs étaient hétérosexuels, mais ils étaient vraiment contents de participer au tournoi et de faire partie de l'équipe française, a-t-il dit. Nous avions deux joueurs gais du sud et de l'est de la France, et aussi un joueur transgenre, qui était gardien. Ce fut une façon pour moi de connaître d'autres joueurs gais en France. »

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Veysset a dit qu'il aimerait voir une ligue de hockey LGBTQ+ en France, similaire à celles que l'on peut trouver à New York, à Montréal ou à Toronto, mais il a l'impression que ça prendra plusieurs années avant que cela devienne réalité.
« C'est encore difficile de s'afficher publiquement dans les sports majeurs, même en France, a-t-il spécifié. Nous avons besoin de voir plus de joueurs professionnels s'afficher ouvertement dans les sports majeurs aux (États-Unis), pas seulement des joueurs de hockey, mais des joueurs de soccer parce que c'est énorme ici. Nous avons besoin de temps. Ça pourrait arriver un jour. J'aimerais dire que ça va arriver un jour. Avoir une équipe française LGBT serait fantastique, mais je crois que c'est encore trop tôt. »