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ARLINGTON, Virg. – Aucun joueur n’a marqué plus de buts que les 305 d’Auston Matthews depuis que le joueur de centre des Maple Leafs de Toronto a amorcé sa carrière dans la LNH, en 2016-17.

Mais ça ne veut pas dire que Matthews réfléchit à ce qu’il devra faire pour un jour rattraper l’attaquant des Capitals de Washington Alex Ovechkin, qui est deuxième dans l’histoire de la LNH avec 822 buts, à 72 du record de tous les temps de 894 de Wayne Gretzky. Il pourra tout de même prendre des notes mardi, lorsque les deux croiseront le fer au Capitals One Arena (18 h HE; ESPN, ESPN+, TSN4).

« Ce n’est pas quelque chose à quoi je pense, a dit Matthews lundi. C’est important de reconnaître ce qu’il a été en mesure de faire alors qu’il s’approche de ce record. C’est fou de voir à quel point il est constant année après année. Je n’ai que de bons mots à dire. C’est un joueur incroyable et un de mes préférés à regarder depuis qu’il est dans la Ligue.

« Mais en ce moment, nous ne pensons pas à ça. »

Bien qu’Ovechkin est toujours à la recherche d’un premier but après quatre matchs cette année, ce qui égale sa plus longue léthargie pour commencer une saison en carrière, l’attaquant de 38 ans a habituellement fait preuve d’une constance incroyable lors de ses 19 saisons dans la LNH. Il a inscrit au moins 30 buts lors de 17 de ses 18 premières années dans la LNH, dont une campagne de 42 filets l’an passé – deux de plus que Matthews – pour s’emparer seul du record de 13 saisons avec au moins 40 buts qu’il partageait avec Gretzky.

Ovechkin détient aussi le record du plus de saisons de 50 buts en compagnie de Gretzky et Mike Bossy.

« C’est vraiment impressionnant de voir à quel point il a été constant et qu’il ait pu demeurer en santé », a souligné Matthews.

Ovechkin retourne le compliment à Matthews, puisqu’il croit que l’attaquant de 26 ans possède les habiletés nécessaires pour terminer sa carrière parmi l’élite des marqueurs de la LNH, et potentiellement le dépasser.

« C’est certain », a dit Ovechkin, dont les 297 buts depuis la saison 2016-17 le placent deuxième dans le circuit derrière Matthews. « C’est un des meilleurs tireurs d’élite en ce moment. Il crée des chances et il a un incroyable lancer. »

Mais Matthews ne se dit pas à la chasse d’Ovechkin. Il n’en est qu’à sa huitième saison dans la LNH et il accuse un retard de 517 buts par rapport au capitaine des Capitals. Mais lorsqu’on analyse leur production après leurs sept premières campagnes dans la LNH, on constate qu’elle est comparable. 

Ovechkin a trouvé le fond du filet 339 fois lors de ses 553 premiers matchs, une moyenne de 0,61 but par rencontre. Matthews en a inscrit 299 en 481 parties, bon pour une moyenne de 0,62.

Bien qu’Ovechkin ait compté 40 buts de plus que Matthews durant ces sept saisons, l’attaquant des Maple Leafs pourrait gagner du terrain cette année. En 2012-13, la saison avait été écourtée à 48 parties en raison d’un conflit de travail, et Ovechkin, qui jouait sa huitième campagne, avait été limité à 32 buts, ce qui lui donnait le premier rang dans la LNH. 

Matthews n’a jamais inscrit moins de 34 buts en une saison, et il a une moyenne de 47 filets lors de ses quatre dernières. S’il garde ce rythme, il ne sera plus qu’à 25 buts des 371 d’Ovechkin.

Matthews a commencé la saison en force en réussissant deux tours du chapeau dès ses deux premières parties, un exploit qui n’avait pas été réussi depuis qu’Ovechkin l’avait fait en 2017-18. Mais depuis, il n’a pas fait scintiller la lumière rouge en trois parties.

« Le plus beau compliment que je puisse lui faire, c’est qu’il sait marquer de toutes les façons », a indiqué l’entraîneur-chef des Capitals Spencer Carbery, qui a été adjoint à Toronto lors des deux dernières saisons. « Quand on veut préparer les joueurs avant les matchs, on ne peut pas leur dire : ‘’voici 20 façons différentes pour Auston de marquer, et vous devez être prêts pour chacune’’. C’est ça le défi! »

Quant à Matthews, son défi sera d’être aussi productif que l’a été Ovechkin lorsqu’il sera rendu dans la deuxième moitié de sa carrière. Après la saison écourtée de 2012-13, l’attaquant russe a réalisé trois saisons consécutives de plus de 50 buts, et il a atteint ce chiffre cinq fois lors des 10 dernières années.

« Ce qui est le plus difficile, c’est probablement quand tu dépasses les 33 ans. Es-tu capable d’être aussi productif que tu l’étais avant? En plus, personne ne sait à quoi ressemblera le hockey dans 10 ans », a souligné l’attaquant des Capitals Evgeny Kuznetsov. 

Chaque année, la question revient : est-ce qu’Ovechkin sera finalement rattrapé par le poids des années? Ils sont plusieurs à se la poser cette année en raison de son lent départ.

Ovechkin n’a pas obtenu de tir lors de ses deux premières parties de la saison, mais il en a décoché cinq dans la défaite de 3-2 en prolongation contre les Canadiens de Montréal, samedi. La léthargie tire peut-être à sa fin.

« Il a obtenu une tonne de chances, et il se retrouve dans des zones où on le voit habituellement, a souligné Carbery. Bon, elles ne sont pas rentrées, mais ce n’est qu’une question de temps. »

Ovechkin a une certaine touche magique contre Toronto, lui qui a inscrit 41 buts en 56 matchs contre les Maple Leafs. Mais ce qu’il désire avant tout, c’est de permettre aux Capitals d’améliorer leur fiche actuelle, qui est de 1-2-1. Marquer des buts fait partie de la solution.

Les Capitals n’ont inscrit que cinq filets cette année, leur plus faible récolte lors de leurs quatre premiers matchs d’une saison dans leur histoire. »

« Je dois faire mon travail », a lancé ‘Ovi’. « Je dois faire ce que je fais le mieux. »

Matthews est conscient que bien peu de joueurs ont excellé dans les dernières années comme Ovechkin l’a fait, et il a hâte de l’affronter à nouveau, mardi.

« Sid (Crosby) et lui sont les deux visages de la Ligue depuis tellement longtemps, a mentionné Matthews. Ils ont été d’excellents ambassadeurs, ils ont donné l’exemple et ils nous ont ouvert la voie. Ils continuent de jouer à un très haut niveau malgré leur âge et leur nombre d’années d’ancienneté.

« C’est génial de voir à quel point ils sont constants. Des matchs comme ceux-là, tu te réveilles le matin et tu as déjà hâte de les jouer. »