C'est malheureux pour Jarry. Depuis quelques années, il semble être sur la touche plus souvent qu'à son tour. Sans comparer le talent des deux gardiens, ça me fait un peu penser à Frederik Andersen des Hurricanes de la Caroline. Ce dernier était souvent sur le carreau lorsqu'il portait les couleurs des Maple Leafs de Toronto et il a encore été contraint à l'inactivité pendant une longue période cette saison.
C'est tellement difficile pour un gardien de garder le rythme quand tu ne vois pas d'action sur une base régulière. La présente situation pourrait jouer en défaveur de Jarry, et des Penguins par la bande, car un gardien doit pouvoir entrer en séries en étant sur une certaine erre d'aller. À moins qu'il soit capable d'offrir quelques bonnes performances dans les matchs restants d'ici la mi-avril, Jarry pourrait agir à titre d'auxiliaire lors du premier match des séries - si séries il y a, bien évidemment.
Un sentiment de déjà-vu
Les Penguins doivent néanmoins espérer que la blessure à Jarry ne soit pas trop sérieuse. À l'aube du tournoi éliminatoire, les dirigeants, les entraîneurs et les joueurs voient certainement quelques mauvais souvenirs refaire surface.
Souvenez-vous, l'an dernier, les Penguins étaient privés de Jarry pour le début de la série de première ronde face aux Rangers de New York et DeSmith avait subi une blessure pendant la prolongation du match no 1. Louis Domingue était arrivé à la rescousse et avait fait de l'excellent travail en signant les trois victoires des Penguins dans cette série, mais Pittsburgh avait fini par baisser pavillon en sept rencontres, alors que Jarry avait effectué un retour au jeu inespéré pour le match ultime.
Je parlais de rythme précédemment… Nul besoin de vous dire à quel point c'est difficile pour un gardien d'être envoyé dans la mêlée pour un match no 7, quand l'intensité est à son comble, après une absence de quelques semaines.
C'est tellement frustrant pour un dirigeant et pour un entraîneur de ne pas pouvoir compter sur ton gardien no 1 à des moments clés de l'année, surtout pour une organisation qui est dans un cycle où la victoire prime sur tout le reste. Personne n'est à blâmer, mais ça fait deux ans de suite chez les Penguins qu'on vit de l'incertitude devant le filet à l'aube des séries. C'est vraiment dommage.
D'un point de vue collectif, la situation est pour le moins inquiétante. Reste à voir si un des gardiens sera en mesure de se lever au moment où l'équipe se bat pour sa survie. Une équipe ne peut tout simplement pas participer aux séries sans que ses gardiens performent à un haut niveau.
\Propos recueillis par Philippe Landry, pupitreur LNH.com*