Bruce Boudreau 1.23

Les textes de la série « Tête-à-tête avec… » sont publiés le dimanche sur LNH.com. Nous nous entretenons avec des acteurs du monde du hockey afin d'en apprendre plus sur leur vie sur la glace et à l'extérieur.
L'édition de cette semaine met en vedette l'entraîneur des Canucks de Vancouver Bruce Boudreau.

Bruce Boudreau a dirigé son 1000e match dans la LNH lorsque les Canucks de Vancouver ont reçu la visite des Blues de St. Louis au Rogers Arena, dimanche. L'homme de 67 ans est devenu le 29e entraîneur de l'histoire à atteindre ce plateau et il a réfléchi à la signification que cet exploit a pour lui.
« Je pense que ça reflète l'acceptation d'être un entraîneur de la LNH, a dit Boudreau. Je ne sais pas si les gens vont comprendre, mais j'ai passé 33 ans dans les mineures (en tant que joueur et entraîneur). Donc, diriger ce 1000e match après avoir atteint la LNH à l'âge de 53 ans me donne l'impression d'être finalement accepté et reconnu comme un gars qui fait partie de la LNH depuis un bon moment. »
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Boudreau montre une fiche de 577-305-117 en 14 saisons avec les Capitals de Washington (2007 à 2011), les Ducks d'Anaheim (2011 à 2016), le Wild du Minnesota (2016 à 2020) et les Canucks, qui l'ont engagé le 5 décembre pour remplacer Travis Green. Vancouver (18-18-4) affiche un dossier de 10-3-2 depuis que Boudreau dirige la barque, incluant sept victoires consécutives après son arrivée.
Boudreau tente d'imiter ce qu'il a fait à son premier poste dans la LNH avec les Capitals. Washington avait une fiche de 6-14-1 lorsqu'il a été promu de la Ligue américaine pour prendre la place de Glen Hanlon en tant que pilote le 22 novembre 2007. Les Capitals ont conservé un dossier de 37-17-7 par la suite pour terminer au premier rang de la section Sud-Est et se qualifier pour les séries éliminatoires.
Ce tour de force lui a valu le trophée Jack-Adams, remis annuellement au meilleur entraîneur de la LNH, cette saison-là.
LNH.com s'est entretenu avec Boudreau pour parler des souvenirs de ses 999 premiers matchs comme entraîneur dans la LNH, de ses objectifs avec les Canucks et d'Alex Ovechkin.
Quels sont vos plus beaux souvenirs comme entraîneur dans la LNH?
« Quand nous avons gagné la dernière partie à ma première année (avec Washington) pour finalement participer aux séries éliminatoires. Nous devions gagner 12 des 13 derniers matchs et nous devions gagner les sept derniers matchs. […] C'était un des plus beaux sentiments que j'ai eus. Évidemment, il y a aussi lorsque (les Ducks) ont battu Calgary pour atteindre la finale d'association contre Chicago (en 2015). C'était la première fois que j'atteignais la troisième ronde, c'était vraiment excitant. J'ai été chanceux de faire partie d'équipes qui ont connu de belles séquences victorieuses. C'est toujours excitant de connaître une séquence de 10 victoires consécutives ou plus et j'ai eu la chance de vivre ça avec les trois équipes précédentes.
« Tout ce qui me manque, c'est une Coupe Stanley. Je ne peux m'imaginer le ressentiment, j'en rêve chaque jour. »
Quels sont les défis reliés au fait d'arriver en relève en plein cœur de la saison avec Vancouver?
« Ce n'était pas évident, car je ne connaissais pas beaucoup les joueurs. Il n'y avait qu'un joueur que j'avais dirigé auparavant (le défenseur Brad Hunt du Wild), alors je n'avais pas le pouls de la situation. Je n'avais jamais travaillé avec les [adjoints], alors je devais en apprendre sur leurs façons de faire. Ce que j'avais fait avec mes anciennes équipes, c'était de me demander ce que je devais faire. Alors je me suis dit que je devais être moi-même et adopter la même approche qu'auparavant sans quoi je ne serais pas moi-même. J'ai apporté plusieurs changements afin de faire les choses plus à ma manière. Voir ensuite les gars travailler fort devant toi, c'est vraiment encourageant. »
Certains joueurs comme Elias Pettersson et Brock Boeser ont commencé à mieux jouer et à produire davantage. À quel point les as-tu aidés à retrouver leur confiance?
« N'importe quel entraîneur ferait tout pour tenter d'aider ses joueurs à retrouver la confiance. C'est une de tes tâches quand tu es embauché et que certains des bons joueurs ne jouent pas à la hauteur des attentes. Ton travail, si tu veux gagner, est de faire en sorte que ces joueurs performent au maximum de leurs capacités. Tu essaies différentes choses. Si ça ne fonctionne pas, tu essaies autre chose jusqu'à ce que tu trouves la solution. Pettersson joue très bien présentement. Il joue 20 minutes par match et je pense qu'il aime ça. Il aime qu'on se fie à lui, ce qui est important. C'est la même chose pour Brock. Thatcher Demko est un des meilleurs gardiens de la planète présentement. Quand ton gardien fait le travail, ça fait bien paraître les entraîneurs. »
Est-ce qu'une participation aux séries fait partie des objectifs ou vous préférez vous concentrer sur des objectifs à plus court terme?
« Je pense qu'ils savent que c'est l'objectif et que nous y croyons, mais je n'en parle pas. Nous parlons de gagner la semaine à venir. Si nous pouvons faire ça, nous nous mettrons dans une bonne position. Si nous continuons à connaître de bonnes semaines, nous allons continuer d'avancer. […] Les objectifs à court terme sont bien plus faciles que les objectifs à long terme. Si je disais à l'équipe que, sur les 42 matchs qui restent à jouer, nous devons en gagner 31, ça paraît comme une très lourde tâche. »
Tu n'as pas été sans emploi bien longtemps entre ton poste à Washington et celui à Anaheim. Qu'as-tu appris à propos de toi-même entre le moment où tu as été congédié au Minnesota (14 février 2020) et le moment de ton embauche à Vancouver?
« Que je suis impatient. Parfois, les choses se passent trop facilement, puis tu les tiens pour acquises. J'ai été embauché en une journée par Anaheim et en une semaine au Minnesota. Cette fois, ç'a pris un an et demi, c'était de loin ma plus longue période sans emploi depuis que j'ai commencé à jouer. Alors c'était très frustrant. Pour être honnête, je ne savais pas si j'allais être en mesure de revenir en raison de mon âge. C'est parfois quelque chose qui joue contre toi. Mais j'ai adoré travailler pour NHL Network. J'ai trouvé que c'était un emploi merveilleux avec des gens merveilleux. Ils savaient tous que je voulais à tout prix revenir derrière un banc. »
Ton fils, Ben, a remporté un championnat comme entraîneur dans l'ECHL avec Fort Wayne la saison dernière. Quel conseil lui as-tu donné quand il s'est lancé dans le coaching?
« Il aime le hockey autant que moi, je lui ai simplement dit : "Sois prêt à déménager." Si tu désires être entraîneur et en faire une carrière, tu ne seras pas en mesure de t'établir et de voir tes enfants grandir dans le même quartier toute ta vie. Tu vas devoir déménager et parfois le moment ne sera pas idéal. Il m'a répondu qu'il n'y voyait pas de problème. Il est au début de la trentaine, mais il a déjà habité sept villes différentes. Il commence à être un habitué des déménagements. »
Quand les Canucks étaient à Washington dimanche dernier, Alex Ovechkin a inscrit son neuvième but et son 18e point en 12 matchs contre toi depuis que tu as été remercié par les Capitals. As-tu une théorie qui expliquerait pourquoi il aime autant produire quand il t'affronte?
« Il m'a regardé (après avoir marqué) et il m'a fait un genre de petit clin d'œil. Je lui ai dit d'arrêter de compter! C'est tellement un bon gars. C'est pour cette raison que je suis convaincu qu'il va battre le record (de 894 buts) de Wayne Gretzky. Il se l'est mis dans la tête et il va le faire. »